Pourquoi c’est connu?

Pourquoi c'est connu ? Le fabuleux destin des icônes du XIXème siècle par Brocvielle

Titre :  Pourquoi c’est connu?
Auteur : Vincent BROCVIELLE
Éditeur : Réunion des Musées Nationaux, Paris
Prix : 19,90 euros
Nombre de pages : 160 pages

Pour commander : disponible dans toutes les bonnes librairies

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥

 

 

Résumé:

Vincent Van Gogh cédait ses toiles en échange du gîte et du couvert tandis que Rosa Bonheur rénovait son château et engageait une tournée internationale ; lequel des deux artistes est-il aujourd’hui le plus coté ? Pourquoi la statue de la Liberté a-t-elle éclairé le Nouveau Monde alors même que la poésie exotique de Gauguin ou le réalisme sans concession du jeune Rodin étaient méprisés ? Imagine-t-on l’ampleur du scandale qu’ont déclenché Le Déjeuner sur l’herbe ou l’Olympia de Manet ? L’Origine du monde de Courbet choque-t-elle encore ? Adulées de nos jours sur les cimaises des musées, reproduites en affiches, en cartes postales, sur des mugs ou des magnets, de nombreuses oeuvres de la seconde moitié du XIXe siècle ont été accueillies avec curiosité et bienveillance, d’autres au contraire se sont heurtées à la fureur critique et à l’indignation du public de l’époque.
Que s’est-il passé? Comment ces peintures et ces sculptures ont-elles fini par atteindre une notoriété mondiale ? Qu’est-ce qui a favorisé leur gloire ? Emaillé d’anecdotes et augmenté d’un quiz, cet ouvrage retrace le fabuleux destin de 60 oeuvres parmi les plus célèbres de cette période majeure de l’histoire de l’art, de leur arrivée dans l’arène artistique jusqu’à leur consécration actuelle.

L’Avis d’Elodie:

J’ai eu la joie de recevoir ce livre grâce à l’éditeur et à Babelio dans le cadre des Masses Critiques, merci à eux!

Franchement, c’est un plaisir d’avoir entre les mains un ouvrage sur l’art qui ne soit pas guindé ou ennuyeux à la longue… Une fois n’est pas coutume, la présentation graphique est au rendez-vous, et c’est plein de curiosité que l’on feuillette les pages colorées de ce joli livre sur l’art.

Vincent BROCVIELLE nous présente 60 oeuvres  appartenant aux collections du musée d’Orsay, à Paris, et datant du XIXe siècle.

Chacune a une histoire bien particulière, et n’a pas accédé à la célébrité sans remous. »L’âge d’Airain » de RODIN a par exemple été refusé car on pensait que le sculpteur n’avait pas sculpté, mais triché en moulant directement sur le modèle, tant l’oeuvre était réaliste! VAN GOGH ne devint connu qu’après son suicide, et l’obsession de MONET pour ses « Cathédrales » fut difficilement comprise. On comprend que le chemin vers la reconnaissance n’est pas aisé, et qu’avoir un nom connu ne suffit pas toujours pour vendre. Ainsi Edouard Manet est bien triste, lorsque son Olympia ne récolte que des «injures qui pleuvent sur lui comme la grêle». La constante qui se dégage à la lecture de l’ouvrage, c’est que pour être connu, il faut d’abord être insulté!

Chaque oeuvre est présentée durant 2 à 4 pages, de courts paragraphes à thèmes sont articulés autour de l’illustration et crée un ensemble dynamique agréable à lire, sans être lassant… Ce qui est rare pour un livre d’art!

Source image: S’amuser ensemble, canalblog

Aucun ordre ne semble présent, et fait de ce livre un ouvrage qu’on feuillette au gré de nos envies, et non un pavé « fleuve » à lire d’un coup, ce qui correspond assez à ma façon de procéder lors des visites en musées!

Les rabats des couvertures comportent un quiz pour jouer et vérifier nos connaissances. A faire avant la lecture, les surprises sont au rendez-vous!

