Hearthstone

Editeur et Développeur: Blizzard Entertainment 

Concepteurs

Date de sortie: 11 mars 2014

Genre: Cartes, free to play

Plate-forme: Windows, OS X, Android, IPad et IPhone

Note (/5): ♥♥♥♥♥

L’Avis d’Elodie

Ceci est ma première chronique portant sur les jeux vidéos, pardonnez-moi donc du côté un peu brouillon ^^

Autant le dire tout de suite, mon rapport aux jeux vidéos est assez conflictuel et complexe. J’ai reçu pour mes 16 ans une PS1, en 2007 donc, alors que cette console était sortie en 1994 et que tout le monde jouait à la PS3. Malgré ce train de retard, j’ai adoré y jouer (seule, pour les raisons évoquées ci-dessus ^^). Après une phase de 1-2 ans de gaming assidu, j’ai arrêté de jouer. On peut évoquer ensuite quelques errances facebookiennes de Candy Crush et de Scrabble (oui oui), mais sans plus. J’ai ensuite commencé à sortir avec Meltoryas, grand amateur de jeux devant l’Eternel, mais à son grand désespoir j’ai été longtemps hermétique à toute forme de jeu vidéo avant l’arrivée de la Switch qui a complètement changé ma manière de regarder les jeux vidéos, j’en parlerai surement dans un prochain article. Le seul, j’insiste, le seul jeu auquel j’ai donc joué de manière régulière depuis les jeux PS1… c’est Hearthstone. Cela méritait donc bien un article. Il fallait quand même mettre à l’honneur sur ce blog le seul jeu auquel je joue de manière erratique depuis maintenant 4 ans.

Hearthstone est un jeu de cartes à collectionner en ligne, on peut y jouer gratuitement (free to play). Il est inspiré de l’univers du jeu Warcraft, auquel… je ne connais absolument rien. Si je me suis intéressée à ce jeu, c’est qu’étant fan de jeu de société tels que Smash Up!, lorsque je suis tombée sur une forme d’équivalent en ligne, je me devais de la tester! J’adore les jeux de cartes, les jeux nécessitant tactique et réflexion, les beaux graphismes… Et Hearthstone réunissait tout cela.

En débutant dans le jeu, j’avais peur de sa difficulté pour les non-initiés à Warcraft, mais j’ai été rapidement rassurée. Même si je n’avais aucune idée au préalable de la différence entre un mage et un guerrier, l’univers est très intuitif. Le gameplay est simple, on comprend rapidement comment procéder et comment gagner des parties. Les parties sont courtes et s’enchaînent rapidement.

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Voici le déroulement d’une partie: Au début, le joueur choisit un des neuf héros du jeu et un deck de 30 cartes précédemment créé, pour se battre contre un autre joueur. Les deux adversaires s’affrontent sur un plateau de jeu virtuel.

Les joueurs ont de 30 points de vie et un point de mana au premier tour de jeu, le mana augmentant d’un point par tour. Les points de mana servent à jouer les cartes du deck, ainsi que le pouvoir du héros. Ainsi, lors qu’on a 3 points de mana, on peut jouer une carte de 3, ou 2 cartes, une de 1 et une 2 points de mana. Le but du jeu est de réduire à zéro les points de vie du héros adverse, par l’utilisation de serviteurs, de sorts, d’armes ou du pouvoir héroïque du héros que contrôle le joueur . Si un des héros arrive à 0 points de vie, son icône sur le plateau explose, et l’adversaire remporte la partie.

On gagne alors des pièces d’or qui vont permettre d’acquérir des packs de cartes supplémentaires ou d’accéder à d’autres modes de jeu.

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A ce sujet, j’étais également inquiète au sujet de la progression dans le jeu, je craignais qu’il ne faille payer pour avoir des cartes puissantes. Mais là aussi, j’ai été vite rassurée, tant les paquets de cartes sont distribués régulièrement et pour n’importe quel prétexte! Différents types de cartes existent, de la basique à la légendaire, et ce qui les différencie c’est leur rareté et leur puissance. Point positif, c’est le hasard qui dicte quel type de carte on va recevoir dans les packs de cartes.

