Sorcière malgré elle

thMTJA8BGIAuteur : Méropée MALO

Date de sortie : 2016, septembre 2018 pour la présente édition

Éditions : Castelmore

Note : 2,5♥ /5

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies et sur castelmore.fr

Challenge PIF: Pallier Scientifique fou 3/6 livres (dont 2 relectures)

Défis du PIF 8. Lire un récit avec un personnage principal féminin & 9. Lire un livre écrit par une autrice

Résumé:

Assia, dix-neuf ans et bac en poche, rentre chez elle après des années en pension. Mais il n’y a personne pour l’attendre et elle apprend que toute sa famille est morte. La voilà seule au monde…
La jeune fille découvre alors qu’elle est l’héritière d’une lignée de sorcières. Elle va devoir apprendre à manier ses nouveaux pouvoirs avec pour unique professeur un vieux grimoire, puisque sa mère n’est plus là.
Assia n’est pas du genre à se laisse abattre : elle surmontera toutes les épreuves et éclaircira les circonstances qui ont mené à la mort des siens, parole de sorcière !

L’avis d’Elodie:

Je dois avouer qu’il est pour moi difficile de rédiger cette chronique tant mon avis est confus et partagé… et donc c’était d’autant plus nécessaire! Il y a eu des choses que j’ai adoré dans l’ouvrage… et d’autres qui m’ont carrément rebutée. Le verdict peut paraître plutôt négatif dans l’ensemble, mais se conclut par des notes d’espoir!

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Le Clan des Otori

Titre : Le Clan des Otori
Auteur : Lian Hearn
Éditeur : Gallimard Jeunesse /Folio
Date de sortie : Série de 5 tomes, parus de 2003 à 2007, réédition chez Gallimard en 2017 chez Gallimard
Prix : 9,10 € par volume
Nombre de pages : 690 pages pour le dernier tome
Pour commander : c’est ici

Résumé :

Au XIVe siècle, dans un Japon médiéval mythique, le jeune Takeo grandit au sein d’une communauté paisible, les Invisibles, qui condamnent la violence, mais elle est massacrée par les hommes d’Iida, chef du clan des Tohan. Takeo est sauvé par sire Shigeru, du Clan des Otori et se trouve plongé au cœur de luttes sanglantes entre les seigneurs de la guerre. Il doit suivre son destin. Mais qui est-il ? Paysan, seigneur ou assassin ? D’où tient-il ses dons prodigieux ? Et qui est donc cette fameuse Tribu, aux pouvoirs mystérieux, qui le revendique comme membre ? Lorsqu’il rencontre la belle Kaede, promise par mariage arrangé à Shigeru, l’amour naît entre les deux jeunes gens…

La trilogie initiale raconte l’histoire de Takeo et de Kaede. Le 4e, ajouté par Lian Hearn au vu du succès de ses premiers écrits, évoque le devenir des enfants de Takeo. Enfin, le 5e tome est un prélude sur la vie de Shigeru.

L’avis de Elodie :

J’avais acheté ces livres dès leur sortie en poche, en 2007 donc. 12 ans déjà, bonjour le coup de vieux. J’ai écrit une première version de cet article en 2013, et 6 ans plus tard, me voilà en train de fignoler cette chronique, ayant eu un gros, gros coup de cœur pour la réédition de cette saga chez Gallimard Jeunesse et m’étant replongée dans l’histoire de Takeo et Kaede.

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Révolte de feu

Révolte de feu (La Trilogie du Tearling, Tome 2)Auteur : Erija JOHANSEN

Année : juin 2018

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 696

Note : 5 ♥

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies, le livre de poche

Vous pouvez trouver la chronique portant sur le tome 1 ici: Reine de cendres

 

Résumé:

Maintenant qu’elle porte la couronne, elle doit sauver le royaume.
Au fil des jours, Kelsea Glynn apprend à assumer ses nouvelles responsabilités de souveraine. Mais en stoppant les livraisons d’esclaves à Mortmesne, elle a provoqué la colère de la tyrannique Reine rouge, qui tire son pouvoir de la magie noire. En représailles, son armée attaque le Tearling pour s’emparer de ce qui, selon elle, lui revient de droit. Rien ne peut arrêter l’invasion. Pour la Reine du Tearling, face aux hordes noires qui menacent de déferler sur sa cité et sur son peuple, le temps manque.

