Wika et la Fureur d’Obéron

WikaTitre: Wika et la Fureur d’Obéron

Auteur: Olivier LEDROIT et Thomas DAY

Editeur: Glénat

Date de sortie: 2014

Prix:  14,95 euros

Nombre de pages: 64  pages

Pour commander: dans toutes les bonnes librairies et sur le site de Glénat

Note (sur 5 ♥): ♥♥♥♥

Challenge Faerie : 19 ème chronique en mode Ondine, et non pas 18ème, je me suis trompée dans mes comptes! (voir Sommaire Challenge )

Résumé:

Il était une fois un couple de fées, le duc Claymore Grimm et la duchesse Titania, et leur petite fille, Wika. Alors que le prince Obéron, ancien amant de Titania aux pouvoirs redoutables, prend d’assaut le château Grimm, la petite Wika est confiée, après avoir eu les ailes sectionnées pour dissimuler sa nature, à un couple de fermiers chez qui elle grandira à l’abri de tous… Treize ans plus tard, Wika, émancipée, se rend dans la capitale contrôlée par Obéron. Elle y rencontre le jeune Bran, voleur talentueux qui, entre larcins et arnaques, lui dévoile les secrets de la cité. Mais petit à petit, les pouvoirs de Wika semblent se développer, révélant sa nature de fée, et éveillent l’intérêt du prince tyrannique, celui-là même qui voulut sa perte des années auparavant…

L’Avis d’Elodie:

L’enchantement commence avec la couverture, illustrée avec le style détaillé si cher à LEDROIT. On y voit deux fées aux ailes de papillon, entourant une enfant endormie. Une capture d’instant paisible bien en opposition avec la quatrième de couverture (voir ci-dessus) qui elle, est bien triste. Les détails fourmillent, on ne sait pas où poser son regard. C’est pour moi ce qui qualifie le style de LEDROIT, cette extravagance des détails. Avec ce genre de dessins, soit on aime, soit on déteste, pas d’intermédiaire. Moi j’adore, car à chaque relecture, les nouvelles découvertes s’enchaînent, je trouve des éléments dans les images que je n’avais pas distingué dans un premier temps.

En ouvrant l’ouvrage, on tombe sur une double page expliquant le Royaume Elfique. Et l’incursion dans le monde des fées commence. Avalon, Pont Selkie, Baie des Banshees, Yggdrasil, Ishtar… Les mythes se mêlent et se démêlent, il semble que Thomas DAY et Olivier LEDROIT se soient amusés à glisser toutes les références qui ont construit leurs univers dans cette belle carte.

L’histoire évoque donc celle de Wika, fille de Titania et de Grimm. DAY s’est amusé à détourné l’un des récits fondateurs de la Faerie. Dans « Le songe d’une Nuit d’Eté » de SHAKESPEARE, Titania est la reine des fées et l’épouse d’Obéron. Grimm est un clin d’oeil des plus transparents aux frères Grimm qui ont rassemblés une majorité de contes allemands oraux en un ouvrage, dont notamment « Le Petit Chaperon Rouge » ou « Cendrillon ».  J’ai aimé l’idée de cette reprise, qui mêlé au style steampunk de LEDROIT, fait de cet ouvrage un Bande Dessinée très originale.

Le récit est assez fluide, bien que certaines descriptions aient parfois tendance à casser le rythme de la narration. L’histoire est des plus intéressantes, on s’attache à cette jeune fée tatouée et résolument moderne, et on lui espère une fin heureuse. Obéron est un personnage des plus charismatiques, et ses sbires, liés aux péchés capitaux, sont bien pensés.

Quant à la Bande Dessinée elle-même, j’ai particulièrement aimé la mise en page. Les pages se suivent et ne se ressemblent pas, les vignettes sont disposées de manière originale et jamais répétée. Seul bémol, la mise en couleur, les tons sont un peu trop vifs et trop contrastés pour moi, cela renforce le désordre et a tendance à un peu trop perdre un lecteur déjà subjugué par la multitude de détails.  Ce souci, plus les descriptions précédemment évoquées, font que je n’ai pas mis 5 étoiles, mais bien que 4. Le style de LEDROIT mêle steampunk, Art Nouveau, et dessins affinés et détaillés parfois à outrance. Si personnellement cela ne m’a pas dérangée, je déconseille la lecture de cet ouvrage à la nuit tombée, sinon la migraine est assurée!

Le livre se termine par quelques planches, réservées à la première édition que, vous vous en doutez, je me suis empressée d’acheter.

En conclusion, je suis curieuse de la suite de la quête initiatique de notre jeune fée, et compte bien acheter la suite.