Différents modes de jeu sont donc possibles: en plus des parties classiques, il y a une arène où moyennement un droit d’entrée possiblement payable en pièces hearthstone, on peut jouer un personnage avec des cartes puissantes qu’on n’a pas forcément dans notre deck. Il y a aussi un bras de fer, mode de jeu qui change et qui propose divers défis. Un autre point positif de ce jeu, c’est donc le fait qu’il se renouvelle souvent pour proposer à ses joueurs toujours plus de façons de jouer.

Vous l’aurez compris, c’est un jeu que j’affectionne beaucoup et qui allie de nombreuses qualités: prise en main aisée, progression facile, nouveautés régulières… Je m’adresse plus particulièrement aux gens qui ne jouent pas souvent, voir jamais, aux jeux vidéos: ne vous restreignez et tentez l’aventure, Heartstone est un jeu qui ne nécessite pas de connaissances en gaming particulières!

Voilà pour cette première chronique jeu vidéoesque, j’espère qu’elle vous a plu!

*Elodie

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The Witcher III : DLC Heart of Stone et Blood and Wine

  • Développeurs: CD Projekt RED
  • Sortie: octobre 2015 (Heart of Stone) ; mai 2016 (Blood and Wine)
  • Support: PC, PS4 et Xbox One
  • Où l’obtenir: Steam, Amazon, FNAC, etc
  • Note: 4/5

 

Présentation:

Heart of Stone et Blood and Wine rajoutent deux nouveaux chapitres à l’histoire de The Witcher. Le premier voit Geralt de Riv chargé d’exaucer les trois vœux d’un mystérieux immortel, avec l’aide du non-moins énigmatique Gaunter De Meuré que nous avions déjà croisé au début de The Witcher III. Blood ans Wine de son côté emmènera le sorceleur dans l’idyllique duché de Toussaint, pays du vin et de l’amour, loin de la guerre qui ravage le nord mais où une bête inconnue sème la terreur.

Mon avis :

J’avais adoré The Witcher III (meilleur action-RPG jamais réalisé), aussi ai-je téléchargé ces deux DLC sitôt après avoir terminé le jeu de base. Le système de jeu ou le moteur graphique étant les mêmes que ceux du jeu de base, je ne reviendrai pas sur ces points, j’en ai déjà parlé dans mon article sur The Witcher III.

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Le premier de ces deux DLC, Heart of Stone, est une petite perle d’écriture et de réalisation. Le scénario amènera Geralt à devenir malgré lui l’homme de main des deux autres principaux personnages, au cours d’une histoire dont nous découvrirons petit à petit les tenants et aboutissants, et où le joueur sera une fois encore amené à faire des choix et à en assumer les conséquences. Le scénario est très bien écrit, avec une ambiance souvent très sombre et oppressante. Le pacte avec le diable est l’un des thèmes centraux de ce DLC, qui s’inspire de la légende polonaise de Pan Twardorwski. Dissimulation, manipulation et faux-semblants seront au cœur d’une histoire qui nous rappelle qu’il faut faire très attention lorsqu’on fait des vœux, car parfois ils se réalisent.

Comme dans The Witcher III la bande-son de Heart of Stone est excellente, avec de nouveaux thèmes musicaux parfaitement raccord avec l’ambiance du jeu, souvent angoissants ou emprunts de mélancolie, mais aussi parfois plus gais comme lorsque le sorceleur se retrouve invité à un mariage en compagnie d’un fantôme fêtard.

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Enfin dernier point fort de Heart of Stone, ses personnages principaux, notamment Gaunter De Meuré (aka Gaunter O’Dimm en version originale), brièvement croisé au tout début de The Witcher III (il aidait alors Geralt à retrouver la piste de Yennefer). Celui que j’avais pris au départ pour un personnage secondaire insignifiant figure désormais dans le sommet de mon classement personnel des meilleurs personnages jamais écrits pour un jeu vidéo, voir même des meilleurs personnages jamais écrits tout court : mystérieux (sans tomber dans le caricatural gothique-émo façon méchant de supermarché), tantôt allié du héros tantôt antagoniste, semblant inoffensif mais s’avérant en réalité surpuissant (capable de manipuler le temps et l’espace), extrêmement intelligent et manipulateur, charmant et courtois mais en même temps inquiétant et malsain. Gaunter porte littéralement le jeu sur ses épaules, et en arrive même à voler la vedette à Geralt. Le genre de personnage qui fascine, mais avec qui on ne voudrait pas vraiment avoir à faire (et dont on ne veut surtout rien accepter). L’autre personnage principal, Olgierd Von Everec, est également très intéressant : antipathique au début, on en apprend plus sur son passé petit à petit, et on peut finir par ressentir de la sympathie, voir même de la pitié.

