Adaptations de romans·Films

Du papier à l’écran #4: Vanity Fair

Afficher l’image sourceDate de sortie: 2004

Réalisé par: Mira NAIR

Avec: Reese WITHERSPOON, Gabriel BYRNE, James PUREFOY, Romola GARAI

Note (sur 5 ♥)

Durée: 142 min

Bande annonce:

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Résumé:

Fille d’un artiste peintre anglais sans le sou et d’une chanteuse de cabaret française, Becky Sharp rêve d’un avenir plus faste que ses origines ne lui permettent.
Jeune orpheline, Becky quitte le pensionnat de Miss Pinkerton, résolue à se hisser au sommet de la société, par tous les moyens à sa disposition. Elle va déployer toute son intelligence et son pouvoir de séduction pour progresser au sein de la haute société britannique du début du XIXe siècle.

L’Avis d’Elodie:

Fan de Jane AUSTEN, j’ai eu envie de m’intéresser à la littérature britannique qui a suivi ses écrits, et suis tombée sur l’ouvrage de William MAKEPEACE THACKERAY, intitulé « Vanity Fair », et paru en 1846. L’ouvrage retrace les moeurs de la société anglaise début XIXe, période de la colonisation des Indes et de la reine Victoria.
Le livre est lui-même une adaptation d’un passage d’un conte allégorique, « le Voyage du Pèlerin », qui évoque une ville nommée « Vanité », représentant le matérialisme et la dépravation. 

Pour être honnête, je n’ai pas vraiment aimé ma lecture de l’ouvrage. On y sent bien trop la pesanteur de la morale victorienne, sans l’humour et le sarcasme qui rendent les romans d’AUSTEN encore actuels. L’histoire narre celle de Becky, jeune fille sans le sou qui veut gravir les échelons de la bonne société. Or, sans vouloir être une féministe abusive, on sent bien que c’est un homme qui tente de décrire les méandres des sentiments amoureux d’une femme, et qui y échoue. La réprobation et le dédain de THACKERAY se ressent à chaque ligne. Certes, Becky use de moyens peu scrupuleux pour arriver à ses fins, mais il ne faut pas oublier que c’est une femme pauvre, d’un milieu social inférieur, dans un monde d’hommes bourgeois et pédants. Elle utilise donc sa beauté pour gravir les échelons, et pour moi ses actes ne sont dictés que par sa crainte de retomber dans la pauvreté. Si je ne peux approuver le mensonge et la manipulation dont fait preuve l’héroïne, et bien je ne puis m’empêcher de trouver l’auteur bien dur et méprisant envers elle (machisme bonjour)!

Lorsque que l’adaptation récente du roman est sortie sur Netflix (je précise récente car l’ouvrage fut déjà mis à l’écran de nombreuses fois entre 1932 et 1998), je me suis jetée sur l’occasion de me forger un avis sur l’histoire, n’ayant plus du coup à supporter l’écriture pompeuse de THACKERAY.

Hélas, rien n’y fait, je n’ai guère apprécié le visionnage du film. Je vais devoir commencer en parlant de la fin, mais elle m’a beaucoup surprise. En effet, dans le livre, Becky se marie avec Joseph, le frère d’Amelia, homme qu’elle avait tenté de séduire au début de l’écrit. Elle lui fait souscrire une assurance-vie à son avantage alors qu’il est malade et ce dernier décède peu de temps après. Le livre se finit donc sur une ultime tromperie de l’héroïne, qui n’est donc toujours pas à son avantage. Cela aura au moins eu le mérite de rester cohérent par rapport au reste de l’ouvrage.  Dans le film, Becky et Joseph, amoureux transis, partent ensemble aux Indes et le récit stoppe sur une myriade de couleurs et sur un bonheur parfait. Becky se paye donc une forme de rédemption en s’occupant de Joseph, présenté dans le film comme un homme niais, peu sûr de lui et donc forcément ravi d’avoir une si belle femme amoureuse de lui.
Je m’interroge sur ce changement de fin… Est-ce donc impossible à Hollywood de faire un film sans happy end? Certes, les charges constantes contre Becky, dans le film comme dans le roman, m’ont agacée, mais la fin de la réalisatrice Mira NAIR n’a aucune logique par rapport au comportement de Becky décrit dans le reste du film, ce qui m’a bien agacée.

Le rythme est lent, très lent, et correspond du coup à celui de l’ouvrage, mais cela m’a lassée. Je pense que la réalisatrice aurait pu procéder à davantage de coupes dans le roman sans que cela m’offusque, parce que là j’ai bien ressenti la pesanteur victorienne!

Niveau acteurs, Reese WITHERSPOON dans le rôle titre fait un travail correct. Sa beauté est bien mise en valeur dans le film, mais son jeu d’actrice ne m’a pas renversée.
Romola GARAI joue l’innocente Amélia, et je pense qu’elle a bien travaillé son rôle, tant elle m’a agacée par sa naïveté et sa soumission aux événements. Le décalage avec la sulfureuse Becky est flagrant, quand Amélia soupire et attend, Becky elle fait péter le décolleté et réclame!
Quant aux hommes, je n’ai même pas cherché à savoir qui fait quoi, c’est vous dire l’absence d’intérêt de leur jeu. De toute façon, ce ne sont pas eux qui sont mis en avant, mais bien le duo Becky – Amélia.

Pour finir sur un point positif néanmoins, les décors comme les costumes sont vraiment magnifiques, de ce côté là, je n’ai rien à dire, tant j’ai été fascinée par les tenues de Becky! #instantchiffon

Vous l’aurez compris, ce n’est clairement pas un film que je vous conseille, ni le roman d’ailleurs! Néanmoins, si comme moi la période victorienne vous intéresse, vous pouvez toujours jeter un œil sur cette adaptation, mais pas les deux!

 

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