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La Mythologie Viking

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Titre : La Mythologie Viking – Odin, Thor, Loki & Autres contes

Auteur : Neil Gaiman

Type : Fantastique

Éditeur : Pocket

Nombre de pages : 288

Note : 5 ♥

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies, aux éditions Pocket

Résumé :

La légende raconte qu’il existerait neuf mondes, reliés par Yggdrasil, le frêne puissant et parfait. C’est là le théâtre des aventures d’Odin, le plus grand et ancien dieu, Père de tout ; de son fils aîné Thor, fort et tumultueux, armé de Mjollnir, son légendaire marteau ; et de Loki, séduisant, rusé et manipulateur inégalable. Dieux trop humains, parfois sages, souvent impétueux, quelquefois tricheurs, ils guerroient, se défient et se trahissent. Jusqu’à Ragnarok, la fin de toutes choses.

Voici leur histoire, rapportée par Neil Gaiman, le plus grand des conteurs.

L’avis d’Anaïs:

Il me tardait de revenir sur le blog pour une nouvelle chronique que j’ai longuement faite attendre. Ce petit coup de cœur a une histoire bien à elle tandis que je suis allée à Paris pour un petit week-end entre amies. M’étant retrouvée seule à l’arrivée, j’en ai profité pour aller flâner dans le quartier de Jussieu où deux librairies ont ouvert en 2018, cette fois-ci c’est de la seconde dont je vais parler. Sur conseil, je suis allée chercher Le Nuage Vert, une librairie spécialisée dans les littératures de l’Imaginaire qui a ouvert en ce tout début d’année. Si vous avez l’occasion d’y passer, n’hésitez absolument pas, Eléonore est une libraire passionnée qui sait vraiment de quoi elle parle ! Dommage que mon porte-monnaie n’ait pas été extensible, je lui aurais sans doute vidé un bon quart de la librairie 😉

Il s’avère que pour le coup, mon regard s’est posé sur La Mythologie Viking qui venait juste de sortir. Qui ne connaît pas Neil Gaiman, auteur entre autres de Sandman ou de American gods, des chefs d’œuvres que je vous ordonne de lire si ce n’est pas déjà fait ! Combiné au fait que je venais de terminer le dernier God of War sur PS4, il est clair que le nordique ça me parlait au mois de mai. Et effectivement, il s’agit de contes dont je connaissais quelques petites choses comme Yggdrasil, l’arbre monde, ou encore le marteau de Thor, des petites choses çà et là. L’avantage de ce genre d’ouvrages est de pouvoir se plonger dans les véritables mythes originels.

Au-delà du fait que Thor ne soit pas blond et que Loki n’en rate absolument pas une pour mettre le bordel, ce livre nous raconte notamment la naissance du monde en premier lieu, puis les aventures et mésaventures d’Odin, Thor et Loki principalement. Pas d’inquiétudes, d’autres dieux et événements sont cités mais beaucoup tournent autour de ces trois figures de la mythologie viking. Et c’est très appréciable de découvrir d’où vient Mjollnir, résultat d’un concours entre nains dont le but premier était de forger une nouvelle chevelure pour Sif, femme de Thor… rasée par Loki.Ou encore comment Thor, accompagné de Tyr, s’en vont en quête d’un chaudron assez grand pour brasser une quantité suffisante de bière.

