Le Sens de la Fête

Date de sortie: 4 octobre 2017

Réalisé par:  Eric TOLEDANO et Olivier NAKACHE

Avec: Jean-Pierre BACRI, Jean-Paul ROUVE, Gilles LELLOUCHE, Eye HAIDARA, William LEBGHIL…

Note (sur 5 ♥)♥♥♥

Durée: 117 min

Bande annonce: en fin d’article

Résumé:

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17ème siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné : il a recruté sa brigade de serveurs, de cuisiniers, de plongeurs, il a conseillé un photographe, réservé l’orchestre, arrangé la décoration florale, bref tous les ingrédients sont réunis pour que cette fête soit réussie… Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête.

L’Avis d’Elodie:

Disons-le tout de suite: je déteste les films comiques français. J’ai haï de tout mon coeur « Bienvenue chez les Chtis », en me demandant pendant toute la durée du film ce que je faisais dans cette salle de cinéma. J’ai abhoré « Les Tuches », zappant systématiquement les chaînes de la TNT lorsque les acteurs en faisait la promo à la télé. Et « Rrrrr » ne m’a tiré que quelques grimaces et de pauvres sourires stupéfaits quand tout le monde semble considérer ce film comme trop drôle.

Mais je dois l’admettre, ces dernières années, le cinéma hexagonal s’améliore, ou du moins correspond de plus en plus à mes goûts. Notez bien que je ne charge que les films humoristiques, et ai passé de jolies moments cinématographiques devant « Les Petits Mouchoirs », « Jeux d’Enfants », « Intouchables » ou plus récemment « Au Revoir là Haut ». Mais tout cela pour dire que de ma part, pendant longtemps, insister pour acheter un dvd d’un film comique français revenait à faire acheter un steak haché charolais par un vegan de Lozère.

Résultat de recherche d'images pour Mais à l’époque de la sortie du « Sens de la Fête », je suis tombée sur une interview de BACRI par Yann BARTHEZ, et le charme du personnage a opéré. Car BACRI est un sacré bonhomme, qui semble par bien des abords ressembler dans la vraie vie à son rôle dans le film. Et c’est surement pour cela que j’ai trouvé Max le traiteur attachant et des plus crédibles. Bougon, cinglant et lassé de tout et surtout des autres, il me semble que c’est tout à fait le cas de BACRI de manière générale, et son interprétation est donc criante de vérité.

Mais on ne peut résumer ce film à la seule prestation de BACRI. Car les autres rôles sont du plus haut comique, et ce sans tomber dans des poncifs éculés et dans des gags racistes/homophobes/sexistes comme on le voit souvent (petite pensée à Pixels). Non, ici, l’humour a de la finesse, et même si parfois les cordes sont bien visibles, elles restent légères (je ne sais pas si vous me suivez dans cette métaphore que je viens d’inventer?). Le potache et le comique de situation sont bien là certes, mais ils sont introduits de manière innovante, et le casting, irréprochable, mène les dialogues de main de maître.

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Tout les rôles m’ont tiré un sourire au minimum, et je dis bien TOUS les rôles. Les personnages sont variés, et ce film choral est géré parfaitement par les deux réalisateurs, bravo à eux et aux scénaristes qui ont su inventer tout une galerie de protagonistes qui se complètent et jouent leur partition sans empiéter sur celle des autres. Du stagiaire de 3e qui méprise son tuteur, un photographe raté joué par ROUVE, à Adèle la seconde furieuse H-24, jouée par HAIDARA, en passant par le marié égocentrique et irrespectueux au possible et par le serveur qui débute et qui ne comprend rien à ce qui se passe ( ou l’art des synonymes… de la flûte au loup, le vocabulaire de la restauration peut être une jolie source de quiproquos!)… Tous les personnages sont savoureux et donnent le sourire.

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Plus le temps passait, plus j’étais triste car la fin du film approchait, et je ne vois pas quel meilleur compliment je pourrais trouver pour ce film. Parlons-en de la fin, justement… j’étais inquiète, car je ne voyais pas comment les réalisateurs allaient conclure leur histoire. Et si cela se termine par une happy end attendue, et bien on est content que cela finisse ainsi, malgré les clichés qui n’ont pas pu être évités ( mariés finalement ravis malgré l’apocalypse de leur union, couples qui se forment, et un Max apaisé).

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce film qui me redonne de l’espoir quant à l’actualité du cinéma comique français, et ne peux que vous conseiller de visionner ce film qui donne le sourire (et qui crée des inquiétudes quant au concept de mariage, attention!).

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Pixels

L’avis minute: Un bon nanar est un nanar qui s’ignore! Tous les poncifs sont éculés mille fois dans ce film bas de gamme. Les geeks sont forcément puceaux, les femmes sont des objets, les militaires des crétins, les jeux vidéos actuels sont trop violents et j’en passe… Une déception.

