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Central Park

Central ParkAuteur: Guillaume MUSSO
Titre: Central Park
Date de parution:
mars 2014
Nombre de pages: 392
Édition: XO ou Pocket
Où l’acheter: en librairie, sur le site de l’auteur, chez Pocket ou XO Editions.

Note: 2,5/5♥

Résumé:

Alice et Gabriel n’ont aucun souvenir de la nuit dernière … pourtant, ils ne sont pas près de l’oublier.

New York, huit heures du matin …
Alice, jeune flic parisienne, et Gabriel, pianiste de jazz américain, se réveillent menottés l’un à l’autre sur un banc de Central Park.
Ils ne se connaissent pas et n’ont aucun souvenir de leur rencontre. La veille au soir, Alice faisait la fête avec ses copines sur les Champs-Élysées tandis que Gabriel jouait du piano dans un club de Dublin.
Impossible ? Et pourtant …
Les questions succèdent à la stupéfaction. Comment se sont-ils retrouvés dans une situation aussi périlleuse ? D’où provient le sang qui tache le chemisier d’Alice ? Pourquoi manque-t-il une balle dans son arme ?
Pour comprendre ce qui leur arrive et renouer les fils de leurs vies, Alice et Gabriel n’ont pas d’autre choix que de faire équipe. La vérité qu’ils vont découvrir va bouleverser leur existence…

L’Avis d’Elodie:

Musso est un auteur extrêmement à la mode. Il est certes souvent décrié par les soi-disant défenseurs de la bonne littérature, ceux qui hurlent contre les romans « grand public » et qui vouent au pilori Nothomb ou Levy sous prétexte que leur rythme d’écriture est contre nature. Vous l’aurez compris à ma formulation, je ne supporte pas qu’on décide pour les autres de ce qui est bien ou non, et refuse de céder à des clichés. La littérature « populaire » recèle des pépites, tel Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part de Gavalda, comme l’auto-édition en a aussi. A chacun de faire ses recherches et son tri.

Je ne m’étais jamais encore confrontée à la lecture d’un Musso, j’ignore réellement pourquoi. Sa popularité n’était pas un frein à mes yeux, aimant de temps à autre lire un Nothomb pour ne citer qu’elle. Je ne suis guère adepte de polars certes, mais cela ne me gêne pas d’en tenter la découverte de temps en temps. D’ailleurs, je voue un grand amour à feue Mary Higgins Clark, et lui ai dédié un article récemment: Histoire de livre #3: La Nuit du Renard (au revoir Mary Higgins Clark)

Autant dire que lorsque j’ai trouvé à la superbe librairie Rue des Bouquinistes Obscurs à Aix en Provence un ouvrage de l’auteur, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir enfin ses écrits. Et pour le coup, je suis bien partagée.

Le suspense est bien présent, impossible de le nier. J’ai adoré suivre le déroulement de la réflexion d’Alice, découvrir son histoire. Elle est liée à celle d’un tueur en série, responsable de la mort du bébé d’Alice et de son mari. On se demande quel est le rôle de ce fameux assassin dans l’imbroglio présent, on s’inquiète pour la principale protagoniste. Est-il responsable de la perte de mémoire d’Alice? Mais, avant tout qui est-il? Cet homme sans visage peut être n’importe qui… Se cache-t-il en réalité sous les traits de Gabriel? De Seymour, le collègue de notre héroïne?

De cet aspect là des choses, Musso a parfaitement réussi son coup, j’ai été incapable de lâcher l’ouvrage, je me suis dit qu’il me serait impossible de trouver le sommeil sans savoir ce qu’il était advenu du tueur.

Mais c’est au niveau de la forme que le bas blesse. Les flash-back censés expliquer le passé d’Alice sont certes nécessaires, mais arrivent de manière impromptue dans le récit. Le changement de narrateur choque, l’alternance ne semble guère travaillée.

