Reine d’Egypte

la-premiere-pharaon.jpgTitre :  Reine d’Egypte

Scénario : Chie Inudo

Dessin et N&B : Chie Inudo

Type : Historique

Éditeur : Ki-Oon

Pour commander : Ici 😀

Résumé du Tome 1 :

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmôsis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc.
Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ? Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde.

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Le Garçon et la Bête

https://i0.wp.com/www.canalbd.net/img/couvpage/92/9782820322920_cg.jpgTitre :  Le Garçon et la Bête (Bakemono no Ko)

Scénario : Renji Asai

Dessin et couleur : Renji Asai

D’après : Mamoru Hosoda

Type : Fantastique

Éditeur : Kazé

Pour commander : Ici 😀

Résumé :

Après le décès de sa mère, Ren, 9 ans, refuse de vivre avec sa famille éloignée et prend la fuite.
À la nuit tombée, alors qu’il arpente seul les rues du quartier de Shibuya, il est interpellé par un étrange personnage encapuchonné… Sous la cape se cache Kumatetsu, une bête au corps imposant et aux dents aiguisées venue d’un univers parallèle au nôtre.
Transporté dans ce monde fantastique peuplé de bêtes étranges, le jeune garçon va se retrouver à son insu disciple de cet ours tumultueux ! Il devra désormais apprendre à composer avec son nouveau maître au tempérament… bestial !

L’avis d’Anaïs

Difficile pour ce manga de passer inaperçu au fil des jours qui ont entouré sa sortie. Ce dernier est d’abord discrètement paru comme petit livret découverte dans un coffret consacré au fabuleux travail de Mamoru Hosoda, sobrement intitulé « Mamoru Hosoda Works ». On y retrouvait également le manga « Summer Wars » en trois tomes qui avait fait son effet lors de sa sortie cinéma, ainsi que « La traversée du temps », un autre chef-d’œuvre qu’il faut revoir ou découvrir. On ne peut décemment pas oublier non plus « Les Enfants Loups : Ame & Yuki », aussi beau que touchant. Et c’est là tout ce qui fait le travail d’Hosoda et qui reste un réalisateur à découvrir absolument.

Si aucune de ses précédentes œuvres n’est passée entre vos mains, il est alors temps de se rattraper avec « Le garçon et la bête » dont le tome 2 vient tout juste de sortir en manga, dont le film vient de sortir en DVD et dont le roman adapté du film est également paru. Pour tous les âges, pour tous les goûts, il ne reste qu’à piocher votre format préféré pour pouvoir découvrir l’histoire de Ren, petit garçon de 9 ans qui vient de perdre sa mère et refuse de vivre avec sa nouvelle famille. Il prend la fuite et arpente les rues, tombant sur une étrange ruelle et un homme qui n’a rien d’humain, le suivant et il arrive ainsi dans un monde fantastique où les « gens » sont des anthropomorphes. Lui, humain, est l’étranger de ce monde dans lequel il va se retrouver disciple de Kumatetsu, un ours bourru et très peu pédagogique !

Le scénario est au même niveau que les autres œuvres d’Hosoda : excellent. On est plongé très vite dans le bain pour suivre Ren dans son aventure, et si le tome 1 permet de découvrir le monde de Kumatetsu et des autres bêtes, le tome 2 se concentre sur son apprentissage en tant que disciple de cet ours pour lequel on se prend tout de même d’affection. L’histoire a un très bon rythme qui permet d’aucunement s’ennuyer durant la lecture et même d’en redemander toujours plus ! Le plaisir est le même que l’on le lise en roman, en manga ou qu’on le voit tant les adaptations apportent chacune leur touche personnelle. Dans le manga, c’est notamment Renji Asai qui retranscrit l’histoire par un dessin clair, agréable et parfaitement tramé.