Date de sortie: 2005

Réalisé par: Chris COLOMBUS

Avec: Adam SANDLER – Josh GAD – Michelle MONAGHAN- Kevin JAMES – Sean BEAN – Peter DINKLAGE

Note (sur 5 ♥): 1

Durée: 106 min

Bande annoncetrailer allociné

Résumé:

En 1982, Sam Brenner et son ami Will Cooper participent au championnat du monde des jeux vidéo d’arcade. Des vidéos de ce tournoi sont ensuite envoyées dans une capsule lancée dans l’espace pour contacter d’hypothétiques extraterrestres. Trois décennies plus tard, une puissance venue d’ailleurs attaque l’humanité avec des versions vivantes tirées de ces jeux vidéo, ceux trouvés dans ce qui n’était, au départ, qu’un message de paix.

Sam Brenner va devoir collaborer avec le gouvernement américain pour sauver l’Humanité.

L’Avis d’Elodie:

Un soir d’errance télévisuelle, je suis tombée par hasard sur « Pixel ». Je cherchais un film sans prise de tête, je pensais être sur la bonne chaîne…Grossière erreur, tant le film m’a agacée.

L’idée de base pourtant avait son charme. Pacman, Space Invader et consorts se liguent pour envahir la Terre, envoyés par des extra-terrestres aux relents geeks. Le décalage était tellement énorme, le scénario tellement hallucinant, qu’ils pouvaient en devenir géniaux. Chris COLOMBUS, qui a travaillé sur « Gremlins », « Les Goonies » ou « Harry Potter », était aux commandes. Enfin, Sean BEAN et Peter DINKLAGE étaient de la partie, dans des rôles a priori aussi décalés que le film.

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Mais à force de vouloir faire dans l’humour potache, le film en devient agaçant. On sent que cette réalisation veut à tout prix entrer dans la catégorie très select des nanars kitsch à succès, et en oublie du coup la règle numéro 1… C’est à dire qu’un bon nanar est un nanar qui s’ignore! Faire exprès des blagues nulles, ce n’est jamais drôle, et « Pixel » nous le démontre bien. L’humour ici n’est que le prétexte à des vannes toutes plus vaseuses et gênantes les unes que les autres, et tous les poncifs sont éculés mille fois. Les geeks sont forcément puceaux, les femmes sont des objets, les militaires des crétins, les jeux vidéos actuels sont trop violents et j’en passe.

Niveau jeu d’acteurs, ces derniers se demandent visiblement ce qu’ils font là, et on en arrive à un stade où l’on compatit pour eux. Un Peter DINKLAGE à la coupe mulet débite des insanités machos d’un air las, pendant qu’un Sean BEAN blasé semble espérer mourir rapidement comme à son habitude. Michelle MONAGHAN, seule femme ou presque du film, semble prise de migraine, et vu la quantité de vin ingurgitée au début du film (c’est bien connu, une femme célibataire se doit de picoler dans son dressing) et vu la qualité de ses répliques, son mal de tête paraît logique. Et je me refuse de parler du jeu de Josh GAD ou d’Adam SANDLER, abominables.

Si les caméos, comme celui du créateur de Pacman Iwatani, font sourire, ils ne suffisent hélas pas à remonter le niveau d’un film lent (on attend 45 min la première scène d’action!), aux dialogues tout bonnement abominables et au scénario triste.

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J’ai appris plus tard que le film s’était inspiré d’un court métrage du réalisateur français Patrick JEAN. Une preuve de plus qu’Hollywood ne sait pas adapter les rares bonnes réalisations françaises?

En conclusion, vous l’aurez compris, « Pixel » est un film à éviter, tout simplement.

Beetlejuice

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Date de sortie: 14 décembre 1988

Réalisé par: Tim BURTON

Avec: Michael KEATON, Geena DAVIS, Alec BALDWIN, Winona RYDER

Note (sur 5 ♥)

Durée: 92 min

Bande annonceVisionnez ici!

Résumé:

Pour avoir voulu sauver un chien, Adam et Barbara Maitland passent tout de go dans l’autre monde. Peu après, occupants invisibles de leur antique demeure ils la voient envahie par une riche et bruyante famille new-yorkaise. Rien à redire jusqu’au jour où cette honorable famille entreprend de donner un cachet plus urbain à la vieille demeure. Adam et Barbara, scandalisés, décident de déloger les intrus. Mais leurs classiques fantômes et autres sortilèges ne font aucun effet. C’est alors qu’ils font appel à un « bio-exorciste » freelance connu sous le sobriquet de Beetlejuice. (source: Allociné)

L’Avis d’Elodie:

Il y a quelques jours, j’ai découvert un des rares films de Tim BURTON, mon réalisateur fétiche, que je n’avais pas vu. N’ignorant pas la popularité de ce grand bonhomme, et étant admirative moi aussi de son oeuvre, c’est donc sur un terrain mouvant que je m’aventure avec cette chronique… Car les points positifs de ce film ont pour moi tous des pendants négatifs.