C’est cocasse, drôle, mais aussi surprenant et très intéressant. L’on ne connait souvent que très peu les mythes, déformés par les séries et les films ou même des livres utilisant ces bases pour enjoliver et nous le servir bien différent de ce qu’il est à l’origine. Il est évident qu’acheter ou emprunter un livre sur les contes ou les mythes peut parfois être assez lourd à lire, par exemple Les Métamorphoses d’Ovide, mais Neil Gaiman réussit le pari de pouvoir nous y intéresser en l’espace de 300 pages qui se dévorent rapidement à l’instar du serpent-monde Jormungand qui se dévore la queue autour de notre monde.

Simon Thorn et le sceptre du Roi Animal

Simon Thorn, tome 1 : Et le sceptre du roi animal par Carter

Auteur : Aimée CARTER

Année : janvier 2018

Éditions : Michel Lafon

Nombre de pages : 330

Note : 3 ♥

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies, aux éditions Michel Lafon

Résumé:

Simon Thorn a le pouvoir de parler aux animaux. À douze ans, il découvre le secret de ses origines : il est un Animalgame, un être capable de se transformer en animal. Et sa première métamorphose pourrait bien décider du destin de tout un peuple, car il l’ignore mais il est l’héritier du roi des aigles et de la reine des loups… en guerre depuis toujours.

L’Avis d’Elodie:

J’ai découvert cet ouvrage grâce à Alicia, alias Papillon Voyageur, n’hésitez pas à jeter un oeil sur son blog en cliquant sur le lien!

L’ouvrage est destiné à un public jeune, mais cela ne m’a pas rebutée, appréciant de temps à autre lire ce genre d’ouvrages. Après, je suis plus habituée à la littérature « young adult », à partir de 14 ans, et ce livre s’adresse à des enfants d’une dizaine d’années. Heureusement, cela s’est plus ressentie dans la police de caractères (assez grande pour que je puisse lire sans lunettes!) que dans le style. Bien sûr, Aimée CARTER use de mots simples, mais l’ensemble n’est pas bébé.

On suit l’histoire de Simon, qui rentre dans un collège où il est mal intégré… Ses camarades le trouvent bizarres, et pour cause: ils ne le savent pas, mais Simon parle aux animaux. En plus de la question du harcèlement scolaire, d’autres thèmes sérieux sont abordés de manière simple : les problèmes de communication au sein d’une famille, la réflexion sur ses origines… car la mère de Simon ne s’occupe guère de son enfant et il ignore tout de son père. Ces sujets sérieux sont bien abordés par une auteure qui sait choisir ses mots avec précaution, et qui évoque des thèmes difficiles avec délicatesse.

Le style d’Aimée CARTER est efficace, on est rapidement entrainé dans une intrigue tumultueuse riche en rebondissements. Les décors sont supers, on se projette bien dans l’univers crée.

Les personnages secondaires sont parfaitement maîtrisés, et on sent que l’auteure gère son propos: les moindres détails ont leur importance et même un dauphin a priori inutile voit sa présence prendre tout son sens.

Le bémol se situerait au niveau du personnage principal. Il me fait un peu penser à un genre d’Harry Potter, dans le sens que Simon est énervant, à la fois impulsif et en même temps aux émotions trop simplistes. Je n’ai pas vraiment accroché au caractère de ce jeune garçon, dont le comportement peut certes se justifier par son jeune âge et les péripéties inattendues auxquelles il se retrouve confronté. Mais même avec ces circonstances atténuantes, je n’ai pas pu m’empêcher de trouver Simon agaçant. Heureusement que les personnages secondaires précédemment évoqués sont là!

Je tenais à signaler la beauté de la couverture, prof d’arts pla oblige… d’autant que c’est un de mes artistes chouchou qui la signe, aka David GILSON. Si vous ne connaissez pas, allez vite découvrir le travail de ce dessinateur génial!

En conclusion, c’est un ouvrage sympathique que j’évoque ici. Je lui ai mis la note de 3/5, car malgré une fin remarquable et des personnages secondaires bien écrits, j’ai interrompu ma lecture plusieurs fois sans ressentir un énorme manque. Pour le public visé, c’est un ouvrage surement parfait, pour les personnes plus adultes, « Simon Thorn » promet un moment de lecture léger et qui détend… mais sans plus.

