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Choisir un livre: les différents styles de l’imaginaire – Fantastique et Fantasy

Au fur et à mesure de cette longue série d’articles ( 8 au compteur pour le moment!), j’ai réalisé que pour choisir un livre, il faut déjà comprendre ce qu’on aime, et quel type d’univers nous attire. Pour cela, quelques définitions s’imposent…

Aujourd’hui, j’avais envie d’évoquer mes deux genres favoris en détail: fantastique et fantasy! Qu’on soit bien clairs: ici j’ai l’intention de faire de la vulgarisation, non de donner des définitions pointues. A noter que certains ne catégoriseront pas comme moi les livres évoqués. Beaucoup en effet considèrent « Le Seigneur des Anneaux » comme de l’Heroic Fantasy, alors que je l’ai classé dans la « High Fantasy »… Ces genres littéraires étant vivants et évoluant tous les jours, je peux concevoir que ma vision des choses ne soit pas forcément partagée par tous!

Différencier Fantasy et Fantastique

Mon moyen mnémotechnique pour me rappeler de la différence entre fantastique et fantasy est basé sur « Harry Potter » (cela vous surprend?). Je pense aux « Animaux Fantastiques », et à la présence de Moldus dans le récit. Ainsi, je me remémore que Fantastique équivaut à l’irruption de l’irréel, de la magie, dans notre réalité, alors que Fantasy correspond à un univers totalement inventé, où rien de magique n’est donc surprenant, car acquis de base.

La notion de surprise est primordiale dans le Fantastique. Autre exemple, plus imagé et dialogué cette fois ci, avec ce sieur, appelons-le Robert:

once upon a time dragon GIF by HULU

Option 1, on est dans un roman Fantasy:
Oh purée, qui a encore oublié de donner à manger à Robert? Il est de mauvais poil là! (tout est normal, c’est un -gentil- animal de compagnie)

Option 2, on est dans un roman Fantastique:
Un d… un dra… un DRAGOOOON! C’est impossible, je rêve / suis sous substances / devant un film avec effets spéciaux. (Surprise et rejet)

J’ai conscience des faiblesses de ma définition, mais c’est une méthode aisée pour différencier de manière grossière!

Les récits Fantastiques

Je l’ai dit, le Fantastique se caractérise par l’irruption de l’irréel dans un cadre réaliste. Cette irruption crée un effet de surprise, une hésitation sur ce qui est possible ou non.

Ce doute crée plusieurs types de récit:  « Si l’explication (de l’événement surprenant) est rationnelle, on parle d’étrange ; si elle est naturelle, on parle de merveilleux ; si elle est magique, on parle de fantasy et si elle est scientifique on parle de science-fiction. » (source: Monde.Fantasy.com)

Ce genre peut ensuite être classé en plusieurs sous-genres :

Le gothique anglais se caractérise par des phénomènes surnaturels mis en avant dans le roman, ainsi que la présence de monstres et fantômes. La dimension horrifique est beaucoup mise en avant.
Exemple: « Zofloya ou le Maure » de Charlotte Dacre

– le fantastique victorien est lui lié au mouvement romantique qui prend son élan en même temps, et allie à une atmosphère élégante britannique l’irruption de l’étrange.
Exemple:  « Le Portrait de Dorian Gray » d’Oscar Wilde.

– L’Uchronie repose sur une réécriture de l’Histoire à partir de la modification du passé.
Exemple: Le maître du haut château de Philip K.Dick

awesome seth meyers GIF by Saturday Night Live

Les récits Fantasy

Selon André François Ruaud, dans son ouvrage Cartographie du merveilleux, le premier récit Fantasy est l' »Illiade » d’Homère. Cela me fait donc doucement rire quand des gens refusent de toucher à des livres fantasy car c’est « trop moderne » (prononcez avec une intonation snob svp).

L’essor de la Fantasy a eu lieu début 20e avec notamment « Bilbo » en 1937, puis le « Seigneur des Anneaux » en 1955, qui contribuèrent à créer les bases d’archétypes encore repris aujourd’hui.

On peut définir la Fantasy comme un récit dans lequel le merveilleux, l’irréel, la magie sont acceptés sans condition de la part des protagonistes et du lecteur.

Ce genre peut ensuite être classé en plusieurs sous-genres :

– L’Heroic Fantasy est centré sur un héro censé sauver le monde d’un danger.
Exemple: « La Belgariade » d’Eddings

– La Dark Fantasy met en avant un univers apocalyptique, dans lequel le héro doit combattre des forces négatives. Sans vouloir généraliser,  les récits de ce type finissent mal!
Exemple: « Légende » de David Gemmell

– La High Fantasy évoque souvent la quête initiatique d’un groupe de protagonistes dans un univers aux relents moyenâgeux. Le but est généralement de sauver le monde dans lequel ils évoluent.
Exemple: « Le Seigneur des Anneaux » de Tolkien

– La Light Fantasy est une fantasy humoristique, évoquant les clichés du genre.
Exemple: « Les annales du Disque-Monde » de Terry Pratchett.

– La Fantasy urbaine lie magie et technologie, créatures fantastiques ou surnaturelles vivant en milieu urbain au milieu des hommes, et ce à une époque assez contemporaine.
Exemple: « Artemis Fowl » d’Eoin Colfer

this is fantasy GIF

Mon Top 3

Je me refuse de citer « Harry Potter » ou « Le Seigneur des Anneaux » (et le fais donc quand même par le biais de cette phrase!) pour évoquer 3 romans trop souvent mis de côté.

