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La maison maudite (et des aléas de la traduction)

Résultat de recherche d'images pour "la maison maudite lovecraft"Auteur : H.P. LOVECRAFT

Titre: La maison maudite

Parution : 2017 pour la dernière traduction de François Bon, 1961 pour celle d’Yves Rivière. J’ai acquis la version de 2017, et ai lu des extraits de celle de 1961.

Nombre de pages : 110

Editeur : Points, Bragelonne

Où se le procurer : Fnac

Note : 3/5 ♥

Ce livre me permet aussi de poursuivre mon challenge « Ces classiques qui nous attirent »!

Résumé:

Providence et Lovecraft, histoire commune. La géographie réelle d’une ville natale qui fait fiction. Ainsi de cette maison d’apparence ordinaire, toujours sise Benefit Street, au flanc de la vieille colline universitaire. La porte de cave donnant sur la rue. Et l’horreur gagne la pleine ville. Puis, au loin, ce clocher : enfoncez-vous dans la ville, tentez de le rejoindre, vous le perdrez et vous perdrez. Né aux États-Unis en 1890 et mort en 1937, Howard Phillips Lovecraft est considéré aujourd’hui comme l’un des écrivains d’horreur et de science-fiction les plus importants du xxe siècle. Il a inspiré de nombreux auteurs dont Stephen King.

L’Avis (court) d’Elodie:

Une fois n’est pas coutume, j’ai envie de débuter cette chronique par un extrait de l’ouvrage… Le voici!

Elle s’éleva au-dessus de ces tracés anthropomorphes du moisi dans la cheminée ; une vapeur subtile, maladive mais lumineuse qui, alors qu’elle restait suspendue et tremblante dans l’humidité sembla développer les vagues et choquantes suggestions d’une forme s’estompant progressivement puis disparaissant dans l’obscurité de la grande cheminée avec cette odeur fétide dans son sillage.

Il est étrange qu’au cours de ce challenge littéraire, je me retrouve deux fois confrontée au même problème. Lors de ma lecture des Contes de pluie et de lune, j’ai été gênée par un style d’écriture très particulier, et des formulations belles, mais lourdes. Avec Lovecraft, c’est pareil.

Les mots confinent au sublime, le choix du vocabulaire est extrêmement travaillé, presque trop. J’ai lu pas mal d’articles accusant la nouvelle traduction de François Bon datant de 2017 d’être trop pesante. Le sieur en question trouvait que les traductions précédentes, signées notamment Yves Rivière, n’étaient pas assez proches du style d’origine. N’ayant pas lu l’ouvrage en anglais, j’ignore quel écrit est le plus respectueux du phrasé de Lovecraft. Mais en tant que lectrice, et c’est un point de vue strictement personnel, je préfère mille fois les mots d’Yves Rivière. Peut-être édulcorent-ils le style de Lovecraft, je l’ignore, mais il n’empêche que pour moi, l’ensemble est nettement plus lisible. A chacun la possibilité de se faire un avis:

Capture
A gauche, la traduction de François Bon, à droite celle d’Yves Rivière.

 

Ayant lu en entier la version de François Bon et uniquement des extraits de celle de Rivière, c’est sur Bon que je me base pour rédiger cette chronique. Je crains que ce soit la traduction qui vaille la note de 3/5 à cet ouvrage, et imagine que si j’avais pu me procurer la version traduite ultérieurement, la note aurait pu être supérieure… Voilà pour ces aléas de traduction!

Au sujet du texte en lui même, le court récit parle par le biais d’un narrateur fasciné par une maison maudite, qui a bercé ses cauchemars d’enfant. Adulte, il décide d’enquêter avec son oncle sur ces murs qui ont abrité de nombreuses morts soudaines.

Lovecraft n’a pas son pareil pour créer une atmosphère délétère en peu de mots. En lisant ses phrases, on voit littéralement les champignons blanchâtres lentement mais surement coloniser le jardin, on distingue les émanations jaunâtres prendre forme, on sent même les odeurs âcres. L’auteur a un formidable pouvoir descriptif, et le malaise est présent rapidement.

Si au cours du récit, on comprend de quelle forme surnaturelle il s’agit, jamais Lovecraft ne donne une explication logique, scientifique, jamais il n’évoque le pourquoi. L’horreur est là, c’est un fait que nous devons admettre, et c’est d’autant plus terrifiant que les histoires narrées sont profondément ancrées dans le réel.

En conclusion:

Si Lovecraft a inspiré de nombreux maîtres de l’horreur, comme notamment King, ce n’est pas un hasard et il prouve avec cette nouvelle son talent pour dresser en peu de mots un univers dérangeant.

Si vous souhaitez en lire davantage sur ce blog, je vous invite à jeter un oeil aux Premières Lignes: la Maison Maudite, Premières Lignes: La couleur tombée du ciel et au tag This is Halloween!

Ces blogs qui en parlent aussi:

  • Le chien critique (dont est tiré l’image comparative des deux traductions)
  • Au pays des cave trolls évoque l’adaptation du récit « Dans l’abîme du temps » par Gou Tanabe dans un bel article très complet.
  • CERVOPOSYTRONYK parle de « La couleur tombée du ciel » dans un joli article!

Pumpkin Automn Challenge:

PumpkinAUtumnChallenge1

 

3 commentaires sur “La maison maudite (et des aléas de la traduction)

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