Sorcière Moderne·Uncategorized

Sorcière Moderne #1: Mes références à l’écran

Bonjour à tous!

Depuis maintenant 2-3 ans, je m’intéresse à une mouvance, très liée au féminisme et donc à la politique. Les appellations sont nombreuses, j’ai choisi de nommer ma série d’articles avec le dénominateur le plus usuel: « Sorcière Moderne ».

Pas de balais et de bave de crapaud en vue, l’idée est plutôt de s’écouter davantage, de penser par soi-même, de s’imposer dans une société qui ne le souhaite pas toujours. Il y a aussi une volonté de se connecter à une spiritualité pas forcément imposée par une religion et de se baser davantage sur la Nature dans la vie quotidienne. A noter que ca vaut donc pour les femmes et les hommes confondus.
Il convient aussi de signaler que je ne sors pas de nulle part et que je ne suis pas seule dans mon délire. J’évoquais la notion de mouvance avant, pour ne pas dire communauté: Les hashtag #witchofinstagram et #witchcraft référencent ainsi plus de 3,5 millions de posts sur Instagram!

Je vais être claire: cette série de chroniques (car il y aura d’autres articles) a pour fil conducteur l’envie aussi de creuser les notions sœurs de féminisme et de sorcellerie. Impossible de séparer la crainte de la sorcière avec le rejet durant des siècles de la figure de la femme de pouvoir, et j’avais envie d’évoquer par le biais de la culture pop comment ces archétypes se sont construits, et qu’est-ce qui s’en est dégagé dans notre société actuelle.

Mais avant tout, il convient de poser les bases!

Les origines de ma fascination pour le personnage de la sorcière

Quand j’ai commencé à m’intéresser au mythe de la sorcière, je devais être vraiment toute petite. Les personnages de méchantes m’ont toujours fascinée, et je me rappelle avoir ainsi déstabilisé ma grand-mère qui me narrait « La Belle au Bois Dormant » en lui demandant pourquoi Maléfique était méchante. J’ai du attendre le film éponyme et la série « Once Upon A Time » pour avoir un début de réponse, et franchement, c’est long.

Mais ce qui me plaisait dans le personnage de la sorcière, au fond, c’était sa puissance (bonjour gamine avec fort caractère!). Enfin, il y avait des personnages de femmes fortes, craintes, respectées non pas pour leur beauté mais pour leur capacité à régner, même si c’était sous le régime de la terreur. A noter d’ailleurs que les princesses de Disney ne règnent jamais. Les méchantes reines, souvent sorcières, oui. De quoi titiller mon imagination d’enfant.

La sorcière dans les séries

C’est par les séries que mon intérêt envers les dames à chapeau noir s’est réaffirmé. Dans les années 90-2000, de nombreux soaps sont sortis avec comme thématique le surnaturel, et certains étaient excellents.

Mais avant ca, je me dois d’évoquer le premier d’entre tous, qui n’a pas attendu les années 90: « Ma sorcière bien aimée« . La série date de 1964,  donc bon, c’était misogyne, la femme mentait à un mari qui était sacrément naïf en plus d’avoir comme caractéristique première de ne rien, mais RIEN faire pour son épouse ou la maison. Mais le générique est culte, et c’est la première fois qu’on voit une sorcière jolie et blonde (ça a son importance), et gentille, aussi.

Ensuite, bien sûr, il y a eu « Sabrina« . Digne héritière de Samantha-Bien-Aimée, le personnage incarné par Mélissa Joan Hart était tout aussi niais et blond. Ici aussi, la demoiselle a des pouvoirs mais n’est pas méchante. La métaphore un peu grossière de l’adolescence à travers les difficultés de Sabrina à gérer ses pouvoirs, le peu de jeu des acteurs a certes desservi la série, mais elle a posé des bases nécessaires et sa popularité inattendue à l’époque a permis la création de pépites. A noter que le « remake » actuel est mille fois mieux, et n’a en commun avec la série originelle que le prénom de l’héroïne!

Ensuite, dans la catégorie naïf mais nécessaire, je me dois de citer « Charmed« . Oui, à partir de la saison 2, les actrices étaient plus occupées à faire leur pub perso à grand renfort de décolletés et à se crêper le chignon que de travailler leur jeu. L’arc narratif de la saison 2 est semblable à celui de la 7. Les méchants (Zankou ou la Source) sont bien similaires…
Mais en creusant un peu sous les clichés, on peut trouver de belles qualités à cette série. Notamment dans un féminisme certes très, très hésitant, mais néanmoins présent dans la série. J’insiste, il est faible, balbutiant, mais il est là. Les femmes évoquées ne sont pas juste épouses ou mères, voir aucun des deux. Non, les femmes montrées travaillent et ont du succès dans leur carrière et en plus qui se battent contre les démons tout en restant sympathiques. Une avancée.
Est mis également en avant dans « Charmed » la notion de sororité, mot primordial dans la pensée moderne de la sorcière. Les femmes sont sœurs, amies, cousines, et surtout, elles n’ont pas besoin des hommes pour se débrouiller. Pour l’ado de 15 ans que j’étais, c’était un exemple important.

Dans « Buffy« , la meilleure amie de l’héroïne éponyme est Willow, une sorcière. En plus d’être une personne attachante avec des valeurs, elle est puissante et courageuse. Dans une société peu ouverte d’esprit, elle ajoute au fait d’être une sorcière son homosexualité. Ce personnage a été avec sa compagne Tara le premier couple lesbien sur petit écran, preuve de l’importance et de la qualité de la série.

