Gauguin en Polynésie

Auteures : Emmanuelle Baum9782915398007 et Sarah Vincent

Éditeur : A propos

Date de sortie : septembre 2003

Prix : 12.5 euros

Nombre de pages : 62

Pour commander : http://www.amazon.fr/Gauguin-en-Polyn%C3%A9sie-Emmanuelle-Baum/dp/2915398003

Résumé

Parti porté par un rêve vers la nouvelle Cythère, Gauguin débarque à Tahiti le 9 juin 1891, avec en tête le souvenir des récits lus dans le Journal des Voyages ou dans des ouvrages de propagande destinés aux futurs colons de plus en plus nombreux à être attires par l’île. Avec ses cheveux longs, qui le font surnommer par les Tahitiens Taata Vahine, l’homme-femme, et ses volumineux bagages contenant des rouleaux de toile, une provision de couleur de chez Lefranc et Cie et des outils de sculpteur, il n a pas l’allure d un colon ordinaire.

L’avis d’Elodie

Il y a 15 jours, j’ai eu le plaisir de recevoir dans le cadre de la dernière « Masse Critique » un ouvrage des Éditions A Propos. Un grand merci donc à Babelio et aux éditeurs pour ce joli cadeau 🙂 .

Déballant avec frénésie le livre, je sors de l’enveloppe le livre « Gauguin en Polynésie ».

Pour commencer cette critique, quelques mots d’abord sur l’apparence générale, déjà parce qu’elle influence un possible achat, mais aussi surtout parce qu’étant en faculté d’arts plastiques, je suis forcément sensible à cet aspect des choses. La couverture est un morceau du tableau « Conversation », et cela tombe, c’est un de mes tableaux préférés, injustement méconnu. Un bon point donc. Les couleurs sont chaudes, les informations claires et bien disposées. Le résumé est attrayant, petit extrait de vie de Gauguin plutôt que énumération de dates monotone. Bref, ce livre donne envie.

Seul bémol, j’ai un peu honte de le dire, mais c’est le tarif. En tant qu’étudiante, je fais attention à mes sous, et suis d’autant plus heureuse d’avoir reçu ce livre que j’aurais hésité à dépensé cette somme, prix de 2 livres poches, pour un ouvrage de cette finesse (60 pages). Après il s’agit visiblement d’une petite boîte d’édition, qui n’a vraisemblablement pas les mêmes moyens qu’un Phaidon ou un Larousse. Mais il est vrai que j’avais hâte de voir si le contenu valait son pesant ! Je me suis empressée de le vérifier…

Le sommaire est clairement défini, et les parties me semblent judicieuses. L’ouvrage porte sur Gauguin à Tahiti, comme l’indique son titre limpide, mais l’auteure Emmanuelle Baum a eu l’intelligence d’ajouter des chapitres sur l’avant-tahiti pour introduire son sujet, d’évoquer le séjour de l’artiste aux Marquises, et de créer une partie « approfondissement » sur laquelle je reviendrais plus loin.

En lisant le livre, la présentation m’impressionne à nouveau. Comparable à celle de la couverture, elle est plaisante, ses couleurs attirent l’oeil… Un titre, une introduction en couleur, comme les débuts de paragraphes importants, des illustrations judicieusement placées qui rythment la lecture, des frises chronologiques, des « à propos » intégrés dans les chapitres pour étayer le propos, tout est très bien.

Et le contenu dans tous ça ? Et bien il est parfait, tout simplement. Emmanuelle Baum et Sarah Vincent nous font découvrir Gauguin de façon ludique, nous livrent des anecdotes, nous racontent plus une histoire que l’Histoire,et cela m’a plu. Les tableaux choisis sont innovants, pour une fois que des auteurs ne s’arrêtent pas à « Femmes de Tahiti » et « la Vision du Sermon » ! De plus, j’évoquais avant le fait que les illustrations sont bien placées, et c’est important. Avec ce livre, on n’a pas besoin de sauter 5 pages pour trouver le passage se référant au tableau présenté. La présentation se situe invariablement à côté de l’illustration, et ce petit détail, pour moi essentiel, dénote un soin qui m’a marquée. De plus, les images sont de bonnes qualités, les coloris me semblent exacts, et lorsqu’on parle d’oeuvres d’art, cela n’est pas anodin.

Je tenais à signaler que quand je disais qu’avec cet ouvrage on nous raconte une histoire de façon agréable, cela ne veut pas dire que les analyses ne sont pas pointues, au contraire. J’ai appris énormément de choses grâce à cet ouvrage, qui développe une réflexion des plus précises et intéressantes sur les raisons et la façon de peindre de Gauguin.

En « approfondissement », les auteures nous invite à découvrir les raisons du surnom de « peintre maudit », et évoquent d’autres écrits sur Gauguin en ouverture. Voulant bien faire mon travail de critique, j’ai vérifié les références, qui m’ont paru des plus pertinentes, en particulier la BD de Pratt. Le fait qu’une BD soit évoquée dans un ouvrage sur l’art m’a énormément plu, et me paraît être une ouverture d’esprit des plus plaisantes : combien d’historiens de l’art ont tendance à rejeter la BD au rang d’art pauvre, comme la photo le fut en son temps ?

Le problème du tarif, soulevée préalablement, me paraît infirmé par la qualité de l’ouvrage, qui m’a vraiment beaucoup plu !

J’avais envie de conclure cette critique par une citation de Gauguin lui-même, rapportée dans le livre, qui m’avait beaucoup plu : « Copier la nature, qu’est-ce que cela veut dire ? (…) Suivre les maîtres ! Mais pourquoi donc les suivre ? Ils ne sont des maîtres que par ce qu’ils n’ont suivi personne »

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