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Au Bonheur des Filles

Au bonheur des fillesAuteure: Elisabeth GILBERT
Date de parution: février 2020
Nombre de pages: 428
Édition: Calmann Levy
Prix: 21,90 euros
Type: Littérature contemporaine
Où l’acheter: sur le site de l’éditeur, chez vos libraires, amazon
Note:

Résumé:

NEW YORK EST UNE FÊTE!

Du haut de ses 19 ans, Vivian sait déjà qu’elle ne veut pas du destin tout tracé par ses parents. Mais de sa bulle protégée, elle est loin de s’imaginer le tourbillon incroyable qu’est New York au début des années 1940. Alors, quand après un énième échec scolaire elle est envoyée chez sa tante Peg qui possède un théâtre en plein Times Square, Vivian n’en croit pas ses yeux. Entre la ville qui vibre sans cesse et la troupe d’artistes et de danseuses qui cohabitent joyeusement dans le théâtre, Vivian découvre l’exubérance, la fête et la liberté. Surtout auprès de sa nouvelle amie Celia, une sublime showgirl très émancipée pour l’époque… Mais un faux pas lors d’une virée nocturne fera hélas chavirer le nouveau monde de Vivian et la renverra à la case départ.

Quand on a goûté au bonheur d’être une fille libre, peut-on y renoncer ?

L’Avis d’Elodie:

Avant tout, je tenais à remercier Nicolas Hecht de chez Babelio et les éditions Calmann Levy pour l’envoi de cet ouvrage. Suite à des aléas postaux, je ne pensais plus le recevoir quand, il y a 20 jours, j’ai eu la joie de le découvrir dans ma boîte aux lettres.

Une fois déballé, ma joie n’a pas cessé. La couverture est tout bonnement superbe, le livre est très beau, broché, avec des rabats intérieurs. J’ai réalisé à cette occasion n’avoir que très peu d’ouvrages de cette maison d’édition chez moi, et au vu de la qualité déjà graphique du produit, je me dis que c’est une erreur et compte bien surveiller davantage les parutions de chez Calmann Levy.

 » Au bonheur des filles  » narre donc l’histoire de Vivian, qui se retrouve un jour projetée dans un monde qu’elle ne soupçonnait pas, celui du New York des théâtres. Le format est original, car Vivian parle par le biais de lettres à Angela, une demoiselle dont je ne révélerais pas l’identité. De cette manière, on se retrouve donc à la place de la fameuse Angela, et nous découvrons l’histoire de Vivian de cette façon. J’ai aimé cette prise de risque dans la narration.  User de la première personne est un exercice guère aisé, et l’auteure a donc compliqué encore l’affaire avec ce subterfuge des lettres. Mais c’est un exercice pleinement maîtrisé auquel se livre Elisabeth Gilbert, l’ensemble est réussi. La lecture est fluide, les chapitres s’enchaînent sans fausse note.

 » Passé un certain âge, nous vivons tous dans un corps constitué de secrets et de honte, de chagrin et de vieilles blessures jamais guéries. Notre cœur peu à peu s’endolorit, et se déforme pour épouser les contours de toute cette douleur — et pourtant d’une façon ou d’une autre, on continue à aller de l’avant. « 

L’ouvrage se déroule donc dans les années 40, et l’ambiance est d’avant et après guerre est merveilleusement retranscrite. Les descriptions sont soignées sans être alambiquées, on est facilement entraîné dans l’univers de la narratrice. Un univers qu’elle même découvre au début de l’ouvrage… Cette jeune fille de bonne famille, choyée et privilégiée, découvre lors de son séjour chez sa tante la liberté sous toutes ses formes. Elle papillonne, s’amuse, séduit et est séduite. L’histoire est légère, emplie de versatilité et de caprices au début, puis les pages se tournent, le ton change. Le temps passe, la gravité arrive. Les ennuis commencent aussi pour Vivian. Parce que jouer de son charme est risqué quand on a 20 ans dans un monde empli de faux semblants.

Dans les années 40, le comportement de Vivian est admis pour les hommes, non pour les femmes. Et oui, vous voyez revenir l’Elodie féministe. Aux Etats-Unis, le XIXe amendement de la Constitution garantit le droit de vote aux femmes dès 1920, mais les femmes sont quand même considérées comme de charmants objets décoratifs. Il faudra attendre 1963, John F. Kennedy, et un rapport sur l’égalité des sexes, pour évoquer de manière sérieuse les discriminations contre les femmes. Vivian est donc clairement au creux de la vague, et doit lutter contre des préjugés et des jugements envers un comportement qui ne tient que de la liberté individuelle. Malgré son caractère frondeur, elle devra céder et se couler un temps dans le moule de la fille de bonne famille. Elle devra obéir aux hommes qui l’entourent, du père au frère en passant par un potentiel fiancé.
Si l’ouvrage de Gilbert n’est pas vendu un porte étendard féministe, il évoque donc néanmoins en filigrane le combat d’une femme libre, qui demande simplement de pouvoir vivre sa vie comme elle l’entend et de s’approprier son corps. Une thématique encore bien actuelle dans notre société.

« Si j’avais su à l’époque ce que je sais maintenant, si j’avais soupçonné que nombre de ces magnifiques jeunes hommes allaient perdre la vie dans l’enfer du Pacifique sud ou sur les champs de bataille en Europe, j’aurais couché avec encore plus d’entre eux.
Si je te donne l’impression d’être facétieuse, crois-moi, il n’en est rien. Mes regrets sont sincères. Si j’avais su que tant de ces jeunes hommes seraient bientôt brisés, blessés, brûlés, condamnés, nous aurions encore plus profité de tout ce que la vie nous offrait. Je me demande où j’en aurais trouvé le temps, certes, mais je me serais démenée pour les caser jusqu’au dernier dans mon emploi du temps. »

J’ai apprécié la liberté de ton et d’attitude de Vivian. Certes, elle est parfois inconséquente, souvent égocentrique. Mais j’ai quand même aimé ce personnage si attachant, même dans ses défauts ou dans ses erreurs, et il y en aura! Mais dans l’ensemble, tous les personnages sont bien pensés:  que ce soit Vivian, Peg, Celia, ou Olive, tous les protagonistes sont travaillés et développés de manière fine, bravo à l’auteure.

Le livre est certes dense, mais il se lit aisément, et on tourne les pages frénétiquement, voulant savoir ce qu’il en est du destin de Vivian et des autres personnages…

En conclusion:

Un très joli Service Presse, un ouvrage pleinement réussi, à l’écriture enlevée et aux personnages efficaces. Je ne puis que conseiller!

Ces blogs qui en parlent aussi:

Source image de couverture: Photographie d’Edward Kasper pour la couverture du magazine Glamour.

 

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