Les chroniques des partenaires:

L’avis de Papillon Voyageur

Reine de cendres

Résultat de recherche d'images pour "reines de cendres"Auteur : Erija JOHANSEN

Année : octobre 2017

Éditions : Le Livre de Poche

Nombre de pages : 680

Note : 5 ♥

Où l’acheter: dans toutes les bonnes librairies, le livre de poche

Résumé :

Après la mort de sa mère la Reine Elyssa, Kelsea Raleigh a grandi en exil, loin des intrigues du Donjon royal où son oncle a pris le pouvoir.
Le jour de ses dix-neuf ans, une garde l’escorte de son repaire à la capitale, où elle doit reconquérir la place qui lui revient de droit. Kelsea ne s’est jamais sentie aussi peu capable de gouverner. Pourtant, les atrocités qu’elle découvre vont la pousser à commettre un acte d’une incroyable audace, qui jette tout le pays dans la tourmente.
Long périple semé d’embûches, plein de bruit et de fureur, de trahisons et de combats… Pour Kelsea, l’épreuve ne fait que commencer.

L’Avis d’Elodie: 

« Reine de Cendres » est le premier tome d’une trilogie, donc le tome 2 vient tout juste de sortir. Et autant le dire tout de suite, vu comme j’ai dévoré ce premier ouvrage, le second sera chez moi dans la semaine. Car c’est bel et bien d’un joli coup de coeur dont je vais vous parler ici.

L’histoire débute avec une jeune fille banale (comme d’habitude me direz-vous), cachée dans une masure pour la protéger d’un oncle avide de pouvoir, qui doit être couronnée Reine à ses 19 ans. Le cliché s’arrête je vous rassure. Kelsea est laide, n’ayons pas peur des mots, la demoiselle est pleine d’inquiétudes envers son futur rôle et pleine de questions, aussi… Elle idéalise une mère disparue trop tôt, ignore tout de son père et sait pertinemment qu’une fois arrivée à la capitale pour réclamer son trône, elle n’aura probablement pas le temps de finir sa phrase avant d’être assassinée. Charmant programme en perspective.

Evidemment, comme dans toute quête initiatique qui se respecte, rien ne se passe comme il le faudrait. Les Gardes de la Reine qui viennent la chercher lui paraissent acariâtres et ne cachent pas leur mépris envers cette fille empotée qui est censée leur donner des ordres… superbement ignorés d’ailleurs. L’héritière en question se fait pourchasser de tous les côtés, agresser sans cesse et finit kidnappée par un voleur qui lui ôte un des deux joyaux de la couronne, censés prouver son identité et être dotés de pouvoirs… La mère défunte n’est pas si irréprochable que cela et ne parlons pas de l’accueil disons acéré du tonton.

Bref, en quelques pages Erika JOHANSEN a su mettre en place un joli bordel et des situations de prime abord inextricables. Ce qui fait tout le charme de l’ouvrage, c’est que de ce joyeux chaos sortent de pépites: les dialogues sont entraînants, les personnages ont tous leurs personnalités extrêmement travaillées, le style d’écriture est léger sans être bêta…

Il est impressionnant de voir combien l’auteure a su maîtriser son univers. Les lieux, les dieux, la société dans son ensemble sont expliqués clairement dès le début de l’ouvrage et ce, sans lasser le lecteur.