Si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller l’excellent article de Libération sur l’ouvrage.

En conclusion, un livre sur l’art des plus ludiques, que je n’hésiterai pas à utiliser pour mes cours (prof d’art au clavier, bonjour!). De plus, il peut servir pour une visite du musée d’Orsay, valeur ajoutée!

Publicités

L’oeuvre de Fumito Ueda : une autre idée du jeu vidéo

9791094723654_1_75.jpgTitre :  L’oeuvre de Fumito Ueda : une autre idée du jeu vidéo

Auteur : Damien Mecheri

Éditeur : ThirD Editions

Pagination : 224 pages

Prix : 19€90

Pour commander : Ici
(Un extrait est disponible à la lecture ;))

Résumé : Interrogation emblématique qui depuis des années alimente les débats, la question de l’essence artistique du jeu vidéo continue d’être débattue aujourd’hui. S’il apparaît essentiel pour la reconnaissance de la valeur culturelle du médium, ce sujet fait en réalité grincer bien des dents. Parmi les jeux qui alimentent le débat, une trilogie se démarque particulièrement, signée par le concepteur japonais Fumito Ueda, dont la démarche de création – proposer quelque chose qui n’existait pas ailleurs – a habité la confection de chacune de ses productions : ICO, Shadow of the Colossus et The Last Guardian. Trois œuvres qui partagent une même esthétique, une même philosophie de la conception vidéoludique, voire un même univers. Surtout, trois œuvres qui nous renseignent sur l’homme derrière elles et son idée fixe : proposer une autre idée du jeu vidéo.


L’avis d’Anaïs

Il y a toujours cette fameuse question que l’on redoute quand on aborde un sujet qui passionne les deux interlocuteurs : quel/le est ton/ta [insérer objet ici] préféré/e ? Parfois on répond qu’il y a un peu de tout en essayant de citer tout ce qu’on peut de différent, et d’autres fois on sait pertinemment quoi répondre. Pour les jeux vidéos, j’aime bien répondre que je joue de tout, ce qui est vrai dans un sens, mais j’aime surtout pouvoir avouer que parmi les jeux qui m’ont le plus marqués, il y a ICO, Shadow of the Colossus et The Last Guardian. Par conséquent, quand la petite maison d’édition « ThirD » a sorti en mai 2017 cet ouvrage, c’était une évidence : il fallait que je l’ai et que je le lise.

Concrètement, le livre est séparé en 5 parties distinctes :

  • Création
    • Cette partie est intéressante car non seulement elle parle de la création (d’où le nom!) des trois jeux, mais aussi des différentes influences artistiques qui ont pu inspirer des morceaux des jeux, ou encore le développement de ces derniers.
  • Univers
    • Analyse plus profonde de la trilogie, cette partie est la plus « spoil » du livre car elle explique chacun des jeux dans leur histoire et leur déroulement avec justesse. Un rapprochement entre les diverses thématiques (les cornes, les mythes,…) termine de combler le chapitre.
  • Musique
    • Sans doute bêtement ce qui m’a fait aussi acheté le livre car la bande originale est toujours très importante pour moi dans un jeu comme dans un film. Et forcément, pour ceux-ci, je voulais savoir ce que donnais une analyse des instruments et des musiques associées aux divers passages des jeux. Très intéressant encore une fois.
  • Décryptage
    • Partie la plus dense et la plus longue du livre. J’avoue que le début m’a légèrement ennuyée car pour pouvoir parler du jeu vidéo en tant qu’art, on a droit a la définition même de l’art ainsi que la notion d’auteur. Je vous rassure, ça reste utile pour comprendre la suite mais ayant étudié cela en long et en large, c’est de là que vient mon ennui ^^ » Par la suite, on en apprend énormément sur (justement) le jeu vidéo en tant qu’art, les techniques de cinématiques, de mise en lumière, etc…
  • Héritage
    • Conclusion efficace sur l’oeuvre de Fumito Ueda, l’héritage est bourré de références de jeux d’hier et d’aujourd’hui qui se rapproche plus ou moins de la trilogie TRICO, entre clin d’oeil, faux amis et sur l’avenir proche.