Sorti en 1988, il s’agit donc du deuxième film de Tim Burton, après « Pee-Wee Big Aventure », que je n’ai pas vu, et avant « Batman, qui sortira en 1989.

Vous vous en doutez, le film a vieilli. C’était le début des images de synthèse, et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’on remarque les ajouts! Le serpent des sables est tout bonnement ridicule, et on se rend  souvent compte que les décors sont en carton. Pourtant, loin d’être un défaut, ce style ajoute au charme du film. Je repense au fait que Wes CRAVEN avait refusé de tourner ce film, car il ne le trouvait pas assez horrifique, et ne peut que le rejoindre sur ce point. Ce film ne fait pas peur, et ce n’est pas le but. Il est empli de tendresse, j’y reviendrai plus loin, et fait sourire. Et du coup, le kitsch des décors est pour moi un avantage: il renforce le côté comique, et gêne alors bien moins que dans un « Star Wars ». Dans ces films tournés entre 1977 et 1983, on voit aussi que les effets spéciaux, s’ils restent très réussis pour l’époque, n’en sont quand même qu »à leurs balbutiements. Difficile de ne pas trouver un peu vieillot un « Star Wars » quand on le regarde 40 ans après sa sortie, et cet aspect ici ne peut pas être défendu par une volonté humoristique comme dans « Beetlejuice ». Les effets spéciaux ne sont pas dignes de la volonté du réalisateur,point (Et oui, je vois bien une levée de sabres lasers dans ma direction).

Bref, les décors en papier mâché et les monstres crées en carton ne m’ont pas dérangée. Ce qui m’a plus gênée dans ce film, c’est son caractère décousu. Le scénario part dans tous les sens, et n’évite pas certaines incohérences ou poncifs.

Le film a beau s’appeler « Beetlejuice », je trouve que ce personnage, interprété par le génial Michael KEATON, est sous-exploité. L’histoire est plus centrée sur le couple de nouvellement morts que sur ce fou sous amphétamines, et c’est bien dommage. Qui est Beetlejuice? Pourquoi ce nom? Pourquoi est-il devenu méchant? Pourquoi faut-il prononcer son nom 3 fois pour le faire apparaître? Pourquoi tous les vivants peuvent le voir, alors que prouver l’existence des fantômes à des vivants est interdit? Autant de questions auxquelles on a peu voir pas de réponses.

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Si le début du film est bien mené, avec le décès surprise et ridicule d’Adam et de Barbara, le film s’enlise un peu ensuite. On ne comprend pas comment est articulé le monde des esprits: se mêlent salle d’attente étrange, serpent des sables dévoreur d’âmes, limbes où flottent les fantômes exorcisés… Plein de concepts sont mis en place, mais ne sont pas du tout développés. Je me doute bien que pour évoquer tous ces points, le film aurait du alors prendre 4h, mais j’aurais préféré que Tim BURTON limite ses idées, mais les mène à leurs fins, plutôt que de lancer des dizaines de sujets sans les aboutir.

Par contre, j’ai adoré la dimension tendre crée avec la jeune Lydia (jouée par une Winona RYDER époustouflante pour son âge). Les deux fantômes, loin d’être des créatures malfaisantes comme dans tous les films sur ce thème, se prennent d’affection pour cette enfant gothique et mal dans sa peau, une enfant qu’ils auraient aimé avoir de leur vivant. Leur trio est bien mené, et mêle habituellement humour et douceur.

Les fantômes, justement, sont parfaits, et leurs scènes sont hautement comiques. Ma scène préférée? Celle de la possession, je ne résiste pas à l’envie de la partager:

Dernier bémol à signaler… Durant tout le film, on voit les deux fantômes lutter contre la famille qui détruit, pardon, réorganise leur maison. Puis après la fin de Beetlejuice, tout le monde est content et gentil. Fin du règne de l’art contemporain (bien lynché dans le film d’ailleurs, la prof d’arts plastiques que je suis a souri). Tout n’est qu’harmonie, les parents laissent tomber leurs ambitions de richesse et leur décoration spéciale pour vivre en bonne entente avec des fantômes qui s’occupent de l’éducation de leur enfant??! Niveau cohérence, logique, ce n’est pas top…

Pour conclure, ce film mérite clairement d’être vu. Malgré mes remarques négatives, j’ai passé un bon moment, et ai apprécié ce film. Mais je suis tellement habituée à des films plus maîtrisés de la part de BURTON que j’ai été surprise des lacunes de celui-ci. Il ne faut pas oublier que c’est un film de jeunesse pour le réalisateur, et les soucis évoqués plus loin participent au charme de l’oeuvre!