Rubiel et moi

Titre : Rubiel e(s)t moi

Auteur Vincent LAHOUZE

Type : Autobiographie, Histoire Vraie

Éditeur : Michel Lafon

Nombre de pages : 269

Note : 3-4 ♥

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies, aux éditions Michel Lafon

Résumé:

Si je devais me souvenir d’une chose, d’une seule chose, ce serait la vision des murs gris de l’Orphelinat du Bienestar de Medellin et des portes qui claquaient lorsque nous courions dans les couloirs, le bruit sourd de mes pieds nus sur le parquet de bois délavé et poussiéreux. Oui, d’aussi loin que je me souvienne, la couleur n’existait pas.
Je suis né en Colombie, à la fin de l’année 1987, mais je n’ai commencé à vivre qu’en 1991.

L’Avis d’Elodie:

Je ne connaissais rien de ce livre et de son auteur avant de voir cet ouvrage proposé en service presse par Michel Lafon, merci encore aux éditeurs et à Camille Groelly pour cette découverte.

Il est toujours délicat de juger un récit autobiographique. Cela touche à quelque chose de tellement personnel (c’était l’euphémisme du jour) que souligner les points qui nous plaisent moins est gênant… mais quand un ouvrage est entre des mains de lecteur, il appartient un peu moins à son auteur. Il me reste plus qu’à espérer que l’auteur, s’il lit mes lignes, me pardonnera mon avis certes positif, mais un peu mitigé par instant.

Car autant l’avouer tout de suite, dans un premier temps j’ai eu un peu de mal à accrocher à la lecture de cet ouvrage. Après avoir enchaîné 4 livres écrits à la première personne, l’usage au début de la 3ème personne m’a déstabilisée, d’autant que le titre sous-entendait une autobiographie. Ensuite, quand l’usage tant attendu de la première personne est apparu, j’ai davantage apprécié ma lecture et ai compris où l’auteur voulait en venir.

Le début de l’ouvrage a donc été difficile. Si j’ai rapidement admis le talent d’écriture de l’auteur, j’y reviendrai plus loin, j’ai eu dans un premier temps du mal à adhérer avec l’ouvrage. Ne connaissant pas Vincent Lahouze et son histoire, je comprenais mal le propos du livre. L’alternance des propos, soit Rubiel soit Vincent, m’a déstabilisée de prime abord. Je m’attachais à peine à Rubiel qu’on me l’ôtait, et vice versa. Mais je suis heureuse d’avoir poursuivi ma lecture, et la lente compréhension des éléments a été intéressante.

Je le disais, il y a deux voix dans cet ouvrage. D’une part Rubiel, orphelin colombien qui quitte l’orphelinat et vit dans la rue après que son meilleur ami ait été adopté par des Français. Confronté à une violence crue et d’autant plus violente que c’est un enfant, il devra se débrouiller seul pour découvrir le pire mais aussi le meilleur des hommes. D’une autre part nous découvrons Vincent, qui est né Rubiel en Colombie mais qui a été rebaptisé par les Français qui l’ont adopté. On lit ses doutes, sa lente construction entre appartenance colombienne et identité française.

Ce livre, c’est l’histoire d’une retrouvaille finalement: Vincent grâce à cet ouvrage revient parler à Rubiel et essaie de reconstituer le puzzle qu’est son identité. Il se demande ce qui lui serait arrivé s’il n’avait pas été adopté. Et cette recherche de soi est passionnante. Elle est complétée par l’Instagram de l’auteur, qui y met photos personnelles et autres moments de vie. Cette diversité des médias, entre écriture et images, m’a plu.

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Sinon, le moins qu’on puisse dire, c’est que Vincent LAHOUZE a un style, un vrai, et qui est bien à lui. Les descriptions sont très précises, très détaillées, on voit, on sent ce qu’il raconte et parfois ca en devient presque dérangeant. En voici un extrait:  » L’air était saturé d’odeurs qui formaient un mélange presque écoeurant. Des arepas, ces galettes de maïs ou fourrées de viande, des tamales, des empanadas: les étals dégueulaient de nourriture. Avec les billets qui lui avait donnés la femme, il acheta de quoi manger pour deux jours, il engloutit tout en deux minutes. » Les champs lexicaux sont maîtrisés, on a la nausée à la place du personnage, c’est donc parfaitement réussi.
Et si le style et l’histoire sont là, le lecteur ne peut être que satisfait, c’est donc mon cas malgré les bémols cités plus haut.

J’ai donc vécu un moment de lecture qui, sans avoir été un coup de coeur absolu, a été néanmoins passionnant. Cela m’a permis aussi de sortir de ma zone de sécurité quant aux ouvrages que je lis, et un peu de changement fait toujours du bien!

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