Mon premier coup de cœur allait à la couverture alors que les trois jeux et leurs personnages sont représentés dans des lieux rassemblés en un univers commun. Ce ne sera malheureusement que la seule illustration que vous trouverez dans ce livre et c’est sans doute l’un des seuls vrais bémol que j’aurai à émettre. Car des artworks, des recherches, des croquis ou des plaquettes (même si les exclusivités sont rares), sont toujours un plaisir pour les yeux lorsqu’on est fans. On retrouve à minima des symboles ressemblant à l’écriture imaginaire utilisée dans ces jeux comme puces et barres de séparations.

L’auteur a parfois de courtes incursions subjectives sur des phénomènes ou des évènements qui peuvent faire tiquer certains, notamment sur la « tendance « abominable » du speed watching » causé par le bain de la surconsommation. Un peu brusque comme note de bas de page quand même ! Par ailleurs, celui-ci se dédouane également de toute analyse plus profonde des différents jeux au niveau des symboliques profondes et des hypothèses que le tout internet a pu créée. Il aurait été agréable d’avoir en surplus, quand bien même celles-ci auraient été fausses, un petit florilège des « on dit » sur les histoires du jeu. Rien de bien grave néanmoins.

Ce livre s’adresse en tout cas aux fans, aux vrais. Inutile d’en parler à ceux qui apprécient juste le jeu vidéo ou qui aurait effleuré la trilogie : ce serait les spoiler inutilement voire pire, les ennuyer. Mais à contrario, évidemment, je le conseille vivement à ceux qui ont admiré le travail de Fumito Ueda et même si vous n’avez joué qu’à un seul des jeux car le reste vous donnera envie de tester les autres. Une vraie petite perle pour découvrir toujours plus de cet univers onirique.

L’Herbier des Fées

Afficher l'image d'origineTitre: L’Herbier des Fées

Auteur: LACOMBE et PEREZ

Editeur: Albin Michel

Date de sortie: 2011

Prix: 29 euros

Nombre de pages: 50 pages

Pour commander:

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥♥

Challenge Faerie : 17 ème chronique! 🙂

 

Résumé:

L’Herbier des Fées est le carnet intime d’un éminent botaniste russe du siècle dernier. Détaché du Cabinet des sciences occultes de Raspoutine, en quête d’un élixir d’immortalité, ses recherches le mènent en forêt de Brocéliande, célèbre pour ses plantes médicinales et ses légendes.
Ce qu’il découvre dans ces bois va bouleverser sa vie à jamais…

Mêlant merveilles botaniques, correspondances et personnages féeriques, ce livre vous attire dans un monde magique et mystérieux.

L’Avis d’Elodie:

J’ai acquéri ce livre lors du Salon du Livre Jeunesse de Troyes, auquel j’ai consacré un article. J’ai pu rencontrer l’illustrateur Benjamin LACOMBE et l’écrivain Sébastien PEREZ, et ai eu une jolie dédicace:

a56e0e99e8af621cf5eec956255196a4

J’ai eu un grand coup de coeur pour cet ouvrage. Les thèmes conjugués des fées et de l’herbier m’a énormément plu, et cela tombait à pic pour le Challenge “A la recherche de Faerie” du Bazar de la Littérature.

Esthétiquement, le livre est absolument parfait, et je pèse mes mots. Nos yeux, notre toucher, notre imagination sont sollicités. Les illustrations sont des bijoux de finesse, et mêle des inspirations diverses: on pense au préraphaélisme, courant artistique dont je suis amoureuse, ou Burton, avec ses têtes immenses et ses yeux désespérés.

J’ai adoré la mixité des techniques: crayon, aquarelle (je pense à la page des Renouées amphibies), peinture… Le toucher est,  comme je le disais auparavant, sollicité avec des découpes astucieuses qui dissimulent autant qu’elles dévoilent les pages suivantes, du calque lisse et du papier de qualité. Ci dessous, ma double page préférée, mais la photographie fait bien peu hommage à la réalisation. Les fées sont en effet brillantes en réalité, et lorsqu’on touche le livre, on sent du volume à leur niveau.