Pour avoir (enfin !) vu récemment le film, il a été à la hauteur de mes espérances. Très poétique, fidèle au roman d’origine et magnifique d’un point de vue graphique. Comme pour ses autres films, vous ne serez pas déçus car le rythme reste bien régulier et la fin reste tout de même légèrement inattendue car, bien qu’annoncé au début du film sous forme de boutade, il y a un doute qui subsiste avant d’être absorbé volontairement par le reste du film pour mieux ressurgir.

Au risque de finir par écrire une dissertation sur Mamoru Hosoda, je vais m’arrêter là et vous conseiller vivement de vous pencher sur la nouvelle œuvre de ce réalisateur, quelque soit le format car ça en vaut vraiment, vraiment, la peine. J’attends en tout cas le tome suivant avec impatience dans sa version manga !

Stray Dog

Titre :  Stray Dog

Scénario : VanRah

Dessin et couleur : VanRah

Type : Fantastique – Suspense

Éditeur : Glénat

Pour commander : Ici 😀

Résumé :

Ishtar. Un monde oscillant entre lumière et ténèbres où se côtoient présent et passé, patrimoine et renouveau, pierres antiques et technologies nouvelles. Un monde partagé entre une surface idéalisée et une réalité plongée dans le chaos. C’est au sein de cet univers que vont se croiser deux personnes au destin incertain et que tout oppose : Aki, une jeune fille ayant perdu le goût de sourire, et Toru, un Karat, un lycan aux yeux rouges, possédé par une malédiction funeste. Ce qui les lie ? Un contrat d’obéissance qui permet de contrôler les Karat et fait de la jeune Aki la maitresse de Toru.

L’avis d’Anaïs

Parmi tous les auteurs japonais sur la table de nouveautés, il y a encore quelques auteurs français qui arrivent à percer. Cette fois-ci, c’est VanRah qui a réussi son pari français en publiant « Stray Dog » aux éditions Glénat. Pourquoi français ? Parce qu’on arrive en bon dernier pour ce très bon tome déjà publié depuis un moment aux Etats-Unis chez Inkblazers et promu grâce à la plateforme DeviantArt. Un contrat d’édition en poche, elle voit alors l’opportunité de se faire connaître en France en plus des Etats-Unis qui l’ont allégrement récompensée pour « Stray Dog » avec le prix du meilleur manga 2011, 2012 et 2013. VanRah n’a pas moins cinq mangas auto-publiés à son actif ce qui prouve la soif de publication et la passion du dessin qui habitent cette autrice.

L’histoire reprend ces légendes de loup-garous que tout le monde connaît, mais avec une profondeur steampunk fantastico-gothique sans pareille. On suit Toru, un Karat (un lycan au yeux rouges) maudit et une jeune fille orpheline nommée Aki qui a perdu goût à la vie. Évidemment, le monde partagé entre utopie et chaos va les faire se rencontrer et un contrat d’obéissance va lier le premier à la seconde. Tout l’intérêt du livre se trouve d’abord dans cette histoire qui semble au premier abord comme toutes les autres. Mais l’intelligent mélange d’éléments présents et passés, où la technologie côtoie les ruines et l’étrange magie est aux côtés du plus banal.

Pour les plus avides et fans de cette autrice, la couverture et le dessin du premier tome rappelleront sans doute un vieux projet nommé « The dark feary tales », premier projet monté en 2005 qui met en place une grande partie du décor et des personnages, notamment de Tarot qui s’avère être un des protagonistes importants de ce premier jet. Stray Dog n’en est pas moins qu’une formidable suite directe qui nous donne, une fois qu’on connaît ce petit secret, de lire ce qu’il y a eu avant ! On remarquera un lien léger avec Mira Shirow, auteur de DOGS : Bullets & Carnage dont le premier tome avait été publié en 2008, qui a influencé notamment dans la mise en scène des personnes et complété son arsenal d’encrage déjà bien maîtrisé.

