Livres·Science Fiction/ Horreur/ Policier

Le vieil homme et la guerre

Auteur : John Scalzi

Parution : 2007

Nombre de pages : 384

Editeur : Bragelonne

Où se le procurer : Bragelonne, Amazon

Note : 4,5/5 ♥

 

Résumé :

« J’ai fait deux choses le jour de mes soixante quinze ans : je suis allé sur la tombe de ma femme, puis je me suis engagé ». Pour John Perry, s’engager dans les forces de défense coloniale c’est obtenir une nouvelle jeunesse, protéger l’expansion de l’humanité dans la galaxie, et à terme l’espoir de s’établir comme colon sur un nouveau monde. Mais rien de ce qu’il a vécu sur Terre n’aurait pu préparer John Perry à ce qui l’attend dans une galaxie hostile, où la seule règle semble être une lutte impitoyable pour s’étendre ou disparaître.

L’avis de Clement :

Le vieil homme et la guerre m’a été suggéré automatiquement par le site de la FNAC, et j’ai trouvé amusante la référence dans le titre. Je l’ai acheté ainsi que sa suite, Les brigades fantômes, avec l’intention de les lire pendant les vacances d’été 2019. Et je n’ai pas été déçu (de manière générale l’été 2019 a été un très bon cru littéraire en ce qui me concerne).

L’univers d’abord est suffisamment original pour ne pas paraître réchauffé dans un genre aussi prolifique que la SF. Le concept de départ notamment, une armée dont les recrues sont des vieux de plus de soixante-quinze ans, est unique à ma connaissance. Le fait que nous lecteurs découvrions l’univers en même temps que le héros permet également de rendre cette découverte plus digeste, surtout lors des passages d’exposition. Certaines des technologies décrites sont également assez originale (notamment les « amicerveaux »), et j’ai trouvé certaines façons dont les personnages exploitent ces technologies particulièrement intelligentes et bien pensées.

Pendant la lecture nous rencontrerons également plusieurs races aliens. La plupart ne sont que brièvement évoquées, mais je trouve que ce n’est pas tant un défaut dans la mesure où ça renforce le sentiment d’immersion dans un univers inconnu. Notons au passage la présence d’une race d’aliens qui « élève » les humains parce qu’elle les trouve très bons à manger (je ne crois pas avoir déjà rencontré ça dans une autre œuvre de SF). Scalzi évite également le manichéisme, puisque l’humanité du Vieil homme et la guerre n’est clairement pas une puissance bienveillante, pas plus que les aliens qu’elle rencontre. La diplomatie et la politique sont d’ailleurs quasi-inexistantes dans ce livre, les relations entre l’espèce humaine et le reste de la galaxie se limitant la plupart du temps à une lutte féroce pour l’expansion.

Côté personnages, si je ne les ai pas trouvé extrêmement marquant, ils sont suffisamment bien écrits pour faire le travail. Leur développement et leurs caractérisations font que je ne me suis pas senti indifférent à leurs sorts, malgré la relative brièveté de la présence de certains. Le narrateur, John Perry, apporte un point de vue très intéressant sur l’univers et les événements de l’histoire puisqu’il est à la fois un vieil homme avec une longue expérience de la vie, et en même temps une « jeune » recrue qui doit découvrir un univers totalement nouveau (et souvent hostile).

Le scénario suit une progression assez classique pour un récit de guerre : l’inévitable passage au camps d’entraînement (avec le non-moins inévitable instructeur), le baptême du feu et l’acceptation comme un des leurs par les « anciens », la bataille finale, etc. On retrouve également d’autre motifs récurrents de la fiction militaire, comme l’humour particulier ou l’ambiance de camaraderie martiale. Au final la destination et l’itinéraire sont assez prévisibles, mais le voyage demeure très plaisant. J’ai également beaucoup aimé le fait que l’histoire se déroule « à hauteur d’homme ». John Perry n’est pas un superhéros, et même s’il accomplit des actes que l’on peut qualifier d’héroïques, il ne sauvera pas l’humanité à lui tout seul. Une façon de rappeler s’il est besoin l’insignifiance de l’être humain dans l’immensité de l’univers.

Le style de John Scalzi se lit très bien malgré les scènes d’exposition évoquées plus haut, les scènes de combat sont captivantes, bref Le vieil homme et la guerre est un très bon tourne-page, une qualité que j’apprécie particulièrement dans un roman. Le fait que le réçit soit à la première personne contribue également à renforcer le sentiment d’immersion et l’attachement que nous pouvons ressentir pour le personnage de John Perry.

Dernier point fort, les thèmes abordés. L’une des forces majeures de la bonne SFFF, ce sont les thèmes qui apparaissent en filigrane en dessous de l’histoire. Et Le vieille homme et la guerre est plutôt bien fourni de ce point de vue. Au delà des récits de vie militaire et des combats contre des aliens hostiles, le roman de Scalzi invite à la réflexion sur la nature humaine, le trans-humanisme, la vie et la mort, la mémoire ou l’identité. Tous ces thèmes sont abordés d’une façon très intelligente, suffisamment pour faire réfléchir un lecteur qui souhaite s’y pencher d’avantage mais pas trop pour rebuter celui qui veut juste voir des « space-marines » défourailler du xenos.

En conclusion:

Bref, Le vieil homme et la guerre est l’un de mes coups de cœurs littéraire de 2019, et rentre sans souçi dans la liste de mes romans de SF préférés. Alors pourquoi seulement 4,5 me direz vous ? Eh bien parce que j’ai trouvé Les brigades fantômes encore meilleur, mais j’en reparlerai une prochaine fois. En attendant je vous invite à rejoindre John Perry et les « vieux cons » dans leurs aventures chez les Forces de Défense Coloniales.

Portez vous bien et n’oubliez pas : la lecture, c’est l’aventure.

A suivre : Les brigades fantômes

3 commentaires sur “Le vieil homme et la guerre

  1. Je me suis lancé comme toi dans cette série cet été sur les conseils de Lutin86 du blog Albédo. Et bien comme toi, j’ai complètement accroché ! On m’avait dit aussi que le second était meilleur encore et c’est vrai ! Je n’ai pas encore lâché cette série. J’en suis au tome… 4 je crois ? Intitulé Zoé, que je suis en train de terminer. John Scalzi est pour moi une vraie découverte et, une fois cette série terminée, je sens que je vais me plonger encore un peu plus dans les récits de cet auteur. Hâte de lire ton avis sur le second tome !

    1. Je crois que la série comporte 5 ou 6 tomes en tout. Là j’ai lu les 2 premiers et j’ai acheté les 3 suivants (« La dernière colonie », « Zoé » et « Humanité divisée ») pour les ajouter à ma liste à lire. En tout cas content que ça t’ait plu 🙂

      1. Oui et le dernier est « La fin de tout » (le sixième volume donc). Le tout se lit vraiment très bien. Content aussi de partager cette lecture avec toi !

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