« Kushiel » de Jacqueline Carey est un des mes grands coups de coeur littéraire de ces dernières années. Évidemment, j’ai choisi d’inaugurer ce top avec un ouvrage difficile à classifier… ce qui en fait toute la saveur! Il s’agit pour moi d’une uchronie, mais plus fantasy que fantastique. L’érotisme a une part importante dans l’ouvrage, et peut constituer un genre en soi. Bref, par cet ouvrage, je montre bien les limites de mon article, et à quel point il est difficile de classer un ouvrage!

Phèdre nó Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant.
Habitant désormais la demeure d’un haut personnage de la noblesse, pour le moins énigmatique, elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes.
Rien ne paraît pourtant lui promettre un destin héroïque. Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie, Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

« Le dit de la Terre Plate » de Tanith Lee, auteure méconnue en France car peu traduite, est pour moi une saga pilier du genre « Dark Fantasy ». Conté comme les « Mille et Une Nuits », on découvre un univers atypique où la terre est plate et les démons errant pour semer la désolation…

Sivesh, l’enfant mortel, a bien de la chance : le Maître des Ténèbres en personne l’aime comme un fils et lui donne tout ce qu’un simple humain peut souhaiter. Pour le satisfaire, il a fait pousser la belle Ferajin, Fille-de-Fleur. Mais Sivesh grandit, il veut connaître la Terre des hommes et vivre sa propre vie. Le Maître des Ténèbres accepte ; il n’oubliera pas de se venger. Comme tous les démons, il aime torturer les hommes par des enchantements et des cauchemars ; pour lui, c’est un jeu. Bientôt il ne reste plus à Ferajin que ses yeux pour pleurer. De là naît le collier des sept larmes, qu’on ne peut voir sans le désirer et qu’on ne peut désirer sans tuer celui qui le détient. Alors la malédiction se répand de proche en proche, dansant sur toute la Terre une sarabande endiablée.

– « La Passe Miroir » de Christelle Dabos est une saga merveilleuse, écrite par une auteure française. Il s’agit de fantasy, difficile de fixer un sous-genre. L’idée forte de l’ouvrage est de proposer à la place des pays des  « arches », sortes d’îles flottant dans les cieux, et de faire évoluer dans ce milieu poétique des personnages forts et attachants!

Sous ses lunettes de myope, Ophélie cache des dons singuliers : elle peut lire le passé des objets et traverser les miroirs. Quand on la fiance à Thorn, du puissant clan des Dragons, la jeune fille doit quitter sa famille et le suivre à la Citacielle, capitale flottante du Pôle. A quelle fin a-t-elle été choisie ? Sans le savoir, Ophélie devient le jouet d’un complot mortel.

Pour aller plus loin

  • Je ne puis que vous conseiller l’excellent article du Culte d’Apophis. Loin de faire de la vulgarisation abusive comme je l’ai moi même fait sciemment dans cet article, l’auteur propose dans son article une étude détaillée mais néanmoins ludique des différents genres de l’imaginaire.
  • Monde Fantasy est un blog très complet sur l’écriture de l’imaginaire.

4 commentaires sur “Choisir un livre: les différents styles de l’imaginaire – Fantastique et Fantasy

  1. (merci pour le lien)

    Le fait que certains parlent, à propos du Seigneur des anneaux, d’Heroic Fantasy est souvent (mais pas toujours) dû au fait qu’à une époque, c’est tout le genre qui était appelé ainsi. Ce n’est que quand d’autres types de Fantasy sont apparus que l’Heroic Fantasy proprement dite est devenue un sous-genre, séparé de la Dark, l’Urban, etc, et que le genre dans son ensemble a simplement été nommé Fantasy. Mais certaines habitudes ont la vie dure, donc tu as des gens qui continuent à parler d’Heroic Fantasy non pour mentionner un sous-genre spécifique, mais le genre dans son ensemble. Un peu comme tu as des gens qui emploient le terme « Anticipation » pour parler de la SF (alors que 1/ l’anticipation est un genre séparé -Houellebecq fait de l’anticipation, pas de la SF- et que 2/ La SF d’anticipation n’est qu’un petit sous-genre parmi d’autres, plus nombreux et plus gros).

  2. Très très intéressant.
    Personnellement je suis globalement d’accord avec tes définitions, j’apporterai cependant une modification sur la science-fiction, que je définirai comme se déroulant dans des univers où la technologie est plus avancée que celle existant au moment de l’écriture, sans que ce soit soit forcément « surprenant » pour les personnages.
    Du coup si je mixe ma définition et la tienne (si je t’ai bien compris), « 20 000 lieues sous les mers » serait du « fantastique-SF » (la technologie présentée y est plus avancée que celle connue de l’auteur, et les éléments d’iréels sont surprenants pour les personnages), tandis que « Fondation » serait de la « Fantasy-SF » (les éléments d’iréel sont banals pour les personnages).

  3. Quel bel article !
    Pour ma part, la différenciation première entre fantasy et fantastique passe par le fait que l’intrigue se déroule dans notre monde pour le fantastique, ailleurs pour la fantasy. Je n’ai jamais cherché plus loin. Et je suis toujours assez peu à l’aise à l’idée de classer les livres par genre.

    1. Merci pour ton gentil commentaire ❤ Je te rejoins sur le fait que catégoriser les ouvrages est souvent complexe, voir inutile… Mais c'est ce qui m'a intrigué. Le côté arbitraire des rangements en librairie m'a toujours fascinée! ^^

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