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L’art d’aller au plus juste: Top 10 des meilleurs recueils de nouvelles #2

*** Cet article est la suite de L’art d’aller au plus juste: Top 10 des meilleurs recueils de nouvelles #1 ***

Ecrire une nouvelle n’est pas un exercice facile. Il faut garder une cohérence entre les histoires, un fil conducteur, tout en réussissant à écrire en un nombre de pages limité un scénario efficace, avec une bonne chute finale. Ce n’est pas un genre qui plaît à tout le monde, car lire une nouvelle peut se révéler frustrant: on a envie de savoir plus sur les personnages, on aimerait que l’histoire dure plus, mais on doit composer avec ce point final qui nous claque la porte au nez.

Personnellement, j’aime le suspense qu’induit une bonne nouvelle. Chaque page lue nous rapproche bien trop rapidement vers une fin qu’on espère époustouflante, la curiosité monte peu à peu… L’auteur réussira-t-il à conclure avec brio l’histoire qu’il crée? Le twist final sera-t-il à la hauteur?

J’aime d’autant plus ce genre que beaucoup d’auteurs s’y sont cassé les dents, et que gérer une nouvelle, c’est faire preuve d’un sens de l’écriture autant appréciable qu’il est rare… Et le verdict du lecteur est d’autant plus violent que l’histoire est courte!

  • HEMINGWAY, Nouvelles complètes

Nouvelles complètes par Hemingway« Hemingway attachait plus d’importance à ses  » histoires « , ses nouvelles, qu’à ses romans. Ecrire une bonne histoire, encore une bonne histoire, fut l’obsession de sa vie, les lettres publiées ici en témoignent. C’est là qu’il atteint la concision – son idéal d’écriture formulé très tôt -, et qu’il obtient ce qu’il vise : la synthèse de l’imaginaire et de l’expérience vécue.  » La seule écriture valable, c’est celle qu’on invente, celle qu’on imagine. « 

Comment évoquer des recueils de nouvelles sans parler de cet ouvrage fondateur? Personnellement, j’ai eu du mal à lire les livres d’HEMINGWAY, comme « Pour qui sonne le glas », que je trouvais trop grandiloquent. C’est donc avec méfiance que je me suis plongée dans la lecture des nouvelles de cet auteur, et ca a été une jolie révélation! Les récits sont emplis de justesse et font réfléchir, le phrasé est magnifique… Que demander de plus?
« La différence entre une personne qui a un idéal et une qui manque d’idéal, c’est la différence entre la personne qui prend pour guide de sa vie ce qu’elle pense et voit matériellement et celle qui a assez du visionnaire en elle pour adopter comme guide un rêve qui ne s’est pas encore réalisé ou qui peut-être ne se réalisera jamais. J’adhère au mien.« 

  • Ken LIU, La Ménagerie de Papier

La ménagerie de papier par Liu« Elle plaque la feuille sur la table, face vierge exposée, et la plie. Intrigué, j’arrête de pleurer pour l’observer. Ma mère retourne le papier et le plie de nouveau, avant de le border, de le plisser, de le rouler et de le tordre jusqu’à ce qu’il disparaisse entre ses mains en coupe. Puis elle porte ce petit paquet à sa bouche et y souffle comme dans un ballon.
“Kan, dit-elle. Laohu.” Elle pose les mains sur la table, puis elle les écarte.
Un tigre se dresse là, gros comme deux poings réunis. Son pelage arbore le motif du papier, sucres d’orge rouges et sapins de Noël sur fond blanc.
J’effleure ce qu’a créé Maman. Sa queue bat et il se jette, joueur, sur mon doigt… ».

Recueil de nouvelles de science-fiction, « la ménagerie de papier » cache sous un charme enfantin des morales qui nous forcent à réfléchir à notre vision de la famille, à l’évolution de la société, à la pré-détermination et aux dangers du numérique… J’ai acheté cet ouvrage car j’ai eu un coup de coeur pour la couverture, et je l’ai gardé car j’ai adoré son contenu, tout simplement!

Résultat de recherche d'images pour "concerto à la mémoire d'un ange"« Quel rapport entre une femme qui empoisonne ses maris successifs et un président de la République amoureux ? Quel lien entre un simple marin honnête et un escroc international vendant des bondieuseries usinées en Chine ? Par quel miracle, une image de sainte Rita, patronne des causes désespérées, devient-elle le guide mystérieux de leurs existences ? Tous ces héros ont eu la possibilité de se racheter, de préférer la lumière à l’ombre. À chacun, un jour, la rédemption a été offerte. Certains l’ont reçue, d’autres l’ont refusée, quelques uns ne se sont aperçus de rien. Quatre histoires liées entre elles. Quatre histoires qui traversent l’ordinaire et l’extraordinaire de toute vie. Quatre histoires qui creusent cette question : sommes-nous libres ou subissons-nous un destin ? Pouvons-nous changer ? »