Afficher l'image d'origine

L’univers des fées de Brocéliande est sublimé. Entre clins d’oeil aux mythes et relecture avisée, l’ouvrage nous livre une vision originale du monde féerique. Des doubles pages sont consacrées au boudeur Rossolia, à la danseuse Helleboria, au craintif Aruma… Chaque plante à Brocéliande a sa fée, et cela permet de créer un bestiaire-herbier des plus divers. La présentation fait bien évidemment penser à un ouvrage de recherches. Des dessins anatomiques sont mêlés à des reproductions de photos et à des extraits de lettres. Mais loin d’être scolaire, cette présentation originale ajoute de l’intérêt à l’ouvrage.

Afficher l'image d'origine

 Si LACOMBE s’est surpassé niveau illustrations, PEREZ démontre une fois encore l’auteur incroyable qu’il est avec des textes ciselés, des descriptions passionnantes, le tout rassemblé dans une trame cohérente et une intrigue passionnante. On suit l’histoire d’Aleksandr, scientifique mandaté par Raspoutine en Brocéliande afin de faire des recherches sur l’immortalité. Si Aleksandr se comporte un temps en chercheur buté et insensible, sa quête le mènera finalement à la recherche de sa propre humanité…

En plus d’être un très beau livre, l’ouvrage pose des questions de fond. La notion d’éthique est soulevée: plus il apprend à connaître les créatures de Brocéliande, plus Aleksandr a honte de ses premières expériences et de ce qui peut s’apparenter à de la torture.

Le pardon aussi est évoqué: malgré ses méfaits, le protagoniste est protégé par les fées, notamment par la jolie OEilletereine. On sent bien qu’il s’agit d’ailleurs de la créature préférée de LACOMBE: on la retrouve en couverture, et pas moins de 5 pages lui sont consacrées, en plus d’évocations tout au long du livre.

Afficher l'image d'origine

Enfin, une vraie réflexion est développée sur le thème de la famille:  obnubilé par son travail, Aleksandr en oublie les gens qu’il aime, et ce n’est que lorsque le danger arrive qu’il réalise ce qu’il est en train de perdre… A ce sujet, grand coup de chapeau à l’auteur Sébastien PEREZ qui a repris le concept du message caché de SAND ou MUSSET, la double lecture de fin est bien pensée, et ajoute du suspense à une histoire des plus réussie.

Voici une vidéo publiée par LACOMBE pour vous donner une meilleure idée du visuel de l’ouvrage:

Vous l’aurez compris à l’usage incessant de superlatifs: ce livre est une pure merveille et un des plus beaux ouvrages de ma bibliothèque!

L’Univers Féerique d’Olivier Ledroit

Afficher l'image d'origine

Titre: L’Univers Féerique

Auteur: Olivier LEDROIT

Editeur: DM

Date de sortie: 2005

Prix: 12 euros

Nombre de pages: 50 pages

Pour commanderEditions DM

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥♥

Challenge Faerie : 15 / 10-15  chroniques en mode Kelpie

 

Résumé:

L’univers d’Olivier Ledroit est composé d’esprits mystérieux et insaisissables : les Elfes et les Fées.
Il a fallu à notre illustrateur toute la dextérité pour pouvoir les approcher, les croquer, et nous livrer ce guide des Fées et des Elfes les plus remarquables.

L’Avis d’Elodie:

Je suis amoureuse du style de LEDROIT depuis mes années adolescentes, et cet affection n’a jamais été désavouée. Et de tous les ouvrages dont il est l’auteur, c’est celui-ci que je préfère, talonné de peu par « Wika » dont je compte parler bientôt.

Olivier LEDROIT est un dessinateur français, auteur notamment des « Chroniques de la Lune Noire » et de « Requiem: Chevalier Vampire ». Il dit apprécier MIYAZAKI et JB MONGE, références que je ne peux que partager!

