Premières Lignes #5: Cosmétique de l’ennemi

Basé une idée de Ma Lecturothèque, il s’agit de citer les premières lignes d’un livre pris dans sa bibliothèque. Cela vous permet de découvrir l’univers d’un auteur et qui sait de vous donner envie de lire l’ouvrage, et de mon côté, de me replonger dans des vieux livres et de les relire, qui sait? Le concept m’a fait songé au Test de la Page 99, précédemment évoqué dans un article du Baz’Art, et j’y ai immédiatement adhéré!

Pour ce cinquième rendez-vous, qui je l’espère sera publié tous les mercredis, voici quelques lignes d’un livre de ma bibliothèque: Cosmétique de l’ennemi, un roman d’Amélie NOTHOMB déjà chronique sur le Baz’Art (voir lien).

 » Cosmétique, l’homme se lissa les cheveux avec le plat de la main. Il fallait qu’il fût présentable afin de rencontrer sa victime dans les règles de l’art. 

Les nerfs de Jérôme Angust étaient déjà à vif quand la voix de l’hôtesse annonça que l’avion , en raison de problèmes techniques, serait retardé pour une durée indéterminée.

Il me manquait plus que çà, pensa-t-il. 

Il détestait les aéroports et la perspective de rester dans cette salle d’attente pendant un laps de temps pas même précisé l’exaspérait. Il sortit un livre et s’y plongea rageusement.

Bonjour, monsieur, lui dit quelqu’un avec cérémonie. 

Il souleva à peine le nez et rendit un bonjour de machinale politesse. « 

Si j’ai choisi d’évoquer dans ces Premières Lignes un livre déjà commenté, c’est bien parce ce que j’admire chez NOTHOMB est son art des débuts. Tout est banal, ou presque: seul le mot « victime » évoque une anomalie et nous gêne dès le départ, alors que les faits relatés sont pourtant anecdotiques. On se retrouve donc en train de donner toute notre attention à un homme bougon et à un retard d’avion… C’est là toute la magie dont sait faire preuve l’auteure, nous tenir en haleine avec un rien et réussir à tenir cette tension jusqu’à la chute finale de l’ouvrage. Des Premières Lignes réussies, donc.

Publicités

6 réflexions au sujet de « Premières Lignes #5: Cosmétique de l’ennemi »

      1. Oui, je le trouve assez différent des autres romans de Nothomb. Il est marrant, et m’a rappelé certains romans de l’auteur finlandais Arto Paasilinna. Tu le connais ? Il fait des livres amusants, avec une bonne dose d’humour un peu noir, un peu ironique. C’est très sympa. 🙂

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s