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Call me by your name

Call me by your name

Auteur : André ACIMAN

Date de sortie : 2017 / réédité en janvier 2019

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 320

Pour commander : d’occasion, sur site de vente en ligne (Amazon,  Recyclivre, FNAC, Cdiscount, etc), Le Livre de Poche

Note : 4/5

 

 

Résumé:

« Je ferme les yeux et je suis de nouveau en Italie, il y a tant d’années ; je marche vers l’allée bordée de pins, je le regarde descendre du taxi : ample chemise bleue, col ouvert sur la poitrine, chapeau de paille, toute cette peau nue… Soudain il me serre la main et me demande si mon père est là. »
1983. Pour Elio, c’est l’été de ses 17 ans. Ses parents hébergent Oliver, un jeune universitaire, dans leur villa en Italie. Entre les longs repas, les baignades et les après-midi sous la chaleur écrasante, commence une partie de cache-cache avec cet Américain brillant et séduisant. Un temps fait d’attente, d’espoirs, de doutes et de rejet. Avant que tous deux cèdent à ce sentiment plus grand qu’eux.

Call me by your name est un magnifique roman d’amour tout autant qu’une réflexion sur le désir et l’empreinte qu’il laisse en nous. La langue à la fois précise et sensuelle d’André Aciman parvient à évoquer l’intimité des corps – mais aussi la part de violence qui se niche dans tout éveil au sentiment amoureux – avec une élégance rare.

L’Avis d’Elodie

Errant entre les étagères de la jolie librairie « Les Guetteurs de Vent » à Paris, je suis tombée nez à nez avec cet ouvrage. J’avais pas mal entendu parler du film éponyme, et l’histoire attisait ma curiosité. J’ai donc acheté le livre, souhaitant ensuite voir le film afin de comparer et de rédiger un article type Du papier à l’écran  (le lien mène au dernier en date, sur « Vanity Fair »).

Dès le début de ma lecture, j’ai été sous le charme de l’écriture de l’auteur. Son phrasé est magnifique, ses mots choisis, ses formulations sont des poèmes. Après, je dois confesser mon incapacité à lire l’ouvrage d’une traite, alors que j’aurais bien voulu, tant le style demandait de la concentration dans la lecture, une chose dont je suis pas mal dépourvue en ce moment! Si l’exercice d’écriture m’a énormément plu, il m’a néanmoins gênée sur un point: l’auteur prend la place d’Elio, un jeune homme de 17 ans éprouvant les premiers méandres de l’amour. Or cette écriture si pointue ne correspond guère aux élans d’un adolescent, même extrêmement cultivé. On ressent une maturité dans les réflexions dignes d’un homme de 50 ans, ce qui est un peu déstabilisant vu le contexte, et qui gêne hélas un peu l’empathie qu’on ressent envers Elio.
Une forme de snobisme pointe aussi hélas le bout de son nez dans certains passages. Je ne connais pas toutes les références évoquées par les personnages, n’ai pas lu Héraclite et me porte néanmoins très bien dans mon ignorance. Mais une telle situation est mise en avant comme une hérésie par les protagonistes qui semblent mépriser les gens moins cultivés qu’eux, c’est dommage car cela met une distance entre le narrateur et le lecteur.

J’ai été aussi fascinée par le rythme de l’ouvrage. Habituellement, j’aime lire / regarder des œuvres « où cela bouge ». Disons qu’il est rare que je m’extasie devant une réalisation en disant « c’est génial, il ne s’est rien passé! ». Or, c’est bien le cas ici. On sait qu’Olivier, qui suscite les premiers émois d’Elio le personnage principal, est présent pour 2 mois. Or impossible de situer une période de son séjour dans l’ouvrage, le temps ne semble pas avoir d’importance, la chronologie est inexistante. C’est un roman sur l’espoir que nous livre ACIMAN, et cet espoir, cette inquiétude du sentiment non partagé rend les heures longues, stoppe le déroulement classique du temps pour ne nous faire vivre que des instants qui ne sont pas reliés à une banale horloge. Et c’est magique.
Malgré le style trop adulte des réflexions d’Elio, on est embarqué dans son histoire et on ressent ses émotions comme si c’étaient les nôtres. Que demander de plus à un ouvrage?

Mais cette absence de chronologie me questionne par rapport à l’adaptation cinématographique, et me donne encore plus envie de visionner le film. Comment retranscrire l’attente en une image? Comment mettre en valeur un échange de regard qui dure un chapitre dans l’ouvrage en une prise? J’ai hâte de découvrir les réponses avec le film réalisé par Luca GUADAGNINO.

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J’ai aimé tous les personnages du roman. Elio malgré un phrasé qui, je le disais précédemment, m’a un peu gênée, m’a beaucoup touchée dans son tumulte. Olivier et son élégance, sa distance et ses rejets m’a séduite. Les parents d’Elio, la cuisinière, la petite voisine… Tous ont une personnalité bien distincte et très travaillée. Mais mon protagoniste préféré reste l’Italie.
La sensation du sable sous les pieds, le chatouillis des vagues, le soleil qui tape fort et qui vous plonge dans la torpeur, la fraicheur du dallage de la piscine… tout est là et me donne une furieuse envie de retourner à Gênes ou à Burano (petite pensée pour notre Road trip en Italie du Nord !) ACIMAN sait retranscrire à la perfection la dolce vita à l’italienne, et c’est un délice.

Dans l’ensemble, j’ai vraiment beaucoup aimé cet ouvrage, et enlève un point juste pour le côté parfois pompeux du style de l’auteur, même si cet aspect m’a également séduite (avis contradictoire bonjour). Disons que l’élitisme ne m’aurait pas dérangée s’il n’avait été aussi présent dans l’ouvrage. Mais ce livre reste une vraie splendeur, un récit touchant et une magnifique ode à l’acceptation de soi et des autres qu’il faut avoir lu.

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