Livres·Young Adult

Nos horizons infinis

Nos horizons infinis par MafiAuteure : Tahereh MAFI

Année : avril 2020

Édition : Michel Lafon

Nombre de pages : 306

Pour l’acheter : dans toutes les bonnes librairies ou sur n’importe quel site de vente en ligne

Note : 4/5

Résumé:

2002. Un an après les attentats du 11 septembre qui ont ébranlé le monde entier, la vie de Shirin est un enfer. Pointée du doigt, insultée, menacée, cette lycéenne d’origine iranienne n’a pour seules échappatoires que la musique et la breakdance.
Jusqu’au jour où elle rencontre Océan James. L’intérêt que lui porte le jeune homme la déstabilise… D’autant que les deux adolescents viennent de deux mondes que tout oppose.

L’Avis d’Elodie:

Avant tout, je tenais à remercier les éditions Michel Lafon et Camille Groelly pour l’envoi de cet ouvrage, j’ai été ravie de le découvrir. Même s’il s’agit d’un service presse, mon avis reste néanmoins neutre, et écrire une chronique sur le sujet a été d’autant plus facile que j’ai sincèrement apprécié cette lecture!

J’ai postulé pour ce SP car un ouvrage évoquant le racisme aux USA, même un roman pour ados, me paraissait malheureusement ancré dans notre quotidien actuel. A noter que l’ouvrage « The hate u give » est d’ores et déjà dans ma PAL et sera encore plus pertinent par rapport au mouvement « Black Lives Matter ».

Tahereh MAFI est une auteure américaine dont les parents sont iraniens, comme l’héroïne de son livre. De là à dire qu’il y a une part d’autobiographie dans son ouvrage, c’est un pas que je franchis allégrement, tant ses mots portent, tant ses propos vibrent de force. On ressent les émotions de l’héroïne de l’ouvrage avec tellement de puissance, qu’on se doute bien que ces sentiments sont excellemment bien écrits parce qu’ils ont été vécus.

Le premier chapitre débute avec le récit de la part de l’héroïne Shirin d’une journée au lycée. Elle est nouvelle, ses parents venant de déménager. Une situation déjà malaisante… Mais qui est amplifiée par des regards torves, des sursauts, des murmures. Voir des commentaires désobligeants et du mépris de la part même des personnes censées lui venir en aide, c’est-à-dire les professeurs. Et ce qui suscite toute cette rancœur a un nom: le racisme. Car Shirin porte un voile, et l’histoire se déroule un an tout juste après le 11 septembre.

Les mots que nous lisons sont ceux de Shirin, le récit est à la première personne du singulier. On se projette donc complètement dans son quotidien, on vit avec elle les maltraitances incessantes qu’elle subit. A la différence qu’en tant que lecteur, on se révolte, on est surpris, alors que la narratrice elle est tout simplement habituée et lassée. Et même ce sentiment est choquant… Elle a vécu tellement de coups bas à cause d’un foulard qu’elle ne réagit plus.

Grâce à son frère, elle découvre la pratique du breakdance, et s’épanouit dans ce sport. Un cliché supplémentaire est savamment déconstruit (a priori Shirin ne devrait pas s’intéresser à ce sport), et des questions que souvent les gens se posent sont évoquées via cette activité: l’autorisation de faire du sport, les sorties le soir, les contacts avec les garçons, le port du voile au sein d’une activité dynamique, le risque de montrer ses cheveux etc.

Shirin rencontre en même temps Océan, garçon populaire et beau gosse. Autant dire que j’ai immédiatement froncé les sourcils, surtout que le coup de la bousculade comme premier contact est un peu surfait. Et le délire très shakespearien de « tout les oppose, mais pourtant… » ne me convainquait guère de prime abord.

Néanmoins l’auteure a su ménager ses effets, en évoquant les doutes de Shirin, ses appréhensions, la souffrance quotidienne de rejeter un garçon qui lui plaît puis la douleur, une fois le couple formé, de le voir critiqué par ses amis à lui. A souligner que le rejet ne vient pas de la famille de Shirin, contrairement aux clichés.

Niveau rythme, les événements s’enchaînent bien, le livre est fluide.

Je me suis attachée aux deux personnages, tout en craignant le pire. Devant tant d’obstacles, comment vivre une relation apaisée et durable? Et le final m’a surprise. Il n’est pas incohérent, le récit est bien mené et la conclusion acceptable. Mais la maturité de l’héroïne m’a déboussolée. A 17 ans, personne ne réagit avec tant de calme devant les méandres amoureux. J’en reviens à mes soupçons d’autobiographie. Je pense que le livre est l’histoire de l’auteure. Mais si durant tout le récit, la dame de 32 ans évoque avec tendresse son amour de jeunesse en usant du ressenti de ses 17 ans, à la fin elle a oublié de s’effacer au profit de son héroïne.

Du coup, la fin m’a laissée une impression mitigée. J’aurais aimé en savoir davantage sur ce qui arrive à Océan et Shirin. Et le comportement de Shirin m’a laissée dubitative, vous l’aurez compris!

En conclusion:

C’est un ouvrage qui évoque intelligemment la question des a priori et du rejet, pour ne pas dire du racisme, dans la société. L’histoire se passe aux Etats-Unis, mais clairement ce récit aurait pu se passer dans n’importe quel pays.

Il s’agit d’un livre adolescent bien pensé, qui m’a motivée à m’intéresser aux autres ouvrages de l’auteure!

 

2 commentaires sur “Nos horizons infinis

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s