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Fendre l’armure

Résultat de recherche d'images pour "fendre l'armure"Auteur : Anna Gavalda

Maison d’édition : J’ai lu

Date de sortie : Mai 2017

Pages : 278

Prix : 7,80 euros

Note: 2♥ / 5♥

Challenge Nouvelles: 1/20 pour les nouvelles, 0/13 pour l’aspect imaginaire mis en avant par le challenge initial

Où l’acheter: en occasion sur Momox, dans les librairies, sur amazon sinon

Résumé:

On me demande d’écrire quelques mots pour présenter mon nouveau livre aux libraires et aux critiques et, comme à chaque fois, ce sont ces quelques mots qui sont les plus difficiles à trouver. Je pourrais dire que c’est un recueil de nouvelles, que ce sont des histoires, qu’il y en a sept en tout et qu’elles commencent toutes à la première personne du singulier mais je ne le vois pas ainsi. Pour moi, ce ne sont pas des histoires et encore moins des personnages, ce sont des gens. De vrais gens. Pardon, de vraies gens.

C’est une faute que j’avais laissée dans mon manuscrit, « la vraie vie des vrais gens », avant que Camille Cazaubon, la fée du Dilettante, ne me corrige : l’adjectif placé immédiatement avant ce nom se met au féminin. Quelles gens ? Certaines gens. De bonnes gens.

Cette règle apprise, je suis allée rechercher tous mes « gens » pour vérifier que tous s’accordaient bien et j’ai réalisé que c’était l’un des mots qui comptait le plus grand nombre d’occurrences. Il y a beaucoup de « gens » dans ce nouveau livre qui ne parle que de solitude.

Il y a Ludmila, il y a Paul, il y a Jean (!) et les autres n’ont pas de nom. Ils disent simplement « je ». Presque tous parlent dans la nuit, pendant la nuit, et à un moment de leur vie où ils ne différencient plus très bien la nuit du jour justement.

Ils parlent pour essayer d’y voir clair, ils se dévoilent, ils se confient, ils fendent l’armure. Tous n’y parviennent pas mais de les regarder essayer, déjà, cela m’a émue. C’est prétentieux de parler de ses propres personnages en avouant qu’ils vous ont émue mais je vous le répète : pour moi ce ne sont pas des personnages, ce sont des gens, de réelles gens, de nouvelles gens et c’est eux que je vous confie aujourd’hui.

L’Avis d’Elodie:

Le résumé précédent est beau, très beau. On sent l’amour de l’auteure pour ses personnages, qui ont à ses yeux pris littéralement vie, et ce de manière d’autant plus aisée que, peut-être, ils existent vraiment. Autant dire qu’après avoir lu cette quatrième de couverture, j’étais des plus impatientes. J’avais hâte, moi aussi, de rencontrer ces protagonistes, de découvrir des pans de leurs vies, de retrouver un peu la mienne à travers leurs propos. J’ai ouvert l’ouvrage, avide de retrouver l’Anna Gavalda des débuts, celles de « Je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part ».

Et j’ai lu ça:

 » – Arrête, j’te dis. C’est même pas la peine d’insister.
J’avais pas du tout envie d’y aller. J’étais crevée, je me sentais moche et en plus, j’étais pas épilée. Dans ces cas-là, j’assure que dalle et comme je sais que je vais rien choper, je finis toujours défoncée comme un terrain de manoeuvres. »

Mon désespoir ayant été narré dans des Premières Lignes récentes, je ne vais pas épiloguer. Mais je le répète, si je conçois ces errances de syntaxe comme une volonté certaine de créer un style, et bien je n’adhère pas. En fait, ce qui bloque, c’est le choix de cette nouvelle portant sur une demoiselle légère, chose que je valide complètement, chacun ses choix et celui-ci n’est pas moins bête qu’un autre, comme première nouvelle. Il s’agit quand même de la première impression qu’à le lecteur de l’ouvrage. Et là, je n’ai pas accroché avec l’écriture, et encore moins avec la protagoniste. J’ai terminé la nouvelle les dents serrées et pleines de méfiance envers les récits suivants. Aïe.

Je le dis souvent, écrire un recueil de nouvelles n’est pas un exercice aisé. Trouver de la cohérence entre différents textes, savoir quand s’arrêter, ce sont des choses difficiles. Et pire encore, créer de l’empathie, intéresser le lecteur dans un laps de temps très court, c’est un travail de titan et beaucoup s’y sont cassés les dents. Quelle tristesse de voir que Gavalda, auteure que j’aime beaucoup, échouer dans un exercice d’écriture que pourtant elle maîtrisait auparavant. Car si je n’ai pas eu d’affinités avec la demoiselle de la première nouvelle, cela s’est poursuivi avec la dame alcoolique de la deuxième, et avec le routier de la troisième… Quelle tragédie de lire un livre, d’en reconnaître, parfois, des qualités, mais sans y accrocher outre mesure. Car une fois passé son errance dans les terres de l’argot, Gavalda s’est rappelée qu’elle sait incroyablement bien évoquer des choses fortes avec des mots simples. Mais ces histoires, je ne les ai pas aimées.

Lumière dans la pénombre, le récit sur le chef d’entreprise. Une histoire d’amitié entraînante, une réflexion sur le mea culpa, sur les choix de vie… Une nouvelle douce, tout simplement. J’ai aussi aimé la chute de la quatrième nouvelle. Mais deux sur sept, c’est bien peu.

Lire des histoires si intimes, cela vous force à vous positionner, et j’imagine que selon son style de vie, on adhère plus ou moins au récit, certes. Mais allez m’expliquer pourquoi la prof syndiquée a aimé le patron robotique. Encore que… le délire sur les godasses, je n’ai pas compris. J’ai essayé de me projeter dans les histoires évoquées, vraiment, mais j’ai bloqué sur la plupart.

Je ne peux nier la capacité de Gavalda à se glisser dans la peau de ses personnages. L’usage de la première personne est récurrente et maîtrisée, on a vraiment l’impression d’entendre penser les protagonistes des histoires ainsi narrées. Mais quand on passe d’un routier à un enfant trop parfait, qu’on change radicalement le registre de langue, et qu’on ne soigne pas ses transitions, cela fait un recueil de nouvelles malheureusement trop bancal pour que je l’apprécie.

En conclusion:

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Ils en parlent aussi:

Source image de couverture: Photographie de l’artiste Loreal Prystaj

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