Dystopie·Fantasy et Fantastique·Livres

La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur

Hunger GamesHunger Games - La ballade du serpent et de l'oiseau chanteurAuteure : Suzanne COLLINS

Année : mai 2020

Édition : PKJ

Nombre de pages : 560

Pour l’acheter : dans toutes les bonnes librairies ou sur n’importe quel site de vente en ligne, Pocket Jeunesse Editions

Note : 5/5

 

IMPORTANT: J’ai essayé de ne pas spoiler de manière brutale, le livre venant à peine de sortir. Néanmoins, si je ne dévoile pas l’intrigue complètement, certaines allusions et commentaires pourront vous aiguillonner dans la bonne direction et vous donner des indices sur le devenir des personnages. Vous êtes prévenus! ^^

Résumé:

Dévoré d’ambition
Poussé par la compétition
Il va découvrir que la soif de pouvoir a un prix

C’est le matin de la Moisson qui doit ouvrir la dixième édition annuelle des Hunger Games. Au Capitole, Coriolanus Snow, dix-huit ans, se prépare à devenir pour la première fois mentor aux Jeux. L’avenir de la maison Snow, qui a connu des jours meilleurs, est désormais suspendu aux maigres chances de Coriolanus. Il devra faire preuve de charme, d’astuce et d’inventivité pour faire gagner sa candidate.
Mais le sort s’acharne. Honte suprême, on lui a confié le plus misérable des tributs : une fille du district Douze. Leurs destins sont désormais liés. Chaque décision peut les conduire à la réussite ou à l’échec, au triomphe ou à la ruine. Dans l’arène, ce sera un combat à mort.
Pour assouvir son ambition, Coriolanus parviendra-t-il à réprimer l’affection grandissante qu’il ressent pour sa candidate, condamnée d’avance ?

L’Avis d’Elodie:

Petite intro:

Hunger Games est une dystopie, dont le premier tome est sorti en 2009. Une dystopie, c’est un récit de fiction qui décrit un monde utopique sombre, pour reprendre la définition du Petit Robert (oui, je consulte ce dico, vous devriez faire pareil).

L’auteure Suzanne Collins a écrit une trilogie, dont le synopsis est assez simple. En quelques mots, l’histoire a lieu dans un futur apocalyptique. Les protagonistes vivent au sein d’une nation nommée Panem ( clin d’oeil au fameux Panem et circenses, du pain et des jeux). Le gouvernement, dirigé par le président Coriolanus Snow, est basé au Capitole et opprime 13 districts. Chaque année a lieu les « Hunger Games«  : chaque région a le devoir d’envoyer deux adolescents afin qu’ils s’affrontent tous jusqu’à qu’il n’y ait qu’un seul survivant. L’idée est rappeler ainsi la domination du Capitole sur Panem.

Si j’évoque « Hunger Games », c’est parce que « La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur » est un préquel de cette saga. Je dois avouer que quand j’ai appris que l’auteure s’était lancée dans la rédaction d’un nouvel opus, j’ai eu un peu peur. Souvent les préquels / suites sont prétextes à gagner davantage d’argent et renouvellent peu l’univers précédemment crée. Heureusement, mes craintes ont été vite dissipées…

L’ouvrage:

On suit dans ce livre Coriolanus Snow, le « méchant » de la trilogie. On le rencontre alors que les Hunger Games n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements, et que Snow lui même n’est qu’un adolescent. Il devient mentor de Lucy, une habitante du district 12.

Un temps, j’ai eu peur d’une amourette niaise entre le garçon pauvre mais de bonne famille et la rebelle. Si certes une romance se noue, elle est sacrément ambigüe et délétère. Difficile d’aimer quand la personne sert vos intérêts (une victoire de Lucie permettrait à Coriolanus de monter en grade dans la société) et quand ladite personne paierait de sa vie un échec… L’amour ressenti par Coriolanus est indissociable de ses ambitions et arrive à point dans une tactique léchée. Idem pour son amitié envers Sejanus Plinth, dont il se rapproche un peu malgré lui et qui lui est utile.