Le 2e DLC, Blood and Wine, bien que d’excellent facture, est tout de même moins bon que le premier. La faute à un scénario qui, s’il est bien écrit, ne l’est toutefois pas autant que celui de Heart of Stone. Blood and Wine ajoute en revanche une immense zone de jeu à explorer, avec de nouveaux trésors à découvrir et suffisamment de quêtes secondaires pour prolonger de plusieurs heures l’expérience de jeu. L’ambiance est ici totalement différente de celle du jeu de base. Les paysages parcourus sont très lumineux, et les décors avec leurs vignobles et leurs maisons aux murs d’un blanc éclatant évoquent plutôt l’Italie ou le sud de la France que les terres désolées de Velen. Autant dire qu’on est loin de l’ambiance sombre et désespérée de The Witcher III. Que les joueurs se rassurent toutefois, le travail ne manquera pas dans le duché de Toussaint pour un tueur de monstre professionnel, avec de nouvelles créatures à ajouter au bestiaire déjà très fourni du sorceleur.

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Côté personnage ceux de Blood and Wine sont bien écrits et suffisamment développés pour s’intégrer dans l’environnement, mais n’égalent cependant pas la qualité de ceux de Heart of Stone. Le principal antagoniste notamment manque de développement, de même que le personnage d’Oriana (les joueurs reconnaîtront), alors qu’ils ont un potentiel très intéressant. Un point positif cependant pour Régis, que j’avais déjà croisé dans les romans du Sorceleur. J’ai bien plus apprécié le Régis du jeu, très courtois et spirituel mais avec une sauvagerie contenue qui ressort à certaines occasions, que celui du livre.

Dernier point, cette aventure permettra à Geralt d’acquérir une propriété, plutôt délabrée au début mais que l’on peut remettre en état petit à petit (moyennant finances évidemment). Si cela n’apporte pas forcément grand chose en terme de gameplay, hormis divers bonus si vous passez la nuit dans votre maison plutôt que dehors, il est toujours agréable de repasser chez soi pour constater l’avancée de la rénovation de votre domaine, parcourir ses terres ou contempler armes et armures exposées dans votre demeure.

Pour conclure, Heart of Stone et Blood and Wine sont des extensions de très grande qualité, à la réalisation aussi soignée que le jeu de base et prolongeant chacune l’expérience de jeu d’une trentaine d’heures. En plus, comme The Witcher III, elles sont maintenant disponibles à un prix ridicule. Autant de bonnes raisons de prolonger l’expérience The Witcher III.

Portez vous bien et n’oubliez pas : le jeu vidéo, c’est beau !

The Witcher III: Wild Hunt

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The Witcher III: Wild Hunt:

  • Développeurs: CD Projekt RED
  • Sortie: 2015
  • Support: PC, PS4 et Xbox One
  • Où l’obtenir: Steam, Amazon, FNAC, etc
  • Note: 6/5

 

 

Présentation:

Sorti en 2015 The Witcher III: Wild Hunt est un action-RPG qui conclut la série des The Witcher (The Witcher, 2007; The Witcher II: Assassin of King, 2011), basée sur les romans éponymes de l’auteur polonais Andrzej Sapkowski. Le joueur y incarne Geralt de Riv, un sorceleur (chasseur de monstres professionnel) qui devra parcourir un monde dark-fantastique pour sauver sa fille adoptive Ciri de la Chasse Sauvage, alors que la guerre fait rage entre les royaumes du nord et l’empire du Nilfgaard. Exploration d’un monde ouvert immense, combats épiques avec des chorégraphies stylées contre des monstres gigantesques, et damoiselles peu farouches à fortes poitrines, tous les ingrédients sont réunis pour le grand final de l’expérience The Witcher.

L’avis de Clément:

The Witcher III est l’un des meilleurs jeux auquel j’ai jamais joué, et figure au sommet de mon panthéon personnel avec la série des Starcraft, des Total War et des Company of Heroes (je suis un fan de STR).