Le livre est en réalité une sorte d’encyclopédie qui relate page après page les différentes sortes de fées, démons et autres créatures que l’artiste s’applique à faire vivre depuis plus de 25 ans. La présentation fait penser à un ouvrage naturaliste.

Le travail de LEDROIT est tout bonnement incroyable: que ce soit le crayon ou l’aquarelle, le résultat est sublime, détaillé à l’extrême (à l’excès selon un Meltoryas migraineux). Chaque élément est pensé, calibré avec minutie et trouve sa place dans un ensemble fourmillant.

Afficher l'image d'origine

Le livre s’articule en double pages, recouvertes en grande partie par des dessins léchés de LEDROIT, moins sombres que son style habituel.

Les textes sont signés Laurent et Olivier SOUILLE, et leurs plumes sont un régal. Le style est simple, mais des plus agréable. Le risque dans le format encyclopédique est de lasser le lecteur et de ne pas créer une cohérence d’ensemble. Mais mon inquiétude était vaine: les auteurs, servis par la force des dessins, se sont lancés dans des récits des plus passionnants. Mon coup de coeur? Le dessin et l’histoire d’Elzéchior le Maudit et la grande page centrale dédiée à la farandole des fées:

Afficher l'image d'origine

Pour évoquer le sujet du challenge Faerie du Bazar de la Littérature, alors que la chronique de cet ouvrage me permet de compléter mon mode Kelpie, les fées sont très présentes dans cet ouvrage.

Fées papillon, Titania, les Nogloks, les Nocturnias… Ils sont nombreux, et viennent à la fois de l’imagination fourmillante de LEDROIT et SOUILLE, et des classiques de la littérature. Si la Titania fait immédiatement penser au « Songe d’une Nuit d’Eté » de SHAKESPEARE, elle est à la sauce LEDROIT plus fragile, moins ambiguë, presque humaine. Sans vraiment revisiter les mythes, les auteurs nous livrent une version intelligente des légendes féeriques qui ont bercé notre enfance. C’est plus dans le dessin, parfois sombre, que l’originalité apparaît, et c’est un plaisir.

« L’Univers Féerique » est un beau livre qu’on expose fièrement, un ouvrage indispensable pour les amoureux des mondes féeriques. Un grand coup de coeur.

 

JAZZ – 100 photos pour la liberté de la presse

Afficher l'image d'origineTitre: JAZZ – 100 photos pour la liberté de la presse

Auteur: REPORTERS SANS FRONTIERES et MAGNUM

Editeur: Reporters sans Frontières

Date de sortie: décembre 2016

Prix: 9,90 euros

Nombre de pages: 144 pages

Pour commanderBoutique en ligne RSF

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥

Résumé:

Depuis ses débuts, le jazz, surtout live, captive l’attention des grands photographes. Des éclats de musique dans la pénombre des clubs aux silhouettes fantomatiques des petits matins, RSF et Magnum Photos rendent hommage à toutes les lumières du jazz.

La sélection unique de photos qui compose le portfolio met l’accent sur ce qui constitue l’essence de cette musique, l’improvisation, la collaboration et l’innovation, à travers le regard de grands photographes de l’agence Magnum Photos : Guy Le Querrec, Dennis Stock, Leonard Freed, Burt Glinn, Robert Capa, Philippe Halsman et des archives exceptionnelles de la Collection F. Driggs. Chacun a su rompre avec une certaine esthétique nostalgique et léchée, toute en volutes de fumées et contrastes accentués, pour imposer un autre regard, décentré, intime, frondeur, complice.

De célèbres fans de la note bleue improvisent sur ces images et la musique qu’ils aiment : Pierre Assouline, Jacques Gamblin, Francis Marmande, Jean- Pierre Marielle. Michel Butor, quelques jours avant son décès, a offert à RSF l’un de ses tout derniers textes. Et Toni Morrison, prix Nobel de littérature en 1993, nous ouvre une page swingante de son livre Jazz. Jean-Jacques Sempé participe également à cet album exceptionnel avec un dessin de couverture de The New Yorker.

