Séries

Cowboy Bebop

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  • Réalisateur: Shinichiro Watanabe
  • Diffusion: 1998-1999 (Japon); 2000 (France)
  • Episodes: 26
  • Note: 6/5

Résumé:

Cowboy Bebop raconte les aventures de Spike Spiegel, Jet Black, Faye Valentine et Edouard, chasseurs de primes de leur état qui voyagent à travers le système solaire à bord du Bebop pour gagner leur vie. En les suivant dans leurs missions nous en apprendrons plus sur eux-même, et nous découvrirons un passé qui finira par rattraper chacun d’eux.

L’Avis de Clément:

Cowboy Bebop est le meilleur animé du monde et ce n’est pas discutable. Voilà, merci de m’avoir lu, rendez vous le mois prochain. Bon d’accord, je vais quand même expliquer pourquoi c’est le meilleur animé du monde. Je l’ai découvert sur le tard, dans la seconde moitié des années 2000, et il fait partie de ma « Sainte Trinité » personnelle de la japanimation avec Full Metal Alchemist (le premier animé et Brotherhood) et GTO.

Cowboy Bebop est un mélange de différents genres, principalement la science-fiction, le western et le polar noir, avec un sens parfait de l’équilibre et du dosage qui lui donne son atmosphère particulière. Ce mélange des genres permet également à n’importe quel type de spectateur d’y trouver son compte, qu’on soit amateur de vaisseaux spatiaux, de gunfight, de personnages excentriques ou de femmes fatales. L’univers dans lequel prend place l’histoire est à la fois dépaysant et familier. Dépaysant avec ses vaisseaux spatiaux et ses colonies dispersées dans tout le système solaire. Familier avec certaines technologies (les voitures ou les armes à feu), les vêtements ou les paysages urbains qui semblent être restés au 20e siècle. Ce mélange d’éléments modernes et anciens contribue fortement à l’immersion du spectateur, qui est dépaysé sans pour autant être perdu dans un univers inconnu. Il participe également au « réalisme » de l’univers, en donnant l’impression que celui possède un passé. Une impression renforcée par les références faites dans différents épisodes à des événements de l’Histoire de l’univers de Cowboy Bebop, comme l’incident de la Gate ou la guerre sur Titan.

Un autre point fort de Cowboy Bebop est sa réalisation, irréprochable en terme d’ambiance, d’écriture ou de mise en scène. Visuellement Cowboy Bebop est très beau, avec une utilisation très efficace des différents tons de couleurs, du découpage ou de la bande-son pour créer des ambiances particulières, notamment dans certains épisodes comme Pierrot le fou. L’animation est de grande qualité, fluide et détaillée (comme par exemple le « Jericho 941 » que l’on peut lire sur le pistolet de Spike si on fait pause à la bonne seconde à l’épisode 20). On notera également l’utilisation de la CGI pour certains éléments de décors, comme la station spatiale casino de Honky Tonk Woman ou certains éléments de paysages urbains dans Pierrot le fou.

Le format de la série, avec 26 épisodes seulement, permet de développer l’univers et les personnages tout en évitant les combats interminables, les intrigues sans fin et les épisodes fillers inutiles (trois plaies des shonen à mes yeux). Chaque épisode est conçu comme une histoire complète, à l’exception des deux diptyques Jupiter Jazz et The Real Folk Blues, et peut être vu indépendamment des autres, même si on risque de perdre un peu en compréhension. Cowboy Bebop ne brille pas par sa trame de fond, ce qui pourra déplaire à ceux qui apprécie les scénarios complexes aux ramifications nombreuses. La trame sert essentiellement de lien entre les différents épisodes. Les scénarios de chaque épisodes sont cependant très bons, simples et efficaces, et servis par l’excellente réalisation dont je parlais précédemment.

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Les personnages sont très bien écrits, avec un développement sur l’ensemble de la série pour les principaux, ou un seul épisode pour les secondaires. Le quatuor principal (quintet si j’inclus Ein, le chien-data) est une association improbable d’anti-héros aux passés tragiques (notamment pour Spike, Jet et Faye), unis par un mélange d’antipathie apparente et d’amitié sincère, voir d’esprit de famille. De son côté Vicious, le principal antagoniste de la série, est un exemple réussi de ce que j’appelle le « Dark-Sephiroth » (les joueurs de FF7 comprendront), avec ses cheveux blancs, son sabre et son attitude « je-suis-sombre-et-mystérieux ». Même Julia, pourtant absente jusqu’aux deux derniers épisodes, arrive à marquer grâce à sa présence quasi-mythique qui plane sur la série.

Je ne peux bien sur pas parler de Cowboy Bebop sans aborder le travail extraordinnaire de Yoko Kanno. Cowboy Bebop possède ce qui est à mes yeux la meilleure bande-originale jamais réalisé pour un animé japonais, et l’une des meilleures jamais réalisé tous styles et tous médias confondus (pour l’anecdote, The Real Folk Blues est ma sonnerie de portable depuis que j’ai découvert Cowboy Bebop). La musique tient une place centrale dans Cowboy Bebop, en particulier le blues et le jazz même si la bande-son a d’autres influences. Les épisodes sont appelés « Sessions » en référence aux « Jam Session » (improvisations musicales), et leurs titres font très souvent référence à la musique. Le titre de la série lui-même est une allusion au bebop, un genre musical de jazz. Les thèmes musicaux sont parfaitement raccords à l’ambiance de la série, et certains font même partie de la diégèse de certains épisodes comme dans Sympathy for the devil, Heavy Metal Queen ou Jupiter Jazz. J’en arrive à me demander si la musique a été composée pour la série, ou si c’est cette dernière qui a été réalisée en fonction de sa musique.

Enfin ce qui a fait de Cowboy Bebop mon animé préféré c’est peut être son atmosphère, très mélancolique et marquée par le poids du passé. Qu’ils soient prisonniers de celui-ci, comme Spike et Vicious, ou à sa recherche comme Faye, le passé « détermine » les personnages de Cowboy Bebop, ce qu’ils sont et ce qu’ils font. Le personnage de Spike notamment apparait comme détaché par rapport au présent, se décrivant lui-même comme « vivant dans un rêve », et semblant souvent assister aux événements comme un observateur sans forcément être « impliqué » (ce qui crée une proximité avec le spectateur, placé dans la même position). Il y a peu d’autres oeuvres ont réussi à me faire ressentir la mélancolie comme Cowboy Bebop. La mélancolie transparait aussi dans l’apparence visuelle de la série, avec certains plans très contemplatifs; et surtout dans l’ambiance musicale, les deux styles principaux, le blues et le jazz, étant souvent plutôt associé au passé. La mort est également omniprésente dans cette série, qu’elle soit libératrice ou punitive.

Pour conclure:

Cowboy Bebop est à mes yeux le meilleur animé du monde, et ce n’est pas pour rien s’il figure souvent très haut dans les différents classements des meilleurs animés. Si on définit l’art comme ce qui suscite des émotions, alors Cowboy Bebop est en ce qui me concerne l’une des oeuvres qui correspond le plus à cette définition. Si vous ne l’avez pas déjà vu, allez découvrir cette merveille!

Portez vous bien et n’oubliez pas: see you, space cowboy!

Source image de couverture: pexels

3 commentaires sur “Cowboy Bebop

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