Je le disais, les personnages sont tous intéressants, JOHANSEN leur a donné des caractères distincts, qui certes correspondent aux canons du genre, mais qui n’en sont pas exempt d’originalité. Last but not least, le personnage de Kelsea est incroyable. Loin des poncifs habituels que je craignais au début de ma lecture, le personnage est pleinement travaillé. Son évolution est fascinante, et ses réactions face au bordel dans lequel elle évolue sont logiques, mais non dépourvues de surprises. Le physique du personnage est atypique, ce qui m’a plu, et on ne tombe heureusement pas dans un délire lassant du genre « elle se trouve laide mais en réalité elle est ravissante, un homme beau et altier saura le lui faire comprendre en lui sauvant la vie de surcroit ». Kelsea n’a besoin d’aucun homme pour lui dicter ses décisions et pour faire d’elle une reine digne de ce nom, et cela fait de cet ouvrage un livre aux relents féministes des plus agréables, d’autant qu’il est destiné à un public adulescent.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce livre, d’autant plus que je l’admets, je ne m’attendais pas à de la grande littérature en l’ouvrant… C’est un récit fantasy entraînant, qui se dévore avec une rapidité à souligner. De mon côté, j’ai lu ce livre en quelques heures, et ai eu du mal à le poser, alors que j’étais en vacances!

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Le livre va être adapté avec Emma WATSON dans le rôle titre, et je ne suis pas très enthousiaste… Emma WATSON est une actrice que j’aime beaucoup, que ce soit pour ses talents d’interprète ou pour ses engagements dans les causes féministes. Mais l’auteure Erika JOHANSEN n’a eu de cesse dans son ouvrage de spécifier à quel point son héroïne Kelsea était « rougeaude », les cheveux de jais, « enrobée », avec des traits acérés et un visage frappant. Vous imaginez Emma Watson dans un tel rôle? Personnellement, je me projetais davantage avec une Maisy WILLIAMS (Game of Thrones) avec quelques kilos supplémentaires. La tendance d’Hollywood a tout enjolivé et a s’éloigner de la réalité scénaristique d’un ouvrage au profit d’un rendu plus bankable me fatigue…

La Fille d’Encre et d’Etoiles

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Titre : La Fille d’Encre et d’Etoiles
Auteur : Kiran MILLWOOD HARGRAVE
Éditeur : Michel Lafon
Prix : 14,95 euros
Nombre de pages: 268 pages
Pour commander : Michel Lafon

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥
Catégorie: Young Adult, Fantastique

Résumé:

Alors qu’il est interdit de quitter l’île de Joya, Isabella rêve des contrées lointaines que son père a un jour visitées et cartographiées. Quand sa meilleure amie disparaît, Isabella est résolue à faire partie de l’équipe de recherches. Guidée par une carte ancienne, appartenant à sa famille depuis des générations, et par sa connaissance des étoiles, Isabella prend part à l’expédition et navigue dans les dangereux Territoires Oubliés. Mais sous leurs pas, un mythe féroce s’agite dans son sommeil…

L’Avis d’Elodie:

Avant tout, je tenais à remercier les éditions Michel Lafon et Camille Groelly, grâce à qui j’ai pu avoir cet ouvrage.

eu un immense coup de coeur pour la couverture, absolument sublime, qui m’a motivée à postuler pour recevoir ce livre. Un grand bravo à Helen CRAWFORD- WHITE, qui a également signé les illustrations intérieures. Chaque page est agrémentée de boussoles et de motifs sur les bordures, et si cela déstabilise de prime abord, on s’y habitue vite et c’est esthétiquement très réussi.

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L’histoire est celle d’une très jeune fille, Isabella, qui vit sur une île nommée Joya dans un monde qui ressemble au notre, et qui semble se situer aux temps des grandes explorations. Les protagonistes connaissent l’Afrique et l’Europe, mais les noms sont hispanisés et la géographie des lieux est fluctuante. L’île elle-même est en partie sauvage, et n’a pas été cartographiée entièrement. Elle est gouvernée par un gouverneur qui tient plus du dictateur et qui a une fille: Lupe. La demoiselle disparaît après une dispute avec notre héroïne, qui décide alors de s’enfoncer dans les terres inconnues pour retrouver son amie.

Le scénario semble simple de prime abord, mais l’univers est dense: une île inspirante, une mythologie passionnante et une héroïne de caractère, le début de ma lecture m’a enthousiasmée!

