Une Nuit d’Eté

51aKRmITPWL._SX210_Titre: Une Nuit d’Eté

Auteur: Chris ADRIAN

Editeur: Albin Michel

Date de sortie: janvier 2016

Prix: 25 euros

Nombre de pages: 464 pages

Pour commanderleslibraires.fr

Note (sur 5 ♥): ♥

Challenge Faerie : 13 / 10-15  chroniques en mode Kelpie

Résumé:

Libre transposition dans le San Francisco d’aujourd’hui du Songe d’une nuit d’été, le roman de Chris Adrian est un livre surprenant, où réalité et féerie se télescopent pour interroger la nature exacte de l’amour.

Henry, Will et Molly ne se connaissent pas mais ils ont quelque chose en commun. Tous trois viennent de perdre un être cher dans la mort ou la rupture. Un soir d’été, tandis qu’ils se rendent à une soirée, ils s’égarent dans Buena Vista Park sans savoir que ce lieu est devenu le refuge secret de Titania et Obéron, les souverains du royaume légendaire immortalisés dans la pièce de Shakespeare, inconsolables depuis la mort de leur fils… Ensemble, ils vont vivre une nuit à nulle autre pareille.

L’avis d’Elodie:

J’ai eu le plaisir de recevoir cet ouvrage de la part des éditions Albin Michel et du site Babelio il y a bientôt un an, et mon premier avis avait été des plus négatifs. Des mois après donc, je me suis lancée dans la relecture de cet ouvrage, parce qu’il correspond parfaitement au challenge Faerie du Bazar de la Littérature… et que je n’avais pas envie de rester sur cette impression négative.

Commençons, déformation professionnelle oblige, par la couverture. Etant professeure d’arts plastiques, je suis d’autant plus sensible à l’aspect extérieur du livre. On ne peut nier que l’image est importante, elle attire ou repousse le futur lecteur. Et dans ce cas précis, c’est la couverture qui m’a motivée en grande partie à cocher ce livre dans la liste des ouvrages proposés lors de cette dernière « Masse Critique » de Babelio. Cette illustration littérale du titre « Nuit d’Eté » est superbe, bravo au concepteur graphique.

Le résumé m’a paru attirant, j’adore Shakespeare, et l’idée d’une réécriture, avec l’action transposée à notre époque, me plaisait beaucoup.

Lorsque j’avais lu l’ouvrage pour la première fois,  je n’avais pas pu résister à faire mon dada: le test de la page 99 (voir l’article sur ce thème en cliquant ici! ). Et voici le résultat. « Will avait perdu une chaussure et ne parvenait pas à savoir s’il s’agissait d’une calamité ou d’un coup de veine déguisé. Il y tenait, à cette chaussure, mais il aurait au moins une anecdote amusante à raconter à la fête, et s’il était blessé ou en donnait l’air, peut-être que Carolina tournerait un instant la tête vers lui, le regarderait marcher en clopinant ou viendrait examiner son pied meurtri , un pied à qui elle parlerait  peut-être, qui sait? »

Autant être honnête, des pages 99 pourries, j’en ai lues, ce n’est pas toujours très représentatif de la qualité du livre, mais là, on atteint un summum quand même! Un type qui perd sa godasse et une fille qui parle à un pied, c’est inquiétant.

Passons à une lecture plus traditionnelle. Lors de ma première lecture, j’avais du m’arrêter à la page 70, moment auquel j’avais décidé d’une pause. Cette fois-ci, ca s’est certes mieux passé, mais force soupirs ont résonné dans la pièce. Les 2 fois, j’ai eu énormément de mal à finir l’ouvrage, moi qui dévore littéralement les livres entamés.

L’univers des fées, raison pour laquelle je relis ce livre, m’a déçue. Il est sinistre et peu novateur. On est loin d’une mélancolie romantique ou d’élans shakespeariens: Titania et Obéron se disputent comme des chiffonniers et la disparition du roi fait écho à une dispute conjugale des plus banales, désolée.

Les personnages modernes sont je trouve peu attachants et leurs histoires redondantes. J’ai peu apprécié le côté cru de certaines anecdotes (j’ai un grand côté prude, je sais).

La structure de l’ouvrage me semble brouillonne, et je n’ai vraiment pas réussi à accrocher à une intrigue qui pourtant suit celle de Shakespeare, je ne peux le nier. Mais là où l’auteur anglais nous emmène dans onirisme maîtrisé, Chris Adrian ne réussit qu’à nous perdre dans des méandres fumeux, où des personnages moyennement aboutis sont confrontés à un monde féerique peu glorieux.

C’est donc hélas un bilan négatif que je livre ici. Je ne doute pas néanmoins que ce livre peut trouver son public, mais je n’en fais définitivement pas partie! Pour moi, impossible d’adhérer aux personnages ou de s’intéresser un temps soit peu à l’intrigue…

Pour ceux qui veulent se forger leur propre point de vue, les éditions Albin Michel proposent des extraits sur leur site: cliquez ici!

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’illustrer cette critique avec une image tirée du film de Michael Hoffman, datant de 1999, avec Michelle Pfeiffer et Christian Bale.

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