Il était une Fée

513SN7EA9HL._SX195_Auteur: Anthologie dirigée par Léa SILHOL

Titre: Il était une fée

Editeur: Oxymore

Date de sortie: octobre 2000

Nombre de pages: 280 pages

Pour commander: sur priceminister si vous arrivez à le trouver!

Rappel Challenge Faerie: 2/15 livres en mode Kelpie

Résumé:

Vous avez été bercés de leurs contes et croyez tout connaître d’elles ? Détrompez-vous.
Les fées ne sont pas ce que vous croyez. Entrent pour moitié, dans le délice de leur vision, d’implacables dangers. Leurs cadeaux sont des pièges, et leurs faveurs des prisons. Elles vivent dans un monde entre Ombre et Lumière, qui ne partage ni ne comprend nos valeurs. Pour apercevoir le reflet poignant de cette magie, nous ne pouvons qu’avancer jusqu’à la frontière, cette zone de crépuscule où la rencontre interdite entre nos univers se fait.
Et ramener avec nous la brûlure précieuse d’un rire cruel ou de la douceur d’une main. Ici nous nous tiendrons, l’espace de quelques histoires ; histoires où les tours sont scellées et les nefs stellaires, où des guerres se livrent ou des amours se nouent. Et où les fées dévoilent, derrière le masque de leurs mains, des visages anciens et nouveaux ; des visages du passé ou du présent, beaux et terribles, et que nul mortel amoureux de leur peuple ne pourra oublier.

L’avis d’Elodie:

Difficile de donner un avis généraliste sur un livre aussi dense: Le recueil contient 15 nouvelles, toutes ayant leur style propre, leur univers, leur auteur.  J’ai choisi de porter mon attention sur les 3 premières nouvelles de l’ouvrage, décision difficile, mais nécessaire vu l’ampleur de l’ouvrage.

Mais avant cela, il convient quand même de parler en quelques lignes du livre en lui-même. Il s’agit d’un livre paru aux éditions Oxymore, mes éditeurs fétiches, qui ont hélas du fermer leurs portes en 2006. Comme toujours avec un livre de cet éditeur, l’apparence est soignée. La couverture jaune ocre est illustrée par une oeuvre de Sandrine GESTIN ( voir critique sur La Petite Faiseuse). Les illustrations intérieures sont de Sophie GUILBERT, et elles sont sublimes… Son travail des tons de gris (oui, c’est une professeure d’arts plastiques qui parle) est absolument merveilleux, on est transporté dans un univers onirique des plus délicieux! En voici un petit aperçu:

Bref, comme d’habitude, un soin particulier a été apporté à l’apparence de l’ouvrage, qui se trouve être du coup un  superbe livre-objet, digne de figurer en bonne place dans toutes les bibliothèques!

On débute « Il était une fée » par un avant-propos signé Léa SILHOL, qui s’exprime sur comment elle a choisi les nouvelles sélectionnées, sur les thèmes sous-jacents à la Féerie qui sont abordés dans l’ouvrage, comme la féminité ou l’isolement…

Puis la première nouvelle nous est livrée, après un dessin introductif de GUILBERT (le troisième présenté au dessus, justement) et une biographie de l’auteur, c’est à dire de Storm CONSTANTINE.

1. Comment la Lumière descendit sur la Tour

Cette nouvelle de Storm CONSTANTINE m’a beaucoup plu.

Ce récit raconte l’histoire d’une femme enfermée dans une tour cachée au coeur d’une forêt. Cette fausse Raiponce veut rester dans la tour, rester dans l’ombre, et refuse de vivre dans le monde. Mais pourquoi? Le lecteur l’ignore. Un jour, Saphariel lui rend visite, à elle qui refuse tout contact avec autrui. Et ce dernier veut lui rappeler le monde qu’elle s’efforce d’oublier. Ce conte parle d’attente, de regrets et d’hésitation. CONSTANTINE réussit de manière incomparable à nous parler de lenteur, de temps suspendu… On est emmené avec douceur dans un lieu empli de langueur, immergé dans l’esprit las de cette femme exilée. Le style de l’auteur est subtil, les descriptions imagées. Bref, une nouvelle des plus réussies, et une de mes préférées de cet ouvrage. Quelle belle entrée en matière pour un livre des plus merveilleux!

2. Tu es Pierre…

La nouvelle suivante est signée Eric BOISSEAU, et elle est des plus attendrissantes. Elle se veut en effet être une dédicace à un « Maître Pierre », qui se voit dans ce récit rajeuni de plusieurs années. « Maître Pierre », c’est Pierre DUBOIS, auteur notamment du « Grimoire du Petit Peuple ».

On découvre comment un Pierre de 7 ans se voit offrir pour son anniversaire de venir à la Célébration. Mais qu’est ce dont que la Célébration, me demanderez vous? Il s’agit d’un grand rassemblement de fées, l’occasion d’une incroyable sarabande. Si les fées évitent le contact des hommes, une exception est faite pour notre marmot qui s’était lié d’amitié avec un lutin reconnu. Mais 7 ans, c’est l’âge de raison, le moment où l’on quitte les brumes idylliques et insouciantes de l’enfance pour devenir peu à peu un adulte. Et le petit Pierre, le matin venu, ne rappellera plus des moments enchantés passés en compagnie des fées..

Ce récit tendre et attachant sent bon les madeleines et l’herbe fraîchement coupée. On retombe allègrement dans la magie de l’enfance, en espérant secrètement avoir vécu les mêmes aventures que Pierre, même si on ne s’en souvient plus!

3. Brise d’été

« Brise d’été » est la troisième nouvelle de ce recueil, et est signée Nancy KRESS. J’ai apprécié l’originalité de ses idées, et l’ambiance douce amère qui se dégage de son récit.

L’histoire contée est celle de la Belle au Bois dormant.. ou presque. En effet, dans le château enchanté, tout le monde est endormi, sauf la princesse qui s’est réveillée. Elle passe ses journées à son fuseau, tissant des vêtements pour les servants endormis, les lavant, les dépoussiérant… De temps en temps, un prince vient, et trop bravache pour écouter ses mises en gardes, meurt atrocement, terrassé par la Haie qui en soit est le deuxième personnage de ce récit avec la princesse Eglantine. Les jours deviennent des années, le temps passe péniblement…Les princes qui viennent à présent ne se rendent pas compte qu’ils tentent vainement de libérer une princesse qui est devenue, au vu de son grand âge, plutôt une reine mère… Quelle fin espérer alors?

C’est un conte plein d’ironie qui nous livre KRESS, et j’ai trouvé le déroulement de ce récit très inattendu! En bref, il s’agit d’une belle revisitation du conte qui a bercé notre enfance.

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Pour compléter mon article, je ne peux que vous inciter à faire un tour sur le blog de Psycheinhell, qui a livré un excellent article sur cet ouvrage: Emblémythiques – Il était une fée.

ActuSf s’est également intéressé au sujet, avec un article signé Jérôme Vincent: Il était une fée par ActuSf

Enfin, aujourd’hui (6 mars 2016), Léa SILHOL a publié un article sur facebook évoquant le travail de mise en place d’anthologies: Didacticiels de l’édition

A très vite!

La-Reine-des-F-es-Sandrine-Gestin

GESTIN, La Reine des Fées, illustration de couverture « Il était une fée »

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Une réflexion au sujet de « Il était une Fée »

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