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Une Nuit d’Eté

51aKRmITPWL._SX210_Titre: Une Nuit d’Eté

Auteur: Chris ADRIAN

Editeur: Albin Michel

Date de sortie: janvier 2016

Prix: 25 euros

Nombre de pages: 464 pages

Pour commanderleslibraires.fr

Note (sur 5 ♥): ♥

Challenge Faerie : 13 / 10-15  chroniques en mode Kelpie

Résumé:

Libre transposition dans le San Francisco d’aujourd’hui du Songe d’une nuit d’été, le roman de Chris Adrian est un livre surprenant, où réalité et féerie se télescopent pour interroger la nature exacte de l’amour.

Henry, Will et Molly ne se connaissent pas mais ils ont quelque chose en commun. Tous trois viennent de perdre un être cher dans la mort ou la rupture. Un soir d’été, tandis qu’ils se rendent à une soirée, ils s’égarent dans Buena Vista Park sans savoir que ce lieu est devenu le refuge secret de Titania et Obéron, les souverains du royaume légendaire immortalisés dans la pièce de Shakespeare, inconsolables depuis la mort de leur fils… Ensemble, ils vont vivre une nuit à nulle autre pareille.

L’avis d’Elodie:

J’ai eu le plaisir de recevoir cet ouvrage de la part des éditions Albin Michel et du site Babelio il y a bientôt un an, et mon premier avis avait été des plus négatifs. Des mois après donc, je me suis lancée dans la relecture de cet ouvrage, parce qu’il correspond parfaitement au challenge Faerie du Bazar de la Littérature… et que je n’avais pas envie de rester sur cette impression négative.

Commençons, déformation professionnelle oblige, par la couverture. Etant professeure d’arts plastiques, je suis d’autant plus sensible à l’aspect extérieur du livre. On ne peut nier que l’image est importante, elle attire ou repousse le futur lecteur. Et dans ce cas précis, c’est la couverture qui m’a motivée en grande partie à cocher ce livre dans la liste des ouvrages proposés lors de cette dernière « Masse Critique » de Babelio. Cette illustration littérale du titre « Nuit d’Eté » est superbe, bravo au concepteur graphique.

Le résumé m’a paru attirant, j’adore Shakespeare, et l’idée d’une réécriture, avec l’action transposée à notre époque, me plaisait beaucoup.

Lorsque j’avais lu l’ouvrage pour la première fois,  je n’avais pas pu résister à faire mon dada: le test de la page 99 (voir l’article sur ce thème en cliquant ici! ). Et voici le résultat. « Will avait perdu une chaussure et ne parvenait pas à savoir s’il s’agissait d’une calamité ou d’un coup de veine déguisé. Il y tenait, à cette chaussure, mais il aurait au moins une anecdote amusante à raconter à la fête, et s’il était blessé ou en donnait l’air, peut-être que Carolina tournerait un instant la tête vers lui, le regarderait marcher en clopinant ou viendrait examiner son pied meurtri , un pied à qui elle parlerait  peut-être, qui sait? »

Autant être honnête, des pages 99 pourries, j’en ai lues, ce n’est pas toujours très représentatif de la qualité du livre, mais là, on atteint un summum quand même! Un type qui perd sa godasse et une fille qui parle à un pied, c’est inquiétant.

Passons à une lecture plus traditionnelle. Lors de ma première lecture, j’avais du m’arrêter à la page 70, moment auquel j’avais décidé d’une pause. Cette fois-ci, ca s’est certes mieux passé, mais force soupirs ont résonné dans la pièce. Les 2 fois, j’ai eu énormément de mal à finir l’ouvrage, moi qui dévore littéralement les livres entamés.

L’univers des fées, raison pour laquelle je relis ce livre, m’a déçue. Il est sinistre et peu novateur. On est loin d’une mélancolie romantique ou d’élans shakespeariens: Titania et Obéron se disputent comme des chiffonniers et la disparition du roi fait écho à une dispute conjugale des plus banales, désolée.

Les personnages modernes sont je trouve peu attachants et leurs histoires redondantes. J’ai peu apprécié le côté cru de certaines anecdotes (j’ai un grand côté prude, je sais).

La structure de l’ouvrage me semble brouillonne, et je n’ai vraiment pas réussi à accrocher à une intrigue qui pourtant suit celle de Shakespeare, je ne peux le nier. Mais là où l’auteur anglais nous emmène dans onirisme maîtrisé, Chris Adrian ne réussit qu’à nous perdre dans des méandres fumeux, où des personnages moyennement aboutis sont confrontés à un monde féerique peu glorieux.

C’est donc hélas un bilan négatif que je livre ici. Je ne doute pas néanmoins que ce livre peut trouver son public, mais je n’en fais définitivement pas partie! Pour moi, impossible d’adhérer aux personnages ou de s’intéresser un temps soit peu à l’intrigue…

Pour ceux qui veulent se forger leur propre point de vue, les éditions Albin Michel proposent des extraits sur leur site: cliquez ici!

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’illustrer cette critique avec une image tirée du film de Michael Hoffman, datant de 1999, avec Michelle Pfeiffer et Christian Bale.

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