Historique·Livres

Le Choix du Roi

Auteur : Solène BAUCHE

Parution : 15 novembre 2018

Nombre de pages : 457

Edition : Auto-édition

Où se le procurer : amazonlibrinova

Note : 5/5♥

Résumé:

Royaume des Francs, 792. L’heure est grave : Charlemagne vient d’apprendre que son fils d’un premier lit, Pépin le Bossu, a conspiré contre lui. Le roi est loin d’avoir été un père idéal, mais la sentence est sans appel : le jeune traître doit rejoindre un monastère et y demeurer le restant de ses jours. Peu enclin à faire amende honorable et encore moins à devenir un homme de Dieu, Pépin dépérit. L’héritier déchu est loin de se douter que c’est par une entremise des plus inattendues que viendra son salut, avant d’entamer un périlleux voyage vers l’inconnu…

Un récit d’aventures teinté de fantastique dans lequel les voix se croisent et l’Histoire se mêle à l’Imaginaire.

L’Avis d’Elodie:

Avant tout, merci à Solène Bauché pour ce SP décroché sur Simplement Pro. Je vais être directe, attention… j’ai ADORE cet ouvrage. Vraiment. Les choses sont posées! Vous n’imaginez pas à quel point j’ai du me creuser le crâne pour vous rédiger une chronique un peu développée.. En effet, la première version n’était qu’un ensemble de synonymes dithyrambiques de « génial »: étonnant, extra, extraordinaire, fabuleux, fantastique, formidable, ingénieux, intelligent… La langue française est magique pour cet aspect là des choses ^^

Je lis des romans historiques depuis pas mal d’années, et par contre n’en ai que chroniqué que très peu sur le Baz’art… Vous pouvez trouver deux Benzoni, un Druon, un Follett… et c’est tout. Autant dire que j’ai été ravie de décrocher ce SP, ayant l’intention d’écrire davantage d’articles portant sur l’Histoire. Sur Charlemagne lui même, j’avais déjà lu « Moi, Charlemagne » de Max Gallo et « La Confession Impériale » de Peyramaure, ce dernier étant un auteur que j’apprécie beaucoup.

Mais j’ai rapidement mis de côté ces références à la lecture de l’ouvrage de Solène. Non que le livre ne tienne pas la comparaison, mais l’axe choisi s’oppose aux romans précédemment cités.

Le roman se divise en 3 parties, divers narrateurs alternent leurs voix, toujours à la première personne du singulier. La lecture reste néanmoins aisée, on lit l’ouvrage sans difficulté, et les transitions entre les parties sont fluides. Le rythme est agréable, il n’y a pas de temps morts.

On découvre d’abord un tout jeune Charlemagne, qui fait ses premiers pas de rois à la mort de son père. Si de prime abord j’ai apprécié le personnage décrit par l’auteure, j’ai vite déchanté. D’abord on rencontre un homme qui épouse Himiltrude, une femme de basse condition, et ce par amour, un fils respectueux de sa mère et aimant sa famille. Puis le basculement, on passe à un être sans scrupules qui répudie son épouse pour des raisons politiques, et qui, pour ces mêmes raisons, fait assassiner son frère et enfermer au couvent sa belle-soeur, ses neveux, et sa propre fille issue de sa première union. Son fils, lui, restera certes au palais, mais devra voir les enfants du second lit davantage chéris et se fera maltraiter à cause d’une malencontreuse difformité.

Ce fils, c’est Pépin, qui narre sa souffrance dans une deuxième partie alors que son père Charlemagne découvre sa tentative de coup d’Etat. Je me suis immédiatement attachée à ce personnage maltraité par la vie, qui pourtant garde une naïveté d’enfant. On le suit lors de son emprisonnement à l’abbaye de Prüm, et lors des aventures qui suivront. C’est à ce moment il me semble que l’auteure a pris des libertés avec la réalité historique. Mais cela tombe bien, je suis prof d’arts pla, pas d’histoire! Et je considère qu’un auteur, réalisateur a le droit d’adapter à sa volonté des événements véridiques ou non. Pépin donc ne finira pas ses jours à l’abbaye, je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler.

La troisième partie est portée par la voix d’Amaudra, la fille rejetée, la recluse, la mal-aimée, l’épouse maltraitée, la femme éprise de liberté, la soeur dévouée. Un être multiple donc, une personnalité fascinante qui raconte son histoire tragique et qui nous touche à la fois par sa force et ses faiblesses. Par curiosité, j’ai tenté de me renseigner sur ce personnage méconnu, et à part son mariage avec un comte de Paris, nul trace de la demoiselle. La triste condition féminine au Moyen-Age. Le point positif, c’est que cela laissait un boulevard à l’auteure pour imaginer la vie de cette jeune femme. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que Solène Bauché a eu de jolies idées et a réussi à créer un personnage fascinant.

L’auteure ajoute un peu de magie à l’Histoire sans que cela gêne, au contraire. J’ai apprécié ces touches de fantastique dans le roman, qui permettent de résoudre certains points de la narration.

Niveau style d’écriture, c’est là aussi un coup de coeur. La narration à la première personne est parfaitement maîtrisée, les mots sont choisis, les phrases bien construites… Voici un extrait, lu à mon cher et tendre afin de l’inciter à lire l’ouvrage:

 » Ils me traînèrent avec rudesse, comme il sied aux traîtres. Mes pieds nus tentaient de suivre leurs mouvements brusques, s’éraflant contre le sol rocailleux. Mes cheveux tombaient devant mes yeux sans que je prenne la peine de m’en dépêtrer. Plus que jamais, je devais ressembler à la pâle imitation d’un homme: dépenaillé, sombrement résigné, un vrai minable qui connaîtrait le sort qu’il mérite.

La violence avait toujours fait partie de ma vie. Au lieu de la perpétrer sur les champs de bataille, comme mes frères, je la subissais en silence à l’abri des villas royales. »

Seul microscopique bémol, la fin. Je me suis tellement attachée aux personnages d’Amaudra et de Pépin que j’aurais aimé une conclusion moins floue, moins ouverte et surtout plus glorieuse. Mais je comprends que l’auteure n’ai pas eu envie de prendre davantage de libertés avec l’Histoire, et ne lui en tient absolument pas rigueur!

Enfin, je tenais à souligner à quel point la couverture est superbe, et donne envie d’ouvrir le livre… Bref, vous l’aurez compris, je ne trouve définitivement pas de défaut à cet ouvrage.

En conclusion:

J’ai tendance à acheter « en vrai » les livres lus sur Kindle que j’ai particulièrement aimé, et « Le choix du roi » va très rapidement peupler les rangs de ma bibliothèque.

C’est définitivement d’un coup de coeur dont je vous parle ici, l’intrigue, le rythme, le phrasé m’ont convaincue et j’espère que c’est votre cas aussi grâce à cette chronique!

Les blogs qui en parlent aussi:

 

2 commentaires sur “Le Choix du Roi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s