L’écriture est correcte, sans plus. Niveau style, là où cela se veut lyrique et bien formulé, cela tombe hélas à plat:

« Il y a des moments dans l’existence où une porte s’ouvre et où votre vie dérape dans la lumière. de rares instants où quelque chose se déverrouille en vous. Vous flottez en apesanteur, vous filez sur une autoroute sans radar… »

L’idée est là, mais l’exécution manque de finesse à mon goût. Le phrasé est trop simple, on attend une envolée qui ne vient pas et le soufflé retombe. Alors, l’avantage certain est que le livre se lit vite du coup et que l’on ne butte pas sur des mots inconnus ou des formulations alambiquées, mais un peu plus de travail grammatical n’aurait pas gêné.

Mais surtout, ce qui coûte pas mal d’étoiles à l’ouvrage et justifie sa mauvaise note, c’est la fin. Je me refuse à spoiler pour ceux qui n’ont pas lu le livre, mais je tiens à souligner la hauteur de ma déception devant la résolution de l’intrigue. L’auteur avait une excellente base, les protagonistes n’étaient pas mal pensés, et on se retrouve devant un véritable gâchis. L’intrigue est résolue de manière ridicule, je pèse mes mots. Ca n’a ni queue ni tête, on se dit seulement que l’auteur se moque de nous… Ou ne savait pas lui-même comment finir son livre! Cela me fait songer à la fin de « Twilight » (oui, admirez le niveau), lorsque dans le film on réalise que tout le bordel final est le fruit de l’imagination d’Alice. Là, on n’en est pas loin, et cela manque de crédibilité. Dommage.

En conclusion:

Un thriller haletant et prometteur… complètement gâché par sa fin.

Source image de couverture: Central Park par « Excuse me I’m french »

Ils en parlent aussi:

 

 

5 commentaires sur “Central Park

  1. Ta chronique partait bien, notamment avec le suspense, ce qui est primordial dans un bon thriller puis les choses se gâtent que ce soit au niveau du style (ta citation ne donne pas très envie ) ou de la fin pas très originale ni convaincante… Dommage !
    Au passage, je partage ton aversion sur la manière dont certains s’octroient le droit de juger ce que l’on doit lire ou non…

  2. Perso, comme je crois te l’avoir déjà dit… J’ai adoré le premier roman que j’ai lu de Musso même si j’ai vu venir la conclusion (c’était 7 ans après). Je me suis alors décidée à lire les autres romans… Et j’en ai lu cinq ou six. Malheureusement, j’ai eu la sensation que l’auteur ne savait pas se renouveler, que sa première façon de faire se tenait et qu’il ne voulait pas en sortir.
    J’ai pris la décision, il y a quelques jours, de sortir tous les Musso de ma PAL et de les revendre (y compris les lus). Peut-être que j’y reviendrai un jour mais je n’ai finalement plus envie. Et ton avis sur ce roman que je n’ai pas lu me fait penser que je prends la bonne décision. 😉
    As-tu vu les films adaptés de ses livres ?

    1. En effet, on avait évoqué Musso lors de l’article Premières Lignes #81 sur « la Jeune fille et la nuit », que j’ai finalement reposé pour quelques mois plus tard me lancer dans la lecture de « Central Park ».
      Ces deux Musso a d’ailleurs rejoint ma boutique Rakuten, comme toi je les revends. Je ne souhaite garder dans ma bibliothèque que des ouvrages marquants… et ces deux là n’en sont pas.
      Et non, je n’ai pas vu les adaptations au ciné. Sont-elles bien? 🙂

      1. Peut-être pas « bien » mais si tu as le temps et l’occasion, ça reste assez fidèle à l’ambiance des livres… Quoi que l’adaptation avec Michael Youn en vedette est assez étrange. Disons que je ne m’attendais pas à le voir jouer dans une ambiance aussi sombre et dramatique.
        J’ai beaucoup de mal avec le cinéma français. 😳 Donc ça se laisse regarder mais sans être non plus du grand spectacle… Et comme c’est pas de la comédie ni même romantique, c’est assez bizarre. 🤔
        Si jamais tu franchis le pas, n’hésite pas à me faire un retour dessus.

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