Livres·Science Fiction/ Horreur/ Policier

Purple Cane Road

Titre : Purple Cane Road
Auteur : James Lee BURKE
Éditeur : Payot et Rivages
Date de sortie : mars 2007
Prix :  9,65 euros
Nombre de pages : 448 pages

Pour commander : Payot et Rivages

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥♥

Résumé

Elle s’appelait Mae Robicheaux, née Guillory. Elle avait quitté son foyer pour fuir un mari alcoolique, alors que son fils n’était encore qu’un gamin. Elle était devenue serveuse dans une boîte de Purple Cane Road et, un jour, avait trouvé la mort à quelques kilomètres de là, dans des circonstances jamais éclaircies.

C’est le meurtre d’un petit maquereau nommé Zipper Clum qui fait remonter toute l’histoire à la surface, et c’est ainsi que Dave Robicheaux se met en quête des assassins de sa mère.
Emouvante plongée dans le passé du personnage fétiche de James Lee Burke, Purple Cane Road est l’un des chefs d’œuvre de l’auteur.

L’Avis d’Aurélie

J’ai un rapport très particulier avec le genre policier. C’est un des genres littéraires que j’ai le plus lu, étant donné que c’était celui qui encombrait les bibliothèques familiales, aussi bien du côté de ma mère que de mon père. J’y ai plongé dès mon enfance, savourant probablement beaucoup trop tôt le frisson de l’angoisse et de l’horreur.
Au final, j’ai développé un goût plutôt sévère dans ce domaine. Je ne pardonne aux auteurs aucune faute de goût, aucun dialogue surfait, personnage creux ou dénouement prévisible. Si j’ai deviné qui était l’assassin avant la moitié du bouquin, je suis déçue, voire fâchée.

Mais James Lee Burke a une écriture différente. Au final, ce qui l’intéresse ne réside pas tant dans la création d’une intrigue policière que dans la peinture minutieuse d’un environnement physique et social bien particulier, celui de la Louisiane. L’amour et la connaissance de l’auteur pour cette région se ressentent dès les premières lignes : tout se passe très vite, vous n’aurez pas 36 explications sur où/quoi/comment. À vous de faire l’effort de rentrer dans l’histoire moite, délétère, miséreuse et picaresque du personnage de Dave Robicheaux. Tout va vite, tout est flou, comme sur les longues routes brûlantes le long des bayous et des anciennes huttes d’esclaves de cette région des États-Unis. Ambiance, vous disais-je, là est tout l’intérêt de l’histoire.

Ambiance qui est aussi une ambiance sociale. Personne n’est un héros, chacun d’entre nous sur cette Terre entretient sa part d’ombre, et ceux qui revendiquent la lumière sont souvent ceux qui en ont le moins. La galerie de personnages créés est immense, et peut au départ décontenancer le lecteur : mais je voulais aller jusqu’au bout, et je n’ai pas regretté. Ils sont tous des gueules cassés, des abîmés de la vie dans cet état américain particulièrement sujet à la violence, et font ce qu’ils peuvent pour survivre dans leur vie comme dans leur conscience.

Je ne vais pas continuer pendant trois heures car je pense que mon avis est clair : James Lee Burke m’a soufflée. Son style de roman policier dépasse largement beaucoup de ce que j’ai pu lire, et constitue pour moi une référence que d’autres auteurs devraient retenir. Si l’intrigue en tant que telle n’est pas mind-blowing, époustouflante, elle compense par une qualité et une densité d’écriture que j’ai rarement rencontrée. Au final, c’est un roman policier que vous ne reposerez pas en vous disant “waouuuuw coooomme il est trop fort l’auteur avec son intrigue, on dirait Dan Brown” (ironie ici) mais vous le reposerez en prenant un instant pour sortir de la Louisiane et réintégrer péniblement votre propre réalité – que vous ne regarderez peut-être plus de la même manière.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s