Visuellement tout d’abord, The Witcher III est beau, très très beau. Les graphismes sont magnifiques, le design des lieux et personnages est très réussi, varié et cohérent (enfin un jeu dans un univers mediévale-fantastique avec des armes et armures au design plutôt crédible, pas sorties de l’imagination d’un artiste fou). L’environnement du jeu est un monde ouvert immense aux paysages très variés. Des marais sinistres de Velen aux quais de Novigrad, en passant par l’archipel sauvage de Skellige ou les ruines de Kaer Morhen, le monde de The Witcher III vaut d’être exploré ne serait-ce-que pour admirer le travail des développeurs. C’est aussi un monde très vivant: la météo change, on peut voir des animaux sauvages gambader, etc. L’optimisation est excellente, avec les graphismes à fond je n’ai constaté aucun ralentissement sur mon PC (malgré quelques bugs graphiques mineurs, notamment la tendance des armes des PNJ à flotter magiquement à leur ceinture ou dans leur dos). Enfin les animations de combat sont magnifiques, avec force gerbes de sang, membres et têtes tranchées.

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La bande son est magnifique, tant au niveau des bruitages que des thèmes musicaux, très immersifs et parfaitement raccord avec l’ambiance des scènes qu’ils accompagnent (les thèmes de combat, ou ceux associés à des lieux comme Novigrad ou Kaer Morhen, sont de véritables perles). Autre point positif, le doublage français est d’excellente qualité, et n’a pas à rougir de la comparaison avec la VO (comme d’ailleurs dans la très grande majorité des oeuvres contemporaines, mais ce serait un autre sujet).

Côté gameplay The Witcher III est très simple et accessible (personnellement je recommande l’usage d’une manette, le duo clavier-souris me paraissant moins ergonomique). Les combats sont vifs et nerveux, et demanderont un minimum de sens tactique dans le positionnement, l’utilisation des différents pouvoirs ou items, surtout à haut niveau de difficulté. La dimension RPG est également simple, tout en permettant de personnaliser son Geralt et de l’orienter vers son style de jeu préféré. Entre les phases de combat le jeu nécessitera de faire appel aux sens de sorceleurs de Geralt pour détecter traces et indices. Les phases de recherche sont relativement simple, et on ne sera jamais bloqué par une énigme insoluble. Enfin il est également possible de résoudre certaines situations de manière diplomatique, par un pot de vin ou un sort de manipulation mentale.

Niveau scénario là encore The Witcher III est simple sans être simpliste (en gros c’est du « sauver l’héroïne et battre les méchants »). Même si certains points auraient sans doute pu être mieux développés, je ne me suis jamais senti totalement perdu (et pour ceux qui sont suffisamment patients, le jeu propose un glossaire très détaillé avec des dizaines de fiches sur les personnages, les quêtes, les monstres, etc). The Witcher III est cependant l’un des jeux les plus profond de ces dernières années, avec un univers travaillé pour le faire paraître « réel », grâce à de très nombreuses sous intrigues rattachées à la trame principale ou reliées entre elles, le tout formant un canevas particulièrement dense.

Autre gros point fort du jeu, les décisions du joueur auront un impact sur le déroulement de celui-ci. De vos choix dépendront la vie ou la mort de certains personnages, le dénouement de l’histoire principale mais aussi des diverses histoires secondaires. Cela contribue fortement à l’immersion dans le jeu, avec une véritable tension à chaque fois que nous sommes amenés à prendre une décision, et de la satisfaction ou de la déception/tristesse lorsque nous découvrons plus tard leurs conséquences. Cette variété de choix possibles et le fait qu’ils influent réellement sur l’histoire (pas tant dans son dénouement que dans la manière d’arriver au bout) vient également renforcer la durée de vie déjà considérable de The Witcher III, que l’on peut recommencer plusieurs fois pour ce qui se passe si on prend telle décision au lieu de telle autre.

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The Witcher III c’est aussi une galerie de personnages tous réussis, à commencer par le héros Geralt de Riv. Le sorceleur est ici au sommet de la classe et de l’héroïsme, à la fois super badass et très touchant dans certaines scènes. De plus le jeu laisse au joueur une certaine liberté d’interprétation de son Géralt: cynique indifférent aux malheurs du monde ou redresseur de torts et défenseur des faibles, à vous de choisir. Le reste du casting comprend une floppée de personnage secondaires (dont beaucoup que l’on peut croiser dans les livres, mais qui sont ici bien plus intéressants et attachants), chacun avec un développement et une caractérisation suffisante pour ne pas sembler faire de la figuration, mais être des éléments d’un univers « réel ». Chacun à son background, sa quête associée (voir ses quêtes associées), et on peut parfois les recroiser une fois leur quête accomplie.