Le livre est clairement orienté jeunes adultes, mais cela n’empêche pas de jolies formulations et de beaux exercices de style. L’écriture est fluide, mais les phrases sont bien tournées, et j’aime ce genre d’écrit.

Les descriptions sont réussies, lorsque l’héroïne déambule des forêts moites et inquiétantes aux grottes sombres et étroites, on la suit sans difficulté, et on s’y croirait.  L’île en elle-même est fascinante, j’adorerai errer avec Isabella et créer des cartes du lieu, et ce malgré les dangers que Joya recèle.

Ce qui a pêché pour moi, c’est le manque de développement des caractères des protagonistes, et le fait que l’auteure semble avoir eu du mal à suivre sa propre trame. Tout livre suit généralement un schéma narratif, qui se compose ainsi (oui oui, je vous fais réviser les cours de français, ne me remerciez pas!)

  • situation initiale, avec la présentation des personnages, mise en place des espaces temps et lieux
  • élément perturbateur
  • aventures
  • dénouement
  • situation finale

Or Kiran MILLWOOD HARGRAVE n’a guère présenté ses protagonistes avant d’introduire un élément perturbateur (la mort de Cata), qui d’ailleurs ne nous marque pas, ladite demoiselle étant une parfaite inconnue. On se retrouve avec un Pablo qui n’a guère de rôle à part celui d’être constamment auprès de l’héroïne, un Pa qui pourrait être bien plus attachant si l’auteure lui avait laissé plus de place… Les personnages sont sous-exploités, alors que la trame présente était prometteuse.

Si les aventures sont ensuite dynamiques et bien rythmées, on reste néanmoins sur une impression de faim, l’univers de l’auteure aurait pu être bien plus développé… Si la personnalité des personnages est vite expédiée, l’île aussi aurait mérité davantage. Point positif, deux cartes en couleur sont présentes, elles aussi magnifiques comme tout l’aspect graphique de l’ouvrage. Mais je les trouve un peu enfantines et peu fournies, et j’aurai aimé un respect des codes cartographiques évoqués par l’héroïne Isabella ( des croix pour les dangers, des ronds pour les villages, le nom des arbres…)

Idem pour les mythes présents dans l’ouvrage, j’aurai tant aimé en savoir plus sur le démon Yote et sur Arinta… J’ai comme l’impression que MILLWOOD HARGRAVE s’est racontée l’histoire pour elle-même, et qu’elle a oublié de nous confié les détails de son univers. C’est comme si elle considérait que tout était acquis, qu’on avait toutes les notions… Des notes de fin d’ouvrages n’auraient pas été de trop, si l’auteure n’avait pas voulu submerger le lecteur avec des détails lors du déroulé du roman.

J’ai l’air bien sévère envers un ouvrage à qui je donne quand même la note de 3 ♥ sur 5… Mais je suis triste car je me suis retrouvée frustrée en refermant l’ouvrage, d’autant plus ronchon que j’avais adoré le début. L’univers de l’auteure était si prometteur, si intriguant, que j’en attendais plus.

Mais il ne faut pas oublier que Kiran MILLWOOD HARGRAVE est jeune, et que cet ouvrage est son premier livre. Cette auteure est en plein devenir, et les lacunes citées plus hauts sont il me semble aisément corrigeables. C’est pourquoi je compte bien me tenir au courant de ses prochaines sorties!

En conclusion, c’est un ouvrage plein de potentiel, au joli style d’écriture et à l’univers fascinant, qui nous est livré ici. Si, vous l’avez compris, j’ai été déçue par le survol des personnages et par le manque de développement de l’histoire, qui aurait mérité quelques pages supplémentaires, j’ai néanmoins passé un joli petit moment de lecture (le livre a été dévoré en deux jours, ce qui est bon signe!).
Si vous cherchez un livre jeunesse attendrissant et empli d’évasion, n’hésitez pas!

Source image: Rose Marie Ramette