L’auteure nous brosse donc un Coriolanus semblable à celui qu’on attendait: un manipulateur né, un être rusé qui ne se préoccupe que de ses propres soucis. Néanmoins, je n’ai pu m’empêcher de m’attacher au personnage.  Suzanne Collins a eu l’intelligence d’expliquer le pourquoi du comment, de contextualiser ce comportement condamnable. Dans une société qui sort à peine de la guerre, Coriolanus est un orphelin a qui il ne reste qu’un appartement en ruines, une cousine épuisée et une grand mère sénile. Son seul avantage est un nom prestigieux, atout qu’il perdra au moment où ses congénères comprendront qu’il est en réalité pauvre. On se retrouve donc, une fois ces éléments posés, à comprendre et un peu excuser le comportement machiavélique de Coriolanus, qui use des seules armes qui lui restent.

Vient alors la question de la limite. Jusqu’où aller pour vivre mieux? Entre l’omission et le mensonge, il n’y a qu’un tout petit pas, et à Panem, un mensonge peut vous conduire au meurtre de manière bien rapide… Les questionnements éthiques auxquels est confronté Coriolanus font écho dans l’ouvrage à ceux suscités par les Hunger Games. Les « jeux » n’en sont qu’à leur début, alors notre héros et ses camarades sont invités à réfléchir dans le cadre de leurs études à comment peaufiner ce spectacle de mort. Mettre en place des paris, des dons, faire participer les spectateurs, proposer des interviews des challengeurs… Autant d’éléments qu’on retrouvera dans la trilogie « Hunger Games ». Le Docteur Gaul, une des enseignantes, encouragera ses élèves à réfléchir aux notions d’ordre et de chaos, et dépassera elle-même allégrement la ligne invisible de l’éthique à maintes reprises.

Niveau personnages, tous sont très bien travaillés. Le Docteur Gaul précédemment évoqué est incroyable, elle fait une « méchante » formidable, constamment à la lisière de la folie. Sejanus Plinth représente ici la morale, et sa fin tragique est une formidable apothéose pour le roman. Dans la logique dystopienne de Suzanne Collins, il ne pouvait finir autrement. Sa naïveté au sein d’un monde aussi dur est agaçante, on se retrouve en train de grogner envers le personnage représentant le bien, ironie, et cela prouve la malice et l’intelligence de la plume de l’auteure. Lucy Gray, la concurrente du district 12, est constamment dans un basculement, à la fois fascinante et séduisante, mais peut être aussi manipulatrice et dangereuse… Difficile de se forger un avis sur les personnages mis en avant, on est tout le temps entre lumière et ombre, rien n’est clair et c’est cela qui est savoureux!

Niveau rythme, les deux premières parties ont été géniales, bien que l’épreuve en elle même m’a parue un peu rapide… Surement en comparaison avec une troisième partie inégale qui s’est même montrée poussive par instants. Avant un final certes convenu, mais néanmoins absolument réussi !

J’ai aimé les clins d’oeil à la trilogie originelle. Lucy ramasse un moment du katniss, une plante qui donnera son nom à l’héroïne des autres livres. La passion de la grand mère de Coriolanus envers ses roses est évoquée à maintes reprises, roses entêtantes qui seront la signature du Président. Les geais moqueurs sont eux aussi présents, on découvre pourquoi Coriolanus les hait (peut être une forme de mea culpa?)… Ce genre de petits détails font tout l’intérêt et la saveur du préquel!

En conclusion:

J’ai vécu un très beau moment de lecture avec cet ouvrage que j’ai dévoré en deux jours! Si je ne peux nier quelques défauts de rythme et des facilités scénaristiques, je me suis prise au jeu et me suis retrouvée à comprendre les actions d’un grand méchant de la littérature dystopique. Suzanne Collins a toujours une plume remarquable, et chose exceptionnelle, j’espère donc qu’elle écrira d’autres romans sur cet univers incroyable!

Ces blogs qui en parlent aussi:

Et il y a aussi bien sûr le tag Puisse le sort vous être favorable … crée par Muffin and Books, auquel j’ai répondu ici !

 

2 commentaires sur “La Ballade du serpent et de l’oiseau chanteur

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