L’avis d’Elodie:

Une fois n’est pas coutume, c’est d’un livre un peu particulier que j’avais envie de vous parler cette fois-ci. Il s’agit d’un magazine dont le format et le traitement le rapproche tant d’un livre traditionnel que j’ai décidé de ne pas faire la différence. Le principe est simple: tout les 3 mois environ, un album de photographies, signées par des artistes de renom, paraît. L’argent récolté permet de servir la cause de l’organisation « Reporters sans frontières »:  » aider des journalistes en danger, de soutenir des médias en difficulté ou encore de fournir des casques ou des gilets pare-balles à des reporters travaillant en zones de guerre, où informer peut coûter la vie. » (source: RSF )

Cela fait quelques années que j’achète ces ouvrages, et en passant chez le marchand de journaux, je suis tombée sur le dernier numéro. En passionnée de jazz, je ne pouvais que l’acquérir. Et je n’ai pas été déçue.

Les photographies présentées nous montrent l’envers d’un décor tamisé, à la fois électrisant et plein de langueur. Nombreuses sont les images marquantes, frappant à la fois par leur élégance et leur subtilité. Le mieux est d’en montrer quelques unes:

d1b94db7961406cf262df73e85bf2b3e

Ici, Coleman HAWKINS, « inventeur du saxophone », jette un dernier coup d’oeil plein de malice à son instrument avant de monter sur scène. Photographie de Dennis STOCK pour Magnum en 1958.

par59937_0_0.jpg

Cette image de DRIGGS pour l’agence Magnum nous montre les chanteuses Ivie ANDERSON et Ella FITZGERALD en compagnie de Duke ELLINGTON à Harlem en 1938, dans l’un des premiers lieux où blancs et noirs pouvaient se rencontrer. En plus de montrer des personnes mythiques, cette photographie illustre bien une légèreté rare à une époque encore trouble, où le militantisme noir est en plein essor mais où les discriminations sont encore bien présentes.

Les photographies, toutes magnifiques, sont accompagnées d’écrits superbes. Mention spéciale au dernier texte de Michel BUTOR, bijou d’écriture.

C’est donc un ouvrage complet, un beau livre à prix accessible et surtout édité pour une bonne cause que je vous conseille ici. Il est encore disponible en ligne et chez votre marchand de journaux ou libraire, alors n’hésitez pas!

David Bowie et le rock dandy

41FI4-DYOrL._SX195_.jpg

Titre : David Bowie et le rock dandy
Auteur : Loic PICAUD
Éditeur : Hors Collection
Date de sortie : mars 2016
Prix : 22 euros
Nombre de pages : 178 pages

Pour commander : Editions Hors Collection

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥

 

Résumé:

Un livre référence superbement illustré qui situe David Bowie au cœur d’un foisonnant réseau d’influences : celles qu’il a captées comme celles qu’il a exercées sur plusieurs générations d’enfants du rock.

Son œuvre, en perpétuelle mutation, a suscité d’innombrables vocations parmi les générations de musiciens qui se sont succédé au fil des générations. En 2016, après un album sorti de nul part, il livre en silence depuis son repaire new-yorkais un dernier combat contre le cancer et met en scène sa propre mort à travers le testamentaire « Blaskstar ».

Le monde se rend compte qu’il vient de perdre un génie.

L’avis d’Elodie:

Avant tout, je tenais à remercier Babelio et les éditions Hors Collection de m’avoir fait parvenir ce livre dans le cadre de l’opération « Masse Critique », je suis ravie!

Je commence comme d’habitude par évoquer la jaquette de l’ouvrage. La couverture est superbe, j’ai beaucoup apprécié le travail graphique de Loic LEVEQUE, avec une composition alliant une photo n&b de Bowie remontant à un concert en 1976 et une typographie soignée. Bref, le résultat est élégant et attire le regard, bravo.