VanRah maîtrise clairement son trait, ses histoires et sa promotion, lui permettant ainsi de pouvoir déjà se démarquer et de cumuler les récompenses comme le prix International des amateurs de comics et manga en 2009, 2010 et 2011 pour quatre de ses œuvres. Et c’est un vrai plaisir pour les yeux, tant son manga rassemble les styles shôjo, shônen et seinen dans une seule œuvre.

Raison de plus pour découvrir un talent français qui nous a été caché trop longtemps.

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L’avis à la minute de Mars !

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Bonjour à tous !

Me revoilà, tentant de conserver mon timing mensuel avec un nouvel avis à la minute : celui de Mars ! A nouveau une sacrée liste de lecture pour ce mois-ci et de petites perles qui m’ont bien plu ! J’ai lu quelques tomes supplémentaires sur certains bouquins, et des chapitres en AV (avant-première) je ne les exposerai donc pas ici, je joue le jeu 😉

Pour rappel du concept à ceux qui n’aurait pas suivi depuis le début (ça ne fait qu’un mois, mais tout de même!) : comme il m’est difficile de ne faire que de longues chroniques, et qu’il est parfois d’autant plus difficile pour vous de vous arrêter trop longtemps sur des chroniques quand vous voulez juste un avis, j’ai décidé de faire des micro-chroniques qui seront, peut-être, développées plus tard.

Bonnes lectures &/ou bonnes découvertes !

Légende (susceptible de changer les prochaines fois) :
:  Coup de coeur du mois : Indispensable  : On peut passer
  • ALLEN, STEVENSON & ELLIS, Lumberjanes – En cours en 1 tome

Vous connaissez les Lumberjacks ? Mais si, ces bûcherons à la chemise en carreaux rouges. Et bien voici les Lumberjanes, par opposition, sauf que ces demoiselles ne sont pas bûcheronnes. Elles sont cinq scouts aux idées délurées, faisant tourner en bourrique leur monitrice. Le graphisme est très frais et clair et le scénario… tout aussi fou que les héroïnes. Je le conseille à la jeunesse qui veut entrer progressivement dans le Comics sans passer par les cases Batman/Superman.

  • BAX & OZANAM, Princesse Caraboo – Série terminée en 1 tome

Tirée d’une histoire vraie, Princesse Caraboo nous raconte l’histoire d’une jeune fille recueillie par la femme du magistrat qui pense qu’elle est une princesse javanaise. Car elle ne parle pas la même langue qu’eux. C’est une bande dessinée vraiment plaisante à lire, avec un dessin qui parait avoir été travaillé à l’aquarelle, rendant une certaine douceur. Quant à l’hispassé de cette demoiselle.

  • BONIN, The time before – Série terminée en 1 tome

♥  Un des coups de cœur de ce mois de mars, à coup sûr, d’autant plus que j’ai eu la chance de rencontrer Cyril Bonin. C’est l’histoire de Walter, un photographe qui se prend de sauver un petit vieux dans la rue un soir. Ce dernier lui offre un pendentif porte-bonheur qui lui permet de revenir à n’importe quel moment de sa vie en le souhaitant. Walter va alors essayer de tracer la vie parfaite. Le dessin de Bonin est très reconnaissable, surtout au niveau des yeux et des expressions, car son trait est très fin et les couleurs toujours très claires. On adore ou on déteste ! Le scénario est original et prend l’idée pour la décliner sous ses diverses possibilités, ce qui rend la BD encore plus intéressante. Foncez 😉

Du même auteur, que je conseille vivement : Amorostasia, en deux tomes.

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L’avis à la minute de Février !

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Bonjour à tous !

Je me permets de me rajouter une mini-rubrique qui s’appelle « L’avis à la minute ». Vous avez peut-être pu le remarquer mais je lis… beaucoup. Bon d’accord, énormément. Il m’est difficile de ne faire que de longues chroniques bien que cela me ferait très plaisir d’analyser tout ces livres ! Et il est parfois d’autant plus difficile pour vous de vous arrêter trop longtemps sur des chroniques quand vous voulez juste un avis. Donc, j’ai décidé de faire des micro-chroniques qui seront, peut-être, développées plus tard.

