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Contrat avec un milliardaire

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Auteur : Phoebe Campbell

Année : 2018

Édition : Editions addictives (moi je dis publicité mensongère)

Nombre de page : 153 (pour le 1er tome)

Pour l’acheter : franchement faites autre chose de votre argent

Note : -1/5

Résumé:

Juliette, pigiste pour un journal quelconque naïve et maladroite, va rencontrer un homme séduisant qui s’avère être son richisme patron, le magnat de la presse Darius Winthrope. Elle lui plaît, il l’invite à une soirée, ils sortent ensemble, entre temps il y a une histoire avec l’oncle Darius et sa famille, puis à la fin il y a un quiproquo et Darius s’en va en laissant Juliette en plan. A suivre (alors oui, mais non)

L’avis de Clément:

Dans mon article de février dernier sur la Dark Romance je m’étais engagé à lire un livre de ce genre si le dit article recevait suffisamment de Like. Entre le Baz’Art et sa page Facebook ça a été le cas, du coup Elodie m’a gentiment suggéré « Contrat avec un milliardaire« , dont le premier tome était disponible en téléchargement gratuit. Et à vrai dire je dois la remercier de m’avoir évité de dépenser quelques uns de mes bons euros pour acheter un livre de cet acabit.

Bon en fait je n’aurai pas acheté un autre livre de Dark Romance (j’ai autre chose à faire de mon argent, comme investir dans une usine de coton-tige pour poisson), je serai allé l’emprunter à la médiathèque (en supposant qu’il y soit). Mais du coup je dois remercier Elodie de m’avoir évité d’aller le réclamer au comptoir à madame la bibliothécaire, genre :

« Bonjour, je viens retirer une réservation, le, hem, <marmonne> »Le roi du Scotch ».

« Comment monsieur? »

« Le, hem, <marmonne, mais plus fort> »Le roi du Scotch ».

« Je ne comprends pas, parlez plus fort monsieur s’il vous plait. »

« LE ROI DU SCOTCH, FOUTRE NOM DE DIEU!!!! »

Mais je m’égare et j’oublie que si vous êtes là c’est parce que vous avez toujours rêvé de lire une chronique sur « Contrat avec un milliardaire« . Alors qu’est-ce-que j’ai pensé de cette histoire? Ai-je été étonnamment surpris par les qualités d’un genre pour lequel je ne semble éprouver que de la condescendance? Serais-ce le début d’une nouvelle passion pour la Dark Romance (bon si vous avez lu le résumé vous connaissez déjà la réponse)?

Si je devais décrire « Contrat avec un milliardaire » en une phrase, je dirai « mauvaise copie de Cinquantes nuances de Grey« . Le succès du livre de E.L James a entraîne la publication d’une foultitude d’ouvrages similaires voulant récolter leur part de la mode pour le genre, et avec « Contrat avec un milliardaire » on est clairement je trouve dans l’exemple de livre publié pour répondre à une mode.

Les deux personnages principaux, Juliette et Darius, sont dans leurs grandes lignes des décalques de Anastasia et Christian. Elle est jeune, naïve et maladroite (comme Anastasia), et surtout elle est vide. Et je suis convaincu que cette absence de développement est faite volontairement : en ne donnant aucune personnalité ou aucun trait de caractère significatif à Juliette, on permet à la lectrice de s’identifier facilement. De son côté Darius est le cliché du personnage masculin de Dark Romance: il est beau, richissime, mais avec un « côté sombre et tragique », bref un personnage écrit pour faire fantasmer la lectrice, comme Christian Grey quoi.

