Livres·Science Fiction/ Horreur/ Policier

Mars la Rouge

1.jpgAuteur : Kim Stanley Robinson

Date de parution: 1992 (Etats-Unis) ; 1994 (France)

Éditions : Presse de la cité ; Pocket

Nombres de pages : 552

Où l’obtenir : En commande sur n’importe quel site de vente en ligne, ou librairie digne de ce nom

Note : 3,5/5

Résumé :

En 2026 les cent premiers colons, principalement issus des Etats-Unis et d’ex-URSS ainsi que des autres « pays avancés » comme les pays européens ou le Japon, s’envolent à bord de l’Arès pour un voyage sans retour. Leur but ? Commencer la colonisation de Mars. Après un an de voyage dans le monde en miniature qu’est le vaisseau, ils vont devoir réussir à s’adapter à Mars, mais aussi chercher comment transformer la planète pour la rendre adaptée à l’homme. Avec l’arrivée d’un nombre croissants de colons venus d’une planète Terre en proie à ses propres difficultés, de nouveaux problèmes vont se poser au fur et à mesure pour les « martiens ». Recommencer l’Histoire, bâtir une nouvelle civilisation, modeler cette planète pour en faire une nouvelle terre, ou préserver ce qui existe déjà ?

L’avis de Clément :

La Trilogie martienne est indéniablement une œuvre « monumentale », pour ses quelques 2000 pages mais surtout pour son statut d’oeuvre culte de la SF, avec les cycles de Fondation et de Dune (je parlerai sûrement des deux un jour). Et si la lecture du premier tome, Mars la Rouge, m’a donné envie de lire la suite il m’a aussi laissé quelque peu perplexe.

Pour commencer Mars la Rouge se place dans le genre de la Hard Science Fiction. Donc si vous cherchez de l’aventure avec un grand A, des batailles spatiales, des pouvoirs mystiques ou des intrigues politico-mystiques intergalactiques, passez votre chemin. Le livre de KS Robinson se veut le plus réaliste possible dans sa description de la colonisation et de la transformation de Mars. Une volonté qui se retrouve notamment dans des descriptions très précises de la géologie ou de la physique martienne, avec de nombreux termes scientifiques qui ne sont pas forcément accessibles pour le commun des mortels. Idem pour les procédés de terraformation ou les voyages spatiaux. Ici pas d’hyperdrive ou d’épice magique pour replier l’espace, mais des techniques beaucoup plus proches de nos connaissances actuelles (j’ai été très intéressé par le concept d’ascenseur spatial développé dans le roman).

13.jpg

Ce souci de réalisme se retrouve aussi au niveau des organisations sociales ou politiques décrites. C’est d’ailleurs là le cœur de Mars la Rouge. En prenant pour prétexte l’histoire de ses personnages l’auteur décrit les évolutions de la nouvelle « civilisation » martienne qui commence à émerger dans ce premier opus, que ce soit en terme d’organisation sociale, politico-économique (notamment dans les relations avec la planète-mère ou la place des sociétés transnationales), voir même au niveau de la vision de l’avenir de Mars. L’un des thèmes centraux du récit est en effet l’opposition entre les partisans de la préservation de Mars comme « monde-vierge », et ceux de sa terraformation. En résumé Mars la Rouge est une fresque historique, dont les héros sont la planète elle-même et la société que nous voyons émerger à sa surface. Et c’est à mes yeux la principale qualité de ce livre. A travers la fiction, Mars la Rouge peut amener à réfléchir sur des questions sociales, politiques et même philosophiques sur notre propre monde (même s’il commence à dater).

Mais on touche là aussi ce qui est, je pense, le principal défaut de Mars la Rouge. J’ai en effet eut l’impression tout au long du livre que le travail de construction d’un univers réaliste s’était fait au détriment de la narration et du développement à l’échelle des personnages. Si ces derniers sont plutôt bien écrits au niveau de la vision de Mars et de son avenir qu’ils portent (du moins pour les plus importants, certains étant là uniquement pour remplir le quota de colon), je n’ai jamais réussi à m’attacher à eux, et la mort de certains m’a laissé indifférent. Je passe sur le pseudo-triangle amoureux, la « rivalité » entre les deux chefs, ou les problèmes personnels ou sentimentaux de l’une des héroïnes principales (les lecteurs reconnaîtront), je n’ai pas réussi à me sentir impliqué dans ces enjeux.

J’ai également trouvé le rythme assez inégal. Si la première partie de l’histoire (le voyage vers Mars et le début de la colonisation jusqu’à la « scission » des premiers colons) est assez prenante, toute la partie centrale (la simili-enquête de John) jusqu’aux débuts de la rébellion martienne m’a globalement ennuyé. Le thème de cette partie (le début de la colonisation massive de Mars, les problématiques engendrées, et la relation avec la Terre) est pourtant très intéressant, et cette partie aurait pu être passionnante. Enfin les très nombreuses descriptions, si elles assurent la crédibilité scientifique du roman, ont malheureusement aussi pour effet d’en alourdir la lecture.

2.png

Au final, je comprends que Mars la Rouge ait acquis ce statut d’oeuvre culte de la Science Fiction. K.S Robinson construit ici un univers particulièrement dense, en s’efforçant de le rendre aussi crédible que possible, et c’est une chose que j’apprécie beaucoup la plupart du temps. Mais en même temps j’ai trouvé que le souci d’intégrer le roman dans une « Grande Histoire » se faisait au détriment de la « petite » et du développement des personnages. Même si je peux lui reconnaître des qualités j’ai été plutôt déçu par Mars la Rouge.

Portez vous bien et n’oubliez pas : la lecture, c’est l’aventure.

A suivre : Mars la Verte

Un commentaire sur “Mars la Rouge

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s