Le Pays de la Liberté

Titre: Le Pays de la Liberté

Auteur: Ken FOLLETT

Editeur: Le Livre de Poche

Date de sortie: novembre 1997

Prix:  8,10 euros

Nombre de pages: 476 pages

Pour commander: dans toutes les librairies et sur le site du Livre de Poche

Note (sur 5 ♥): 2♥

Challenge Ecosse: 2ème chronique

Résumé:

Entre le jeune Mack, condamné à un quasi-esclavage dans les mines de charbon des Jamisson, et l’anticonformiste Lizzie, épouse déçue d’un des fils du maître, il n’a fallu que quelques regards et rencontres furtives pour faire naître l’attirance des cœurs.
Mais dans la société anglaise du XVIIIe siècle, encore féodale malgré les idées neuves de ses philosophes, l’un et l’autre n’ont de choix qu’entre la soumission et la révolte. Rebelle, fugitif, repris et condamné, Mack ne reverra Lizzie que sur la plantation de Virginie où il été déporté pour le travail forcé. Alors seulement ils comprendront que le bonheur se gagne en forçant le destin.
Des crassiers de l’Écosse aux docks de la Tamise, de l’Amérique esclavagiste aux premières incursions vers l’Ouest encore vierge, l’auteur des Piliers de la terre nous entraîne ici dans une superbe épopée où la passion amoureuse se confond avec l’aspiration de toute une époque à la liberté et à la justice.

L’Avis d’Elodie: 

J’avais lu auparavant « Les Piliers de la Terre« , du même auteur, et malgré quelques longueurs , je l’avais beaucoup aimé.

Dans le cadre de mon challenge écossais, je me suis lancée dans la lecture du « Pays de la Liberté« . Et j’ai été surprise, car je n’ai pas retrouvé ce qui faisait le sel des « Piliers« . Pourtant, « Le Pays de la Liberté » n’est pas dénué de qualités…

Bon point, différents axes sont évoqués, et les thèmes sont lourds de sens. L’histoire débute avec Mack, jeune mineur qui est forcé de travailler dans les mines. On réalise donc que dans l’Ecosse de la fin du 18e siècle, l’esclavagisme existe encore. Les fils de mineurs sont employés dès leur plus jeune âge avec leurs parents, car aucun revenu supplémentaire ne pourrait être refusé pour leurs familles. Ils quittent donc l’école tôt, ne savent ni lire ni écrire… et de par ce manque de culture, se coupent donc de toute possibilité de négociation future avec leurs patrons. Des patrons qui se gardent bien d’évoquer une loi inique et ancienne qui veut qu’un employé qui continue de travailler après le jour de ses 21 ans « appartient » ensuite à son patron.

A côté de ces conditions de vie atroces, on découvre Lizzie, fille d’une dame désargentée, qui se voit en quelque sorte vendue au plus offrant pour subvenir aux besoins de sa mère et pour garder la demeure familiale. Vous l’aurez compris, l’un des thèmes principaux de cet ouvrage est l’argent, ou plutôt son absence, et les conséquences que cela entraîne.

Si le sort de Lizzie paraît de prime abord plus profitable que celui de Mack, on se détrompe vite. Considérée comme un objet, critiquée pour ses excentricités qui ne sont en réalité que l’expression d’un féminisme bien trop en avance sur son temps, elle se marie sans amour, est manipulée, trahie de mille et une façons, est maltraitée… uniquement parce qu’elle est née femme. La condition féminine dans les années 1900 est dépeinte par FOLLETT sous de multiples angles, Lizzie n’étant pas le seul personnage du sexe faible, et toutes les femmes de l’ouvrage sont sans exception en souffrance: la mère de Lizzie est dépassée par ce monde d’hommes qui la trompe, la cousine de Mack se marie vite afin d’être protégée, tout comme la prostituée londonienne…

Et j’en viens à un des défauts de l’ouvrage: si évoquer tant de femmes et leurs problèmes aurait pu faire de cet ouvrage une jolie ode au féminisme, c’est loin d’être le cas en réalité. Mack est le personnage central de l’histoire, et comme tous les hommes qui l’entoure, c’est lui qui décide. Pour moi, il n’est pas le personnage romanesque que nous vend la quatrième de couverture, et je le trouve au final aussi grossier que ses congénères. Il ne cesse de séduire des femmes pour mieux les abandonner ensuite (une femme par partie dans le livre!), et monte de grade à chaque fois: on passe de la cousine à la londonienne pour enfin s’attaquer au tabou ultime: la femme du maître. Où est le romantisme? A la place de l’héroïne, je me méfierais!

De plus, Mack a trop de chance pour que cela soit crédible. Il est grand, beau et fort (il est mineur!), mais aussi intelligent et charismatique (il a eu une éducation, contrairement à ses collègues). Et du coup, à chaque ennui, il a une solution. C’en est lassant, d’autant que Lizzie, elle, s’effondre à chaque souci et n’a guère d’échappatoire. Sa vie lui échappe alors que celle de Mack évolue bien, malgré les difficultés. Le meilleur? Rien ne les rapproche, ils n’ont guère de points communs, mais Lizzie tombe dans les bras de Mack après avoir admiré sa musculature à maintes reprises. * Levage de yeux au ciel * L’aspect romanesque du livre est pour moi un échec.  Trop de facilités, pas assez d’originalité.

En conclusion, je suis assez déçue par l’ouvrage de FOLLETT, qui pourtant fait partie de mes auteurs de prédilection. L’histoire est beaucoup trop prévisible, avec des ficelles énormes, et un style peu travaillé. FOLLETT est capable de bien mieux, je pense notamment aux désormais classiques « Piliers de la Terre » qui pour moi sont une belle réussite. Bref, je ne vous conseille pas cette lecture! Et vous, l’avez-vous lu? Qu’en avez-vous pensé?

Source image: Immigré écossais en Amérique, vers 1900, site novascotia

Publicités

5 réflexions au sujet de « Le Pays de la Liberté »

  1. Avec Ken Follet, c’est un coup tout bon, un coup médiocre. Le second cas d’après toi avec ce roman, je vais donc prendre ma propre liberté de lire autre chose.
    Merci

    1. Merci pour ton commentaire! 🙂 Tu avais lu quel ouvrage de Ken Follett? Je demande car de mon côté je suis bien décidée à ne pas me décourager et à tenter la lecture d’un autre de ses livres! Mais lequel…

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s