Actualités·Premières Lignes

Premières Lignes #123: Top ou Flop?

Basé sur une idée de Ma Lecturothèque, il s’agit de citer les premières lignes d’un livre pris dans sa bibliothèque. Cela vous permet de découvrir l’univers d’un auteur et qui sait de vous donner envie de lire l’ouvrage, et de mon côté, de sortir des livres de ma PAL ou de me replonger dans des vieux livres et de les relire, qui sait? Le concept m’a fait songé au Test de la Page 99, précédemment évoqué dans un article du Baz’Art, et j’y ai immédiatement adhéré!

Pour ce cent-vingt-troisième rendez-vous, j’avais envie de m’amuser un peu, et de faire mon top et flop des 122 autres Premières Lignes déjà publiées. Pourquoi faire cela pour les 123ème et pas les 150 ou 200? Eh bien… Parce que je trouvais ce nombre joli, voilà tout ^^

Le TOP

« Novembre 2118.

Les rires et la musique s’éteignaient peu à peu au 1000e étage tandis que la fête se délitait et que même les plus bruyants des invités gagnaient les ascenseurs pour rentrer chez eux. Les fenêtres sol-plafond formaient encore des rectangles d’obscurité veloutée alors que le soleil se levait au loin, peignant l’horizon d’ocre, de rose pâle et d’or nacré.

Puis un cri déchira le silence comme une fille dégringolait dans le vide, son corps chutant de plus en plus vite. »

Ces Premières Lignes, je les trouve tout simplement époustouflantes. Les descriptions sont superbes, très détaillées et poétiques, et l’horreur arrive brusquement, sans transition. On est entraîné directement dans l’action, et quelle action! Bravo à l’auteure, vraiment!

« Condamné à mort!

Voilà 5 semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids!

Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours  fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre. 

Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude: condamné à mort!«

Là aussi, l’ouvrage commence par une fin, et une tragique. Ce procédé fonctionne parfaitement dans le cadre de Premières Lignes pour instaurer le suspense. Et bien sûr, le grand auteur qu’est Hugo maîtrise parfaitement ce début, et nous livre un commencement d’ouvrage absolument incroyable.

«  A l’ouest d’Arkham la montagne devient sauvage avec des vallées dont nulle hache n’a jamais troublé les bois profonds.  Il y a des ravins sombres et abrupts où les arbres poussent avec des formes fantastiques, et où coulent de maigres ruisseaux qui n’ont jamais reçu un rayon de soleil. Sur les pentes plus douces on trouve d’anciennes fermes et des cottages couverts de mousse, tassés contre la roche, comme s’ils couvaient à jamais les secrets de la Nouvelle-Angleterre sur le rebord des abîmes; mais ils sont tous abandonnés maintenant, leurs larges cheminées s’effondrent, et les bardeaux des murs gonflent dangereusement sous les toits brisés.«

LOVECRAFT arrive à créer une ambiance anxiogène et l’on ne peut pas poser l’ouvrage avant d’en avoir terminé. Ces premières lignes montrent bien la science de la formulation et la magie des mots que sait créer LOVECRAFT. L’atmosphère décrite est incroyablement forte, et les descriptions puissantes.

Le FLOP

« SCENE 1 –  EXT. NUIT, QUELQUE PART EN EUROPE, 1926

Un grand château isolé, à l’abandon, émerge de l’obscurité. La caméra cadre une place au sol recouvert de pavés devant le bâtiment sinistre, silencieux, enveloppé de brume. 

Cinq Aurors, debout, la baguette brandie, s’approchent précautionneusement du château. Une soudaine explosion de lumière d’une totale blancheur les projette dans les airs. 

Un panoramique filé s’arrête sur les corps dispersés, étendus immobiles à l’orée d’un vaste parc. Une silhouette ( GRINDELWALD) entre dans le champ, dos à la caméra. Indifférent aux corps, le personnage contemple le ciel nocturne tandis qu’un panoramique ascendant monte vers la lune. «

Que dire de la transcription d’un film? Ces Premières Lignes sont trop froides, de par le format même,  on ne peut guère profiter du style de ROWLING, et ce début en dévient décevant.

» A l’âge de six jours Marie Stuart est reine d’Ecosse: dès le commencement de sa vie s’accomplit la loi de son destin qui veut qu’elle reçoive tout trop tôt de la fortune pour pouvoir en jouir correctement. Lorsqu’elle vient au monde au château de Linlithgow, en ce sombre jour de décembre 1542, son père Jacques V agonise dans un château voisin, à Falkland: il n’a que trente et un ans et cependant il est déjà écrasé par la vie, las de la lutte, las de la couronne. C’était un homme brave, chevaleresque et naguère d’humeur joyeuse, un ami passionné des arts, des femmes et un roi familier de ses sujets: souvent, on l’avait vu sous un déguisement aux fêtes de village, où il dansait et plaisantait avec les paysans; il était l’auteur de plusieurs chansons ou ballades qui lui survécurent longtemps dans la mémoire du peuple. «

Cet ouvrage est une biographie, difficile donc de commenter un style qui somme toute est assez classique. L’ennui est que Stefan ZWEIG, plume pourtant renommée, n’a pas su instiller un peu de suspense et d’allant dans une écriture plutôt banale, et se cantonne au documentaire. Et c’est bien dommage.

» Les gouttes, de plus en plus grosses, s’écrasaient sur mon pare-brise. Les essuie-glaces grinçaient et moi, les mains crispées sur le volant, je grinçais tout autant intérieurement… Bientôt, les trombes d’eau furent telles que, d’instinct, je levai le pied. Il ne manquerait plus que j’aie un accident! Les éléments avaient-ils décidé de se liguer contre moi? Toc, toc, Noé? Qu’est-ce que c’est que ce déluge? »

Ces Premières Lignes ne m’ont pas enthousiasmée. Le style à mon goût est trop simple et facile à lire, l’introduction très classique… et je n’ai guère aimé le passage de « toc toc noé! » que j’ai trouvé un peu ridicule. Lever les yeux au ciel dès la quatrième ligne d’un ouvrage, c’est mauvais signe…

Et vous, quels sont les meilleurs / pires débuts d’ouvrages que vous ayez lu?

Bises livresques,
Elodie

Source image de couverture: https://www.instagram.com/theslowtraveler/

7 commentaires sur “Premières Lignes #123: Top ou Flop?

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