Historique·Livres

Pax Deorum Livre 1

Auteur : Cédric Plouvier

Année : mars 2020

Édition : Libre2lire

Nombre de pages : 472

Pour l’acheter : Libre2lire, amazon, dans toutes les bonnes librairies

Note : 4/5

Résumé :

IVe siècle avant J-C. Rome est de plus en plus puissante, mais reste menacée à diverses échelles : les querelles entre grandes familles, les histoires d’ego et les intrigues politiques au sénat sont monnaie courante à Rome. A l’extérieur de la ville, les Etrusques menacent aussi la grande Rome, l’obligeant à mener des guerres perpétuelles. Comme si cela ne suffisait pas, de nombreux signes étranges se manifestent un peu partout… des signes que personne ne parvient à interpréter. Et si les dieux en voulaient à Rome ? Et s’il s’agissait d’une menace tout autre..?

L’Avis de Clément :

Pax Deorum m’a été prêté par Elodie, que je remercie car ce fut un bon moment de lecture même si le livre comporte je trouve quelques défauts.

J’aime beaucoup les oeuvres « historiques », que ce soit en livre, film, etc, et bien qu’étant professeur d’Histoire je suis assez bon public et ne vais pas chipoter si l’auteur prend quelques libertés avec l’Histoire, ou si les boutons de cols du troisième figurant au fond à gauche ne sont pas exactement ceux d’époque. Dans le cas de Pax Deorum, et bien que n’étant pas spécialiste d’Histoire romaine,je ne pense pas avoir beaucoup de raison de chipoter. L’auteur est spécialiste d’Histoire romaine et ça se voit, notamment avec l’utilisation massive du vocabulaire d’époque (par exemple Sella castrensis pour désigner un type de siège particulier). Si cela peut être un peu déroutant au début (heureusement les notes de bas de page et lexique en fin du livre sont là pour rappeler la signification de tout ce vocabulaire), je trouve que ça contribue grandement à l’immersion dans l’histoire. Quand au siège de Veies, qui sert de toile de fond au roman, il a réellement eut lieu et a marqué un tournant dans l’Histoire romaine (mais je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler). Le petit clin d’oeil à l’abbé Sieyès et à la Révolution française de 1789 dans la bouche d’un sénateur romain m’a également fait sourire.

J’ai trouvé le style agréable à lire, soutenu sans être trop ampoulé, ce qui combiné à l’abondance de vocabulaire spécifique aurait risqué de rendre le livre difficile à lire sinon. Ici la forme est au service du fond, et c’est très bien comme ça. Le découpage est très rapide, avec des chapitres d’une douzaine de page, ce qui permet d’arrêter et reprendre facilement la lecture. Ca ne me pose pas de problème mais je sais que certains lecteurs n’aiment pas devoir s’arrêter en plein milieu de chapitre. Pax Deorum se lit très bien, chaque chapitre étant centré sur un personnage ou un groupe de personnage, et la partie d’intrigue qui lui/leur est consacrée. Malheureusement on va commencer à aborder le premier point faible du roman, son intrigue (ou devrai-je dire ses intrigues).

Pax Deorum lance plusieurs bouts d’intrigues plus ou moins clairement reliés entre eux et à la trame de fond du siège de Veies. Le problème c’est qu’à la fin de ce Livre I aucune des intrigues ouvertes n’a été résolue, ni même ne semble avoir de début de résolution (l’intrigue principale se termine même par un clifhanger). Le résultat est que ce livre m’a fait l’effet de n’être qu’une introduction de 450 pages. Une bonne introduction certes, qui m’a donné envie de lire la suite, mais j’aurais aimé que l’histoire progresse davantage, ou au moins que l’on commence à distinguer ce qui est important et ce qui est secondaire. Pour risquer une comparaison avec Ken Follet (un auteur de romans historiques très connu, et que personnellement j’apprécie beaucoup), je trouve que celui-ci gère mieux le rythme de ses romans, et après 450 pages des Piliers de la Terre l’histoire m’avait semblé avoir plus progressé qu’après 450 pages de Pax Deorum.

Dernier point que j’aimerai aborder, les personnages, et là aussi il y a du bon et du moins bon. D’abord les personnages sont nombreux, et surtout très divers: nobles romains et romaines, paysans et paysanes, militaires, criminels, Pax Deorum nous fait voyager à travers toutes les strates de la société romaine (peut-être que la/les suite(s) nous conduiront chez les peuples voisins?). Personnellement j’ai été ravi de voir l’auteur échapper à un fléau qui touche beaucoup trop de fictions contemporaines, à savoir créer des personnages « Charlie », non-oppressifs, tolérants, féministes, progressistes, bref des occidentaux de 2020. Ici on a des romains du IVe siècle av-JC qui pensent comme des romains du IVe siècle av-JC, avec par exemple des femmes romaines qui trouvent normal que leurs maris se tapent des esclaves (car après tout ce sont des hommes, c’est elles qui le disent) et considèrent comme leur devoir d’engendrer des héritiers mâles pour leurs familles. Bref, gros point positif de mon point de vue.

Par contre j’ai été un peu perdu au milieu de ces très nombreux personnages, d’autant que j’ai eu du mal à m’habituer aux noms romains (peut-être à cause d’un trop grand écart culturel, mais cet écart ne me pose pas de problème par exemple pour la plupart des livres de fantasy). Certes l’auteur propose une liste des principaux personnages à la fin du livre, ainsi qu’une série d’arbres généalogiques des différentes familles romaines que nous croisons, mais je trouve dommage de devoir régulièrement me repporter à un aide mémoire pour me rappeler qui est tel personnage.

En conclusion:

Pax Deorum, Livre I est un très bon roman historique, capable de se comparer sans rougir aux « classiques » du genre, et appuyé sur un solide travail de documentation. Les quelques « mauvais » points que je lui ai trouvé n’enlèvent pas grand chose aux qualités du roman, et je suis curieux de lire la suite (avec peut être une nouvelle chronique).

D’ici là portez-vous bien et n’oubliez pas: la lecture, c’est l’aventure!

5 commentaires sur “Pax Deorum Livre 1

  1. Une bonne chronique, ça fait plaisir! Pour répondre aux « reproches », il faut savoir que c’est une saga de 2×5 tomes, ce qui explique le fait que l’on reste clairement sur sa fin à la fin du 1er. En fait, les 5 premiers tomes (cycle I) ne font qu’un seul ouvrage dans la logique de l’Histoire! J’assume parfaitement ce challenge mais je comprends que ça peut frustrer. Dites-vous que la suite va répondre à toutes vos attentes et les tomes devraient s’enchaîner rapidement (environ tous les 6 mois). A noter que le tome 2 est déjà sorti! Bien à vous.
    PS: bien vu pour le clin d’oeil à Sieyès, il y en a d’autres mais les allusions sont moins connues! 😉

    1. Merci beaucoup pour votre commentaire. Une saga en dix tomes, c’est un sacré challenge, bon courage. En tout cas je lirai la suite avec intérêt.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s