A Silent Voice

a-silent-voice-1-ki-oonTitre :  A Silent Voice

Scénario : Oima Yoshitoki

Dessin et couleur : Oima Yoshitoki

Type : Shônen

Éditeur : KI-OON

Pour commander : Ici 😀

Résumé :

Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe.

Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable.

L’avis d’Anaïs

J’ai lu beaucoup de mangas (oui, beaucoup), mais j’ai été surprise de trouver celui-ci sur la table des nouveautés l’an dernier car il semblait se détacher des autres. En lisant le (long!) résumé, la surprise a été redoublée du fait que le manga se soit approprié un thème dur et très mature, n’en ayant jamais lu de tels. La mangaka nous raconte ici l’histoire de Shoko Nishimiya qui est sourde depuis sa naissance et qui peine à comprendre ce qu’il se passe autour d’elle même munie de son appareil auditif. Elle vit seule avec sa mère alors que son père, effrayé par son handicap, est parti de la maison. A cause de brimades, Shoko est transférée dans une nouvelle école, celle de Shoya Ishida, une sorte de leader casse-cou de la classe qui s’amuse à la persécuter avec l’aide de ses camarades. D’abord curieux puis exaspéré, il va consacrer tout son temps à lui rendre la vie impossible et à vraiment lui faire la misère. Jusqu’au jour où la mère de la jeune fille porte plainte au directeur de l’école qui intervient dans la classe. Et là, tout va basculer pour Shoya : il est désigné comme unique responsable des malheurs de Shoko, quand bien même ce n’était pas le cas et va se retrouver harcelé à sa place.

Plus qu’un handicap physique, la mangaka semble pointer les handicaps sociaux qui existent à l’école. Le premier tome présente en effet la surdité de Shoko et les personnages, le contexte, mais il met surtout en avant les problèmes de persécutions et de harcèlement qui existent et pourrissent la vie de certains élèves. C’est d’ailleurs un sujet particulièrement sensible aujourd’hui et le manga trouve sa place alors que 10% des élèves sont concernés en France. Néanmoins le Japon ne possède pas de structures pour aider les victimes, le recours aux travailleurs sociaux et psychologues étant très mal vu dans une culture où il est important de garder la face d’où la dureté du sujet.

Il est difficile de résister à ce titre sensible, dramatique, voire carrément tragique alors que le lecteur ne peut rien faire que s’outrer des comportements retranscrit sous la plume de la mangaka. Cette dernière fait un travail vraiment remarquable pour rendre les personnages attachants, bien que j’ai détesté Shoya un bon moment avant que lui-même ne soit la proie de cet « ijime », terme japonais pour désigner le harcèlement scolaire au Japon. En fait, ce manga est humain, c’est ce qui le différencie des autres titres, d’autant plus que la mangaka a fait des recherches sur le thème et que le titre a notamment été supervisé par la fédération japonaise ses sourds. Il a d’ailleurs connu une publication compliqué malgré un prix Kôdansha remporté en 2009. Le traitement du manga a été jugé comme sensible, ce qui explique pourquoi il a mis autant de temps (6 ans) à être publié. Néanmoins, A silent Voice a remporté des distinctions et un soutien des lecteurs importants qui ont permis de le faire publier.

Au niveau du dessin, ce dernier est plus que correct. L’auteure semble maîtriser proportions et décors bien que le personnage de Shoya, jeune, soit un peu moins bien maîtrisé à mon sens. Du moins, les expressions du visage semblent plus dessinées à la va-vite que celles sur d’autres personnages. Le dessin mélange le shôjo entre les dessins des filles aux grands yeux et le shônen des garçons aux yeux plus « carrés » avec un point comme pupille. En fait, je pense que l’écart de graphisme n’est pas très problématique, il peut néanmoins être dérangeant pour des personnes habituées à lire un seul style de manga.

Pour finir, je dirais que le sujet de l’histoire est intelligent bien que difficile à développer, notamment sur l’intégration d’une handicapée dans un milieu scolaire que l’on qualifierait de « normal » contrairement aux classes spécialisées qui pourraient exister. Ce manga dénonce allégrement la stupidité grégaire qui peut exister dans ce monde et la cruauté de l’enfance afin de se faire une réputation de populaire auprès de ses camarades tout en gardant la meilleure possible auprès des professeurs et directeurs. Toute cette positivité a permis à ce oneshot d’avoir une suite et de constituer le premier volume de sept tomes qui peuvent certainement promettre d’autres découvertes.

Et à ce jour, après avoir lu six tomes sur les sept, je ne peux que vous conseiller de vous ruer dessus tant les cliffhangers à la fin de chaque tome sont puissants d’émotions et retors. Je n’ai qu’une hâte : lire la fin.

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2 réflexions au sujet de « A Silent Voice »

  1. Enfin un manga qui change de ce qu’il y a en ce moment : boobs, loli, scénario sans fond, triangle amoureux avec sa soeur ou encore des harems… L’histoire est vraiment touchante. Shoya et Shoko sont des personnages vraiment attachants (Shoko <3). On ne fait pas le tour de tous les personnages et de leur soucis mais on est concentré sur ceux de Shoko et Shoya. Une bonne chose qui ne va pas ralentir le rythme de l'intrigue. On repense souvent ce que veut dire réellement être ami, est-ce juste avec quelqu'un à qui on parle souvent ou qu'on voit tous les jours comme des collègues ou camarades ? La définition peut être difficile à expliquer mais elle est à la fois très simple. Un ami se gagne parfois facilement et à vie. D'autres plus difficiles à gérer à cause de notre entourage. Dommage que la fin ressemble un peu à d'autres mangas que j'ai déjà lu et qu'il manque quelques détails. Je sais par contre que ce manga sera adapté pour un anime et j'imagine la joie de l'auteur (:

    1. Enfin un manga qui touche un sujet sensible de fond en comble sans le démonter ni sans avoir trop peu de connaissances pour justement l’aborder correctement. Shoko est vraiment adorable et même Shoya qui change au fur et à mesure. Merci de ton commentaire !

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