C’est avant tout une bonne idée pour mettre en avant les coup de cœur à lire absolument, surtout si vous avez du mal à vous décider. Sans aucune légende, c’est que j’ai aimé lire le livre, tout simplement. Sinon, vous le verrez déjà selon la taille du texte haha
*prend une grande inspiration*
Allez, c’est parti !

Légende (susceptible de changer les prochaines fois) :
: A lire ! – : Bon sang, vous ne l’avez toujours pas lu ? : Pas la peine
  • ASANO, Bonne nuit Punpun – Série terminée en 13 tomeshttps://i0.wp.com/www.manga-news.com/public/images/series/Bonne-nuit-Punpun-1-kana.jpg

Intéressant à lire de par le graphisme global très réaliste qui se heurte à celui très simpliste de Punpun, protagoniste de l’histoire représenté sous les traits d’un oiseau. Punpun tombe amoureux, Punpun découvre les affres de la vie et surtout qu’elle n’est pas facile. Dès le premier tome, on sent venir la tension dramatique et surtout la question cruciale : que va devenir Punpun ?

  • BERTAIL et SMOLDEREN, Ghost money – Série terminée en 5 tomes

On part sur une enquête liée à du terrorisme et dont les enjeux sont vitaux pour la planète. On est clairement dans une série politico-économique, liée au 11 septembre après la chute des deux tours à New York. La BD se situe 20 ans après où une milliardaire se retrouve au coeur d’une enquête concernant encore et toujours cette affaire, notamment parce que cela serait la raison de sa fortune. Pas ma tasse de thé !

  • CHARLES et NOUWENS, L’herbe folle – Tome 1 (Avant-première)L'Herbe Folle

A paraître pour Avril. N’ayant que quelques pages de quelques chapitres, difficile de se prononcer. Mais on a l’air de partir encore sur ce mouvement nostalgique consacré aux hippies, aux beaux-jours en se replongeant dans les souvenirs d’un type qui raconte ses amours à une jeune fille qui souhaitent connaitre ses parents.

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A Silent Voice

a-silent-voice-1-ki-oonTitre :  A Silent Voice

Scénario : Oima Yoshitoki

Dessin et couleur : Oima Yoshitoki

Type : Shônen

Éditeur : KI-OON

Pour commander : Ici 😀

Résumé :

Shoko Nishimiya est sourde depuis sa naissance. Même équipée d’un appareil auditif, elle peine à saisir les conversations, à comprendre ce qui se passe autour d’elle. Effrayé par ce handicap, son père a fini par l’abandonner, laissant sa mère l’élever seule.Quand Shoko est transférée dans une nouvelle école, elle s’emploie à surmonter ses difficultés mais, malgré ses efforts pour s’intégrer dans ce nouvel environnement, rien n’y fait : les persécutions se multiplient, menées par Shoya Ishida, le leader de la classe.

Tour à tour intrigué, fasciné, puis finalement exaspéré par cette jeune fille qui ne sait pas communiquer avec sa voix, Shoya décide de consacrer toute son énergie à lui rendre la vie impossible.Psychologiques puis physiques, les agressions du jeune garçon se font de plus en plus violentes… jusqu’au jour où la brimade de trop provoque une plainte de la famille de Shoko, ainsi que l’intervention du directeur de l’école. À cet instant, tout bascule pour Shoya : ses camarades, qui jusque-là ne manquaient pas eux non plus une occasion de tourmenter la jeune fille, vont se retourner contre lui et le désigner comme seul responsable.