Dernier argument, la durée de vie. Si aujourd’hui il est devenu courant de payer 60 euro un jeu fini en 5h, avec The Witcher III vous en avez pour votre fric. Entre la quête principale, les quêtes secondaires, les contrats de sorceleurs, les chasses au trésors et l’exploration de l’univers du jeu, vous avez de quoi vous occuper pour une bonne centaine d’heures (sans compter les DLC).

Pour conclure The Witcher III est plus qu’un simple jeu vidéo, c’est à mes yeux une oeuvre d’art, qui a plus que largement mérité son statut de jeu culte. De plus il est maintenant disponible pour une trentaine d’euro, ce qui est donné pour un jeu aussi riche et avec une telle durée de vie. Alors si ce n’est pas déjà fait je ne peux que vous recommander de rejoindre Geralt et ses compagnons dans cette dernière aventure.

Portez vous bien et n’oubliez pas: le jeu vidéo, c’est beau.

A suivre: les DLC Heart of Stone et Blood and Wine

L’oeuvre de Fumito Ueda : une autre idée du jeu vidéo

9791094723654_1_75.jpgTitre :  L’oeuvre de Fumito Ueda : une autre idée du jeu vidéo

Auteur : Damien Mecheri

Éditeur : ThirD Editions

Pagination : 224 pages

Prix : 19€90

Pour commander : Ici
(Un extrait est disponible à la lecture ;))

Résumé : Interrogation emblématique qui depuis des années alimente les débats, la question de l’essence artistique du jeu vidéo continue d’être débattue aujourd’hui. S’il apparaît essentiel pour la reconnaissance de la valeur culturelle du médium, ce sujet fait en réalité grincer bien des dents. Parmi les jeux qui alimentent le débat, une trilogie se démarque particulièrement, signée par le concepteur japonais Fumito Ueda, dont la démarche de création – proposer quelque chose qui n’existait pas ailleurs – a habité la confection de chacune de ses productions : ICO, Shadow of the Colossus et The Last Guardian. Trois œuvres qui partagent une même esthétique, une même philosophie de la conception vidéoludique, voire un même univers. Surtout, trois œuvres qui nous renseignent sur l’homme derrière elles et son idée fixe : proposer une autre idée du jeu vidéo.


L’avis d’Anaïs

Il y a toujours cette fameuse question que l’on redoute quand on aborde un sujet qui passionne les deux interlocuteurs : quel/le est ton/ta [insérer objet ici] préféré/e ? Parfois on répond qu’il y a un peu de tout en essayant de citer tout ce qu’on peut de différent, et d’autres fois on sait pertinemment quoi répondre. Pour les jeux vidéos, j’aime bien répondre que je joue de tout, ce qui est vrai dans un sens, mais j’aime surtout pouvoir avouer que parmi les jeux qui m’ont le plus marqués, il y a ICO, Shadow of the Colossus et The Last Guardian. Par conséquent, quand la petite maison d’édition « ThirD » a sorti en mai 2017 cet ouvrage, c’était une évidence : il fallait que je l’ai et que je le lise.

Concrètement, le livre est séparé en 5 parties distinctes :