Pour moi, une bonne nouvelle tient à deux éléments. D’abord, c’est surtout une bonne fin. Et fait rare, dans cet ouvrage, E.E. SCHMITT réussit à nous livrer des twists finaux dignes de ce nom. Les rebondissements des dernières lignes sont efficaces, et laissent un goût doux-amer dans la bouche…
Le deuxième élément indispensable à une bonne nouvelle, c’est un fil conducteur qui lie tous les textes entre eux. Et ici, on se retrouve avec le thème de Sainte Rita, patronne des causes désespérées, symbole de la rédemption. Et tous les protagonistes de l’ouvrage sont à la recherche ou du pardon, ou du changement, et y arriveront avec plus ou moins de succès…
« Concerto à la mémoire d’un ange » est un joli recueil de nouvelles que j’ai découvert par hasard, qui sait sous la houlette de cette Rita que semble tant apprécier l’auteur?

  • Léa SILHOL, Les Contes de la Tisseuse, Mythophages

« Léa Silhol nous propose avec les Contes de la Tisseuse, seize nouvelles de fantasy qui nous donnent à partager des destins d’exception s’inscrivant dans la trame tissée par les Parques. Revisitant les mythes traditionnels, elle nous fait découvrir, grâce à ses talents de conteuse, des histoires troublantes, dérangeantes ou émouvantes et n’hésite pas à mettre en scène, avec audace, des anges et des dieux évoluant dans l’univers des hommes. Cinq saisons et un élément nous permettent de découvrir toutes les facettes d’une Léa Silhol qui nous fait plonger corps et âme dans le meilleur de la fantasy mythique.
Dérangeants, parfois tendres, toujours cruels, ces contes se déploient dans cette perspective, et nous montrent que l’humanité n’en a jamais fini avec ses propres fantômes. »

Emblèmythiques : Mythophages [#5 - 2004] » L’homme marche à travers des forêts de symboles… De pas en pas, de vies en vies, ses peurs créent les Mythes, les Mythes transforment l’Histoire, l’Histoire reproduit les Mythes. Venus de notre antiquité, de nos rêves d’absolu, de notre désir insatiable de comprendre et d’expliquer, les modèles mythiques perdurent, nous proposent de nouvelles peurs, et d’éternels enchantements. Et nous nous souvenons les chants d’Orphée, de la chevauchée des Valkyries, des vengeances d’Héra, du destin de Lot. À travers d’autres schémas, d’autres temps, nous croisons à nouveau le Minotaure, les dieux de Rome, la coléreuse Amaterasu. Suivez les héros et les dieux, les combattants et les prophètes, les élus et les exilés sur des chemins familiers et inconnus, d’hier et de demain, sur la trace d’histoires éternelles toujours réinventées.

Last but not least, les recueils de ou dirigés par Léa SILHOL. Ce n’est pas un hasard si plusieurs articles lui ont été régulièrement consacrés sur le blog ( Avant l’HiverIl était une FéeLa Sève et le Givre5 livres sur une île déserte ( et merci Bettie!) – Tag etc) et c’est tristesse de réaliser que ni « Mythophages » ni « Les Contes de la Tisseuse » n’ont été chroniqué sur ce blog alors qu’ils font partie de mes ouvrages préférés, tout simplement.
Léa SILHOL a un style digne de la magie qu’elle narre, et c’est elle, rien de moins, qui m’a donné l’amour des nouvelles. Je ne peux que vous conseiller ses ouvrages, et espérant qu’ils vous inspireront autant que je l’ai été.

Voilà pour ces chroniques portant sur les recueils de nouvelles!
Et vous, quels sont vos recueils préférés?
*Elodie

 

4 commentaires sur “L’art d’aller au plus juste: Top 10 des meilleurs recueils de nouvelles #2

  1. Je partage ton opinion sur les nouvelles 🙂 Mais je ne pense pas avoir de recueil préféré, du moins, pour le moment.
    La science-fiction n’est pas trop ma tasse de thé, mais La Ménagerie de Papier me tente bien d’autant que comme toi, je trouve la couverture splendide.
    Merci pour cette sélection !

    1. Désolée pour la réponse tardive! J’ai choisi volontairement de ne pas classer les recueils dans l’ordre de préférence, tant j’ai eu du mal à les classifier, mais je suis certaine que Ken Liu est dans mon top 3, je ne peux donc que te le conseiller 🙂

    1. Je ne peux que te le conseiller, tu t’en doutes, bien que je me doute que ta liste de lecture est déjà bien remplie 🙂 J’ai adoré ce recueil, ce n’est pas classique et c’est très bien écrit!

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