La décalque peut se poursuivre au niveau de la trame globale. Comme dans « Cinquantes nuances » Juliette « tombe » (au sens propre) dans les bras de Darius (car elle est maladroite, hihihi c’est drôle … pitié achevez-moi); Darius intervient pour « sauver » Juliette d’un type bourré qui tente de la peloter et la ramène chez lui, puis ils sortent ensemble, font du sexe et enchaînent les orgasmes, puis à la fin ils se séparent. Sauf que là il n’y a pas le côté sado-masochiste et que c’est Darius qui se sépare à cause d’un quiproquo sur une photo de paparazzi où il a l’impression que sa copine Juliette le trompe avec un de ses amis acteurs qu’elle a interviewé parce qu’ils se touchent presque la main alors on dirait qu’ils sont amoureux, du coup il est pas content car il croit qu’elle le trompe (car c’est bien connu une femme ne peut pas avoir d’amis masculins à qui elle touche parfois la main).

Bref niveau originalité on repassera, mais à la limite ça pourrait ne pas être un problème, je ne suis pas forcément très exigeant de ce côté là, tant qu’on me propose une histoire et des personnages intéressants le fait que ce soit des choses déjà vues ne me dérange pas. Mais malheureusement j’ai trouvé les personnages et l’histoire sans intérêt. Honnêtement il ne se passe pas grand chose pendant tout le livre, même si il y a une histoire avec l’oncle de Darius dont la fille a besoin d’une greffe de moelle osseuse, mais finalement tout se passe bien donc ça va. J’ai lu « Contrat avec un milliardaire » en diagonale, et même comme ça je me suis ennuyé comme rarement en lisant.

L’auteur a également recours à la même technique du remplissage que « Cinquantes Nuances » pour arriver à écrire 150 pages avec une histoire qui pourrait être racontée en 100 (voir 70). Sauf que là ce ne sont pas les clauses du contrat d’esclavage, mais des scènes de sexe à rallonge ou des descriptions inintéressantes sur la tenue que portent les personnages (au passage si jamais un auteur lit ces lignes, on se fout de savoir de quelle couleur est la chemise du héros, alors à moins que ça n’ait un intérêt pour l’histoire c’est pas la peine de nous le dire).

Conclusion :

Finalement que dire de « Contrat avec un milliardaire » ? Que le gros problème de ce livre c’est, je pense, d’être un livre de commande. Alors vous me direz qu’on trouve des livres de commande dans tous les genres, et que la SFFF est bourrée de livres avec les mêmes histoires d’elfes hautains et de nains braillards, d’écoles de sorciers et d’autres mauvaises décalques de « Harry Potter » ou du « Seigneur des Anneaux ». Oui mais d’une part je n’ai jamais prétendu que la SFFF était un genre parfait, d’autre part les romans de SFFF peuvent au moins se démarquer en proposant des univers dépaysants (à défaut d’être toujours originaux).

Bref, « Contrat avec un milliardaire » n’a pas été écrit parce que l’auteur a une histoire à raconter (en tout cas j’en doute) ni un univers à faire découvrir, mais pour surfer sur la vague initiée par la trilogie « Cinquante nuances ». Alors si vraiment vous tenez à lire quelque chose, tant qu’à faire lisez l’original. Ou lisez autre chose.

Portez vous bien et n’oubliez pas : la lecture, c’est l’aventure !

6 commentaires sur “Contrat avec un milliardaire

  1. J’ai adoré lire cet article! J’aime bien ta façon d’écrire! J’ai une requête pour toi; Tu pourrais ajouter le widget d’abonnement pour recevoir les articles dans nos boite mail ? Je pense pas toujours a venir lire les article dans mon lecteur j’avoue ^^

    1. Content que mon article t’ait plus, en espérant que tu apprécies aussi ceux où Elodie et moi parlons de livres qui nous ont plus, et que nous avons pu te donner envie de lire un de ces livres là

  2. 😂😂😂 Excellent. C’était vraiment de la dark romance ? Parce qu’en général, c’est assez pervers et je n’ai pas eu cette impression en lisant ton retour.
    Néanmoins, une bonne part des romances à visée érotique ne cherchent pas à être originale. C’est le cas pour plein de genre en fait. Surfer sur la vague des thématiques qui se vendent le mieux. Ça a tendance à m’énerver même si je n’ai rien contre lire des histoires qui peuvent se ressembler.

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