  • Création
    • Cette partie est intéressante car non seulement elle parle de la création (d’où le nom!) des trois jeux, mais aussi des différentes influences artistiques qui ont pu inspirer des morceaux des jeux, ou encore le développement de ces derniers.
  • Univers
    • Analyse plus profonde de la trilogie, cette partie est la plus « spoil » du livre car elle explique chacun des jeux dans leur histoire et leur déroulement avec justesse. Un rapprochement entre les diverses thématiques (les cornes, les mythes,…) termine de combler le chapitre.
  • Musique
    • Sans doute bêtement ce qui m’a fait aussi acheté le livre car la bande originale est toujours très importante pour moi dans un jeu comme dans un film. Et forcément, pour ceux-ci, je voulais savoir ce que donnais une analyse des instruments et des musiques associées aux divers passages des jeux. Très intéressant encore une fois.
  • Décryptage
    • Partie la plus dense et la plus longue du livre. J’avoue que le début m’a légèrement ennuyée car pour pouvoir parler du jeu vidéo en tant qu’art, on a droit a la définition même de l’art ainsi que la notion d’auteur. Je vous rassure, ça reste utile pour comprendre la suite mais ayant étudié cela en long et en large, c’est de là que vient mon ennui ^^ » Par la suite, on en apprend énormément sur (justement) le jeu vidéo en tant qu’art, les techniques de cinématiques, de mise en lumière, etc…
  • Héritage
    • Conclusion efficace sur l’oeuvre de Fumito Ueda, l’héritage est bourré de références de jeux d’hier et d’aujourd’hui qui se rapproche plus ou moins de la trilogie TRICO, entre clin d’oeil, faux amis et sur l’avenir proche.

Mon premier coup de cœur allait à la couverture alors que les trois jeux et leurs personnages sont représentés dans des lieux rassemblés en un univers commun. Ce ne sera malheureusement que la seule illustration que vous trouverez dans ce livre et c’est sans doute l’un des seuls vrais bémol que j’aurai à émettre. Car des artworks, des recherches, des croquis ou des plaquettes (même si les exclusivités sont rares), sont toujours un plaisir pour les yeux lorsqu’on est fans. On retrouve à minima des symboles ressemblant à l’écriture imaginaire utilisée dans ces jeux comme puces et barres de séparations.

L’auteur a parfois de courtes incursions subjectives sur des phénomènes ou des évènements qui peuvent faire tiquer certains, notamment sur la « tendance « abominable » du speed watching » causé par le bain de la surconsommation. Un peu brusque comme note de bas de page quand même ! Par ailleurs, celui-ci se dédouane également de toute analyse plus profonde des différents jeux au niveau des symboliques profondes et des hypothèses que le tout internet a pu créée. Il aurait été agréable d’avoir en surplus, quand bien même celles-ci auraient été fausses, un petit florilège des « on dit » sur les histoires du jeu. Rien de bien grave néanmoins.

Ce livre s’adresse en tout cas aux fans, aux vrais. Inutile d’en parler à ceux qui apprécient juste le jeu vidéo ou qui aurait effleuré la trilogie : ce serait les spoiler inutilement voire pire, les ennuyer. Mais à contrario, évidemment, je le conseille vivement à ceux qui ont admiré le travail de Fumito Ueda et même si vous n’avez joué qu’à un seul des jeux car le reste vous donnera envie de tester les autres. Une vraie petite perle pour découvrir toujours plus de cet univers onirique.

Final Fantasy Type-0 HD

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Final Fantasy Type-0 HD

Note de Meltoryas (/5): ♥♥♥♥♥

Editeur et Développeur: Square Enix

Concepteurs: Kousei Ito (Producteur), Hajime Tabata (Réalisateur), Takeharu Ishimoto (Musique), Tetsuya Nomura (Design personnages).

Date de sortie: 20 Mars 2015

Genre: RPG

Plate-forme: PlayStation 4, Xbox One

Trailer: Ici

Synopsis: La terre d’Orience est en proie à la guerre. Lorsque le Maréchal Cid Aulstyne, dirigeant de Milites, décide de violer le pacte de paix entre les nations, il commence l’invasion de Rubrum, la terre du cristal de l’Oiseau Vermillon. Pour protéger ces terres, l’Ecole de Magie de Rubrum envoie combattre ses meilleurs élèves, dont la légendaire Classe Zéro. Les 14 élèves de la Classe Zéro vont alors rentrer dans un conflit violent, dont la finalité déterminera le sort d’Orience.

Le test: Joué sur PS4. 30 heures de jeu pour terminer la quête principale en mode Aspirant (mode normal).

L’avis de Meltoryas

Le jeu vidéo est un art. Comme tout art, il peut faire naître des passions et des émotions fortes. Comme tout art, il comporte ses classiques et ses révolutions. La série des Final Fantasy est sans nul doute une oeuvre d’art. À l’heure de sa révolution, Square Enix nous offre ainsi Type-0, un jeu qui m’a véritablement surpris et scotché. Amis du Bazart, bienvenue dans la terre meurtrie d’Orience.

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