Fées et tendres automates (Jam; Elle; Wolfgang Miyaké)

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Titre : Fées et tendres automates
Auteur : Béatrice TILLIER-TEHY
Éditeur : Vents d’Ouest
Date de sortie : 2007
Prix : 28,50 euros
Nombre de pages : 160 pages

Note (/5 ♥) : ♥♥♥♥♥

Pour commander : Vents d’Ouest

 

 

Résumé: 

L’esprit des fées, jamais, ne les quittera. Deux êtres, purs et fragiles. Des automates à jamais perdus à travers les siècles, deux cœurs aux précieuses orfèvreries, qui battent l’un pour l’autre d’un amour éternel.

L’avis d’Elodie:

Souhaitant trouver des bandes dessinées originales sur le thème de la Faerie pour le challenge du Bazar de la Littérature, je suis allée chez mon libraire habituel (Bidibul à Troyes). Aurélien m’a conseillé un de ses grands coups de coeur, réalisé par l’une de ses auteures fétiches. Me voici donc rentrant chez moi avec le premier tome, intitulé « Jam », entre les mains… Pour mieux revenir le lendemain avec les deux tomes suivants. Vous l’aurez compris, j’ai partagé le coup de coeur d’Aurélien!

L’histoire se déroule dans un futur apocalyptique. Comme dans le mythe de Barrie, les Fées ont cessé de vivre car plus personne ne croit en elles. Plus personne… sauf une, un bricoleur mégalo qui ne cesse de créer des automates tous plus évolués les uns que les autres. Il sait que dans l’un d’entre eux se cache l’Oeil Fée, qui permettra de ramener le monde de la Faerie. Un jour, un de ses automates ratés, Jam, découvre que la perfection avait été crée par l’inventeur, mais que celui-ci ne l’avait pas repérée… Dehors, la colère gronde et leur petit univers va sombrer…

« Fées et tendres automates » est une saga de trois tomes qui parle d’amour impossible, de robots émotifs, de mythes disparus et de soulèvements. La haine et la passion se mêlent inextricablement dans une ambiance anxiogène qui nous fait bien comprendre que l’histoire finira mal.

Nos deux protagonistes, la fée et Jam l’automate, voient leur amour contrarié par leur condition et par l’être humain, qui ne sait plus appréhender la beauté. Ici, ce sont les automates qui nous apprennent à être humains, tant les sentiments évoqués sont purs et puissants. Dans un monde dévasté, l’homme est réduit à sa plus simple expression, ne cherchant qu’à subvenir à ses besoins les plus élémentaires. Les automates, eux, sont intemporels, et sont bien loin de ces considérations basses. Et c’est bien cela qui déclenche la haine des hommes. Dans un univers détruit, comment accepter qu’il puisse encore exister encore une forme de pureté? Et surtout, comment admettre que des choses aussi belles que l’innocence ou l’amour ne puissent à présent provenir que d’automates faits de métal et de boulons? Le simple fait que l’inventeur cherche à faire revivre les Fées grâce à des automates, et non grâce aux humains est significatif. L’espèce humaine a perdu la Foi, et même l’inventeur est aveuglé: il ne voit pas la pureté et la jette dans une vulgaire poubelle alors qu’elle était là, juste sous ses yeux.

C’est donc une morale bien dure que nous livre Béatrice TILLIER-TEHY. La beauté du monde, représentée par les Fées, est faite pour être détruite par l’homme, qui n’en pas digne. Et le summum de la beauté, c’est à dire l’amour, ne peut être admis par l’espèce humaine.

Comme références, on peut songer bien sûr au manga de Shirow MASAMUNE « Ghost in the Shell », où il est difficile de différencier l’homme de la machine. Comme Jam, les cyborgs se posent des questions sur leur propre humanité, et l’histoire se déroule également dans un univers apocalyptique.

On peut également penser au film de SPIELBERG,  » A:I Intelligence Artificielle », qui évoque aussi le sujet de l’innocence chez les robots, avec le personnage de David, un robot qui se montre bien plus humain que l’enfant Martin.

Niveau graphismes, les dessins sont absolument sublimes, et je pèse mes mots. J’ai joint  à cet article quelques pages et images, afin que vous vous fassiez une idée de la grâce et la délicatesse qui se dégage de l’ouvrage de TILLIER-TEHY. Les contrastes sont élevés, les couleurs fortes et porteuses de symboles. Le rouge carmin du sang tranche sur le gris acier des métaux dont sont faits nos Fées des temps modernes. Si les héros représentent tout ce qui est positif, et sont donc des plus lumineux, les hommes et leur monde sont sombres, les couleurs violentes et sèches, et s’opposent ainsi aux automates.

En conclusion, c’est un petit bijou que nous livre Béatrice TILLIER-TEHY, un univers onirique où se croisent diverses références, un monde dévasté qui nous fait réfléchir à ce qui fait de nous des êtres humains. Un grand coup de coeur.

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