Mon bémol se situe dans la quatrième de couverture. J’avoue avoir grincé des dents en lisant tout un paragraphe sur la mort de Bowie, comme si on avait besoin du décès de l’artiste pour attirer le public. Et le summum est atteint avec la dernière phrase « Le monde se rend compte qu’il vient de perdre un génie. » A mon goût, plus un titre de journal people qu’un résumé éditeur, mais j’admets être dure. Mais pour moi, ce résumé est plus destiné à raviver le buzz qu’à informer le futur lecteur, et c’est dommage.

Passons au livre à proprement dit. Le sommaire est clair, l’ouvrage suit la vie de Bowie de manière chronologique. Le texte est conséquent, on est en face d’un vrai ouvrage documentaire et non pas d’un énième recueil de photos, point positif. Les photos, justement, sont néanmoins nombreuses et vraiment belles. Coup de coeur pour la fin de l’ouvrage, où l’on retrouve 3 images iconiques de l’artiste, en n&b toujours.

Lire la suite

La Petite Encyclopédie du Merveilleux

9782842285739.jpg

Titre : La Petite Encyclopédie du Merveilleux
Auteur : Edouard BRASEY
Éditeur : Le Pré aux Clercs
Date de sortie : réédition en octobre 2015
Prix : 29 euros
Nombre de pages : 432 pages

Pour commander : leslibraires.com

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥♥

 

 

Résumé:

C’est à la découverte d’un fabuleux trésor, d’un extraordinaire patrimoine légendaire sauvegardé de siècle en siècle par les conteurs, les mythologues et les folkloristes que nous convie cette Petite Encyclopédie du Merveilleux. Les lecteurs passionnés de fantasy ou de fantastique y retrouveront les fées enchanteresses, les elfes musiciens, les sirènes sensuelles, les nains grinçants et les lutins malicieux des peuples de la lumière, voisinant avec les dragons, chimères, licornes et bêtes pharamines du bestiaire fabuleux ainsi qu’avec les démons, sorcières, vampires et loups-garous des peuples de l’ombre. Au total, plus de deux cent cinquante personnages, esprits ou animaux sont ici répertoriés avec leur description, leur origine géographique et mythologique, leurs moeurs et leur histoire.

L’avis d’Elodie:

Commençons cette chronique par mon dada habituel: la couverture! Et c’est une artiste bien connue des lecteurs du Baz’art des Mots qui la signe: Sandrine GESTIN! J’ai déjà évoqué cette dessinatrice talentueuse lors de 2 critiques: la première fois il s’agissait de l’anthologie Il était une fée (voir lien), la deuxième pour son propre ouvrage intitulé La Petite Faiseuse (voir lien). Le moins qu’on puisse dire, c’est que BRASEY a donc confié le graphisme de cette couverture à quelqu’un de sûr, et que le résultat est réussi. Une porte sculptée dans les tons bleu argent encadre une titre ouvragé et un insert où l’on retrouve la Reine des Fées, personnage fétiche de GESTIN.

Le contenu, lui, est pantagruélique! 432 pages, plus de 250 créatures décrites… Heureusement que BRASEY a choisi de se limiter à la culture occidentale! Cet ouvrage est en réalité l’addition de 3 volumes parus précédemment, « Des peuples de la lumière », « Du bestiaire fantastique » et « Des peuples de l’ombre », édités entre 2005 et 2006 et récompensés  lors du Festival des Imaginales (voir lien de notre débriefing sur l’édition de cette année). Du coup, chaque partie est divisée en chapitres, évoquant les peuples des métamorphoses, ou les monstres marins et horreurs lacustres…

Loin d’être un dictionnaire lassant, l’ouvrage se lit de manière des plus ludiques. Une impression renforcée par la quantité d’illustrations, toutes plus belles les unes que les autres. Aux illustrations anciennes se joignent gravures anciennes et tableaux de maîtres.

Pour en venir au Challenge Faerie (voir lien vers le Bazar de la Littérature), la partie qui m’a particulièrement intéressée est celle consacrée aux Fae, bien évidemment.

Lire la suite