Plus tard, dans « Supernatural« , on a pu découvrir durant deux saisons un personnage bien conçu et novateur. La sorcière-démon Ruby, bien que négatif au final pour les héros, était en effet passionnant. On s’est retrouvé devant une femme forte qui aide les héros (les manipule aussi), mais non devant une faible femme qui a besoin de soutien.

On peut également citer Mélisandre dans « Game of Thrones » ou Bonny dans « Vampire Diaries » dans la thématique sorcières de série télé qui prennent leur vie en main et qui ne se laissent pas marcher sur les pieds!

Les sorcières sur grand écran

Comment ne pas évoquer la meilleure d’entre nous, au point qu’elle nous agace, c’est-à-dire Hermione dans « Harry Potter » (vous ne pensiez quand même pas échapper à cette référence, si?) On ne va pas y aller par quatre chemins: à l’instar de « sans Sam, pas de Frodon, pas d’Anneau détruit », on peut dire que « sans Hermione, pas d’Harry, pas de Voldemort détruit ». Impossible de compter les fois où Hermione sauve la peau de ses camarades et se montre emplie d’un bon sens qui semble complètement manquer chez tous les autres personnages. Du filet du Diable à Nagini, elle intervient toujours au bon moment, a toutes les réponses à des questions qu’on ne se pose même pas… Une sorcière et une jeune femme forte, un super exemple pour les adolescentes qui ont lu la saga!

Autre personnage de sorcière fascinant, Yububa dans « Le Voyage de Chihiro« . Certes, elle transforme les parents de Chihiro en cochons. Mais je n’arrive pas à détester cette sorcière laide qui a tous les archétypes de la méchante… Justement parce que c’est trop grossier pour un film de Miyazaki. Pour citer les Inrocks (lien en fin d’article), « Yubaba est moins un personnage de méchante qu’une intensification des épreuves de la vie. Confrontée à ses sorts, dans une condensation inouïe du temps, Chihiro éprouve toutes les émotions d’une vie humaine (deuil, perte, découverte du travail, puis de l’amour). » La sorcière comme allégorie de l’existence humaine, il n’y a que le réalisateur japonais qui pouvait avoir cette finesse. Yubaba est pour moi un personnage fondateur dans le mythe de la sorcière, car il use des clichés pour les déconstruire.

Je l’évoquais en début d’article, il a fallu attendre 2014 pour avoir l’histoire complète de la méchante la plus iconique de chez Disney, « Maléfique« . Incarnée par une Angélina Jolie magnétique, le film certes est très gentillet, cela reste une production de la marque aux grandes oreilles. Mais il a le mérite de mettre en valeur une méchante dans un film pour enfants, une première chez Disney, de lui trouver des « excuses », de la rendre plus humaine, plus attachante. Certains ont crié au scandale. Moi je me suis attendrie.

La sorcière que j’ai trouvé la plus renversante ces dernières années au cinéma, c’est bien Angélique Bouchard, jouée par Eva Green dans « Dark Shadows » en 2012. Oui, le film n’est pas inoubliable, et n’égale pas à mes yeux le mythique « Sleepy Hollow ». Mais le film s’amuse intelligemment avec la notion de féminisme.
Le héro Barnabas, alias Johnny Deep, est constamment entouré de femmes qui dominent. La sorcière Angélique aime Barnabas, qui rejette sans gêne ses sentiments et qui l’utilise. De victime, elle se transforme en agresseur en le transformant en vampire et en l’enfermant dans un cercueil. Angélique est une femme qui n’hésite pas à user de sa puissance magique comme financière, et qui donc en est inquiétante… Pire encore, elle joue de ses charmes avec violence, ce qui est d’autant plus inquiétant pour un héro porte étendard d’une société patriarcale perdue devant tant de virulence!  L’actrice Eva Green se déshabille devant la caméra sans jamais être vulgaire, l’affirmation de sa sexualité est renversante en face d’un Johnny Deep hésitant, bravo à Burton pour ce personnage!

Voilà pour cette chronique engagée qui, je l’espère, vous aura plu!
La prochaine sur ce thème paraîtra probablement dans 5-6 semaines.
A bientôt!

Les propos qui m’ont inspirée:
Source image de couverture: sivanayla.com
Gifs venant de Giphy.com

 

7 commentaires sur “Sorcière Moderne #1: Mes références à l’écran

  1. Oh j’ai hâte de voir tes prochains articles. Je n’ai jamais ressenti le besoin de m’interroger sur ce qui pouvait se cacher derrière des personnages. J’ai toujours tout pris comme ça venait.
    Merci pour cette matière à réflexion. 😊

  2. Intéressant, par contre pour moi « Maléfique » dans le film éponyme n’est pas « méchante », c’est une gentille (à la rigueur elle fait un truc méchant dans le film, et encore c’est sous le coup de la colère)

    1. « Maléfique » est un personnage négatif dans le dessin animé, non dans le film éponyme, je suis d’accord!

      Et ca me va assez, qu’une sorcière ne soit pas forcément une méchante, c’est aussi un des points que je tenais à souligner dans cet article qui traite principalement que souvent, une femme de puissance est une sorcière / méchante / à rejeter 😉

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