L’avis d’Anaïs

J’ai lu beaucoup de mangas (oui, beaucoup), mais j’ai été surprise de trouver celui-ci sur la table des nouveautés l’an dernier car il semblait se détacher des autres. En lisant le (long!) résumé, la surprise a été redoublée du fait que le manga se soit approprié un thème dur et très mature, n’en ayant jamais lu de tels. La mangaka nous raconte ici l’histoire de Shoko Nishimiya qui est sourde depuis sa naissance et qui peine à comprendre ce qu’il se passe autour d’elle même munie de son appareil auditif. Elle vit seule avec sa mère alors que son père, effrayé par son handicap, est parti de la maison. A cause de brimades, Shoko est transférée dans une nouvelle école, celle de Shoya Ishida, une sorte de leader casse-cou de la classe qui s’amuse à la persécuter avec l’aide de ses camarades. D’abord curieux puis exaspéré, il va consacrer tout son temps à lui rendre la vie impossible et à vraiment lui faire la misère. Jusqu’au jour où la mère de la jeune fille porte plainte au directeur de l’école qui intervient dans la classe. Et là, tout va basculer pour Shoya : il est désigné comme unique responsable des malheurs de Shoko, quand bien même ce n’était pas le cas et va se retrouver harcelé à sa place.

Plus qu’un handicap physique, la mangaka semble pointer les handicaps sociaux qui existent à l’école. Le premier tome présente en effet la surdité de Shoko et les personnages, le contexte, mais il met surtout en avant les problèmes de persécutions et de harcèlement qui existent et pourrissent la vie de certains élèves. C’est d’ailleurs un sujet particulièrement sensible aujourd’hui et le manga trouve sa place alors que 10% des élèves sont concernés en France. Néanmoins le Japon ne possède pas de structures pour aider les victimes, le recours aux travailleurs sociaux et psychologues étant très mal vu dans une culture où il est important de garder la face d’où la dureté du sujet.

Il est difficile de résister à ce titre sensible, dramatique, voire carrément tragique alors que le lecteur ne peut rien faire que s’outrer des comportements retranscrit sous la plume de la mangaka. Cette dernière fait un travail vraiment remarquable pour rendre les personnages attachants, bien que j’ai détesté Shoya un bon moment avant que lui-même ne soit la proie de cet « ijime », terme japonais pour désigner le harcèlement scolaire au Japon. En fait, ce manga est humain, c’est ce qui le différencie des autres titres, d’autant plus que la mangaka a fait des recherches sur le thème et que le titre a notamment été supervisé par la fédération japonaise ses sourds. Il a d’ailleurs connu une publication compliqué malgré un prix Kôdansha remporté en 2009. Le traitement du manga a été jugé comme sensible, ce qui explique pourquoi il a mis autant de temps (6 ans) à être publié. Néanmoins, A silent Voice a remporté des distinctions et un soutien des lecteurs importants qui ont permis de le faire publier.

Au niveau du dessin, ce dernier est plus que correct. L’auteure semble maîtriser proportions et décors bien que le personnage de Shoya, jeune, soit un peu moins bien maîtrisé à mon sens. Du moins, les expressions du visage semblent plus dessinées à la va-vite que celles sur d’autres personnages. Le dessin mélange le shôjo entre les dessins des filles aux grands yeux et le shônen des garçons aux yeux plus « carrés » avec un point comme pupille. En fait, je pense que l’écart de graphisme n’est pas très problématique, il peut néanmoins être dérangeant pour des personnes habituées à lire un seul style de manga.

Pour finir, je dirais que le sujet de l’histoire est intelligent bien que difficile à développer, notamment sur l’intégration d’une handicapée dans un milieu scolaire que l’on qualifierait de « normal » contrairement aux classes spécialisées qui pourraient exister. Ce manga dénonce allégrement la stupidité grégaire qui peut exister dans ce monde et la cruauté de l’enfance afin de se faire une réputation de populaire auprès de ses camarades tout en gardant la meilleure possible auprès des professeurs et directeurs. Toute cette positivité a permis à ce oneshot d’avoir une suite et de constituer le premier volume de sept tomes qui peuvent certainement promettre d’autres découvertes.

Et à ce jour, après avoir lu six tomes sur les sept, je ne peux que vous conseiller de vous ruer dessus tant les cliffhangers à la fin de chaque tome sont puissants d’émotions et retors. Je n’ai qu’une hâte : lire la fin.

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ARTE

9782372870436_cgTitre :  ARTE

Scénario : Ôkubo Kei / Ohkubo Kei

Dessin et couleur : Ôkubo Kei / Ohkubo Kei

Type : Shonen

Éditeur : Komikku Editions

Pour commander : Ici 😀

Résumé :

Arte est une jeune fille issue de l’aristocratie, aimant par dessus tout la peinture et le dessin. Cette passion est vue d’un mauvais œil par sa mère qui, à la mort de son père, lui intime l’ordre de cesser ses activités artistiques. La jeune femme ne l’entend pas de cette oreille et se met à la recherche d’un atelier où exercer son art, rompant ses attaches avec son milieu favorisé.

L’avis d’Anaïs

Pour une première critique, je vais y aller doucement. Je vais prendre quelque chose que j’avais déjà critiqué pour la librairie dans laquelle je travaille. Ô quelle lâcheté, pourriez-vous dire, mais c’est simplement par sécurité. N’ayez crainte, je ne ferais cas de publicités en tout genre pour ce lieu décadent rempli de livres où j’évolue, mais vous allez pouvoir voir les listes de lecture s’allonger de mon côté !

Je souhaitais commencer avec Arte, d’une part comme un hommage au A comme la première lettre de l’alphabet et d’autres part car ce manga est un bon coup de cœur. Tout a commencé avec ces extraits de mangas que l’on vous distribue au comptoir afin de vous faire découvrir des nouveautés. Et bien nous y passons aussi ! Le manga m’a d’abord véritablement plu avec sa couverture digne d’un tableau et c’est justement ce dont il s’agit majoritairement dans ce premier tome.

On suit l’histoire d’Arte, une jeune aristocrate un peu têtue qui souhaite vivre de ses arts favoris : le dessin et la peinture. Aucun problème, me diriez-vous ? Et bien si, car nous sommes à Florence, au XVIè siècle, à une époque où les femmes se devaient de rester à la maison pour coudre et lire en attendant de se marier avec une bonne dot. Et basta. Évidemment, Miss Arte ne va pas se laisser abattre et va chercher un maître afin d’intégrer un atelier, se faisant rejeter de ces derniers l’un après l’autre pour unique prétexte qu’elle est une femme. Elle ira jusqu’à se couper les cheveux, d’où la couverture, se donnant en spectacle en pleine rue avant de se faire enfin accepter comme apprentie par un homme assez peu sympathique au premier abord.

Ce manga est un voyage dans le temps agréable et absolument magnifique. Cette jeune femme va défier les conventions définies pour pouvoir étudier le dessin. Et justement, le dessin de ce manga est fin et très précis, je le trouve très beau, soigné pour ma part. On sent que le mangaka a une patte et a lui-même étudié cette période autant que les arts pour en devenir aussi minutieux. Les paysages et les personnages sont à la hauteur les uns des autres, tout comme les dessins dans le dessin. Il manque peut-être un peu de détails au niveau de la création de ces peintures, du matériel utilisé et certains détails historiques restent quelques peu… étranges. Notamment les grandes bibliothèques disposées chez une courtisane alors qu’à l’époque, les livres étaient des biens aussi précieux que rares et les bibliothèques personnelles encore plus.

Et l’aventure graphique de cette jeune fille commence ici. On y ressent une pointe de shônen historique, à la manière de Thermae Romae ou de Ad Astra , ainsi qu’une pointe de shôjo un poil féministe et romantique sans pour autant tomber dans le platonique total. Brillant